Washington sanctionne la Russie, qui s'en moque

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Washington a publié la liste des hauts fonctionnaires russes dont les actifs seront bloqués aux Etats-Unis. On peut y lire les noms du vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, des conseillers du président Vladislav Sourkov et Sergueï Glaziev, de la présidente du Conseil de la Fédération [le Sénat] Valentina Matvienko, du sénateur Andreï Klichas et des députés de la Douma (Parlement) Leonid Sloutski et Elena Mizoulina, rapporte le quotidien russe Kommersant.
En dehors des politiciens russes, figurent aussi sur la liste le président destitué de l'Ukraine Viktor Ianoukovitch, le chef du gouvernement de Crimée Sergueï Axionov, le président du Parlement de la presqu'île Vladimir Konstantinov et l'ex-chef de l'administration présidentielle Viktor Medvedtchouk.

L'Union européenne (UE) a aussi annoncé l'établissement d'une liste de 21 noms. Bruxelles n'a pas encore nommé les politiciens sanctionnés. Toutefois, selon les informations de Kommersant, les mesures prises par l'UE seront coordonnées avec Washington.

Les sanctions de Washington ont rencontré un écho ironique en Russie. "Camarade Obama, qu'est-ce qu'ils doivent faire ceux qui n'ont ni comptes, ni propriétés à l'étranger ?" a ainsi commenté le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, dont le nom figure sur la liste américaine.

“Ce n’est pas une tragédie”, a aussi réagi Andreï Klishas, un membre du Conseil de la Fédération russe (chambre haute).

Plus ironique, Vladislav Sourkov, l’un des plus influents conseillers politiques de Vladimir Poutine, a jugé qu’être inscrit sur la liste américaine “était un grand honneur”.

“Le problème de ces listes, c’est que la plupart des Russes visés n’ont pas de patrimoine aux États-Unis ou en Europe pouvant être saisi. Du coup, cette sanction n’a pas d’effets tangibles”, explique Julien Nocetti, chercheur au centre Russie à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Certaines personnalités, comme la députée Elena Mizoulina, se trouvent sur la liste américaine sans détenir pour autant d’avoirs aux États-Unis. Et elles ne sont pas dans le collimateur européen alors qu’elles y détiennent des intérêts.

Donc non seulement ces sanctions économiques ciblées risquent de ne pas produire d’effet, mais elles ne visent pas forcément les bonnes personnes. “Ce qui frappe le plus quand on regarde ces deux listes, c’est que le vrai cercle de décision à Moscou n’a pas été touché”, remarque ainsi Julien Nocetti. “Certes, la liste américaine concerne des personnalités importantes mais on pourrait se demander par exemple pourquoi elle ne contient pas le nom du Premier ministre Dimitri Medvedev”, rajoute-t-il.
Le fait “qu’on ne retrouve pas les mêmes noms sur les deux listes donnent une impression de désunion dans le camps occidental”, note Julien Nocetti.

Ainsi sous l'apparence de la fermeté, la porte reste largement ouverte à la diplomatie, indique le quotidien américain The New York Times.

(Sources Le Courrier International et France 24)

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