"Vous avez besoin de rire quand vous vivez à Moscou"

L’eBook An English dad in Moscow raconte avec humour et autodérision, le quotidien moscovite de Jay May, un Anglais au bord de la dépression dans la peau d’une femme d’expatrié.

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Jay May, An english dad in Moscow

Jay May, londonien de pure souche, a suivi sa femme il y a cinq ans dans l’expatriation à Moscou. Il raconte avec un humour très British son quotidien "d’homme à la maison" en charge de deux enfants, dans une société russe où les rôles entre les hommes et les femmes sont très marqués. En Russie, l’homme transpire la testostérone et la femme exulte sa féminité.

"Moi, je me sens comme un homosexuel dans les années 1970", soupire Jay May.
"A la maison, je fais le ménage, les repas, je m’occupe des enfants et je croise les nounous des oligarques à la sortie des classes qui me regardent d’un air soupçonneux."

Je suis dans un no man's land

La quarantaine passée, ce "père au foyer" explique sa difficulté à trouver sa place dans un pays dont il ne parle pas la langue, dans une ville qu’il ne connaît pas et dont les comportements sont bien éloignés de ceux de ses compatriotes anglais.

De plus, Jay May ne peut pas travailler légalement en Russie car il n’a pas de visa de travail, il est "l’accompagnant".

"Même intégrer un groupe anglais de Mother-baby est très difficile, raconte t-il dépité. Car les femmes côtoient quotidiennement des banquiers, des avocats, des entrepreneurs, moi je ne les intéresse pas. Et si cela est vrai pour les femmes anglaises et françaises, alors imaginez pour les femmes russes". Je suis dans un no man's land", conclue t-il.

An English dad in Moscow

Jay May explique qu’il lui a fallu deux ans pour accepter la ville, et ne pas tomber en dépression chronique chaque hiver. Il se met donc à écrire sur le blog stayathomedads.com pour partager son expérience, et rencontrer d’autres hommes dans la même situation que lui. Puis il crée son propre blog English dad in Moscow avant que sa femme lui souffle d’écrire un livre sur sa vie en Russie. Son ebook provient directement de son blog (que Jay May a fermé depuis la mise en ligne de son ebook, ndlr).
On y trouve des rubriques How to : comment aller au shopping, comment aller chez le médecin… dans lesquelles Jay May transforme sa vision angoissante et dépressive de la vie à Moscou en "histoires drôles sur la vie quotidienne."

Par exemple dans les magasins, la façon dont les caissières vous balancent la monnaie, ou la porte du métro que l’on se prend systématiquement dans la figure parce que personne n’a jamais l’idée de la tenir pour celui qui vient derrière.

"Vous avez besoin de rire quand vous vivez à Moscou, de tout transformer en plaisanterie", explique t-il.

Choc de culture ?

Avec humour il raconte aussi ses premiers contacts avec ses voisins dans un immeuble sinistre du centre de la capitale. Celui qui faisait des travaux ("un sport national en Russie") à la perceuse jours et nuits, ou celui du dessus, qui change de partenaire toutes les nuits et dont il entend les ébats amoureux avec le lit qui cogne contre le mur au dessus de sa tête.

Il raconte aussi son voisin, un autre, alcoolique, qui promène tous les matins son vieux chien essoufflé en ramenant des sacs de bouteilles d’alcool. "Un jour sa mère sénile, avec qui il vit, est tombée par dessus la rambarde du balcon en essayant de changer une ampoule. Elle s’est écrasée dans la cour", raconte t-il les yeux encore écarquillés par ce souvenir.

"Un environnement difficile pour le Londonien que je suis", confesse t-il un demi sourire au lèvre.

"Depuis nous avons déménagé. Aujourd’hui, hormis le voisin qui joue Catalina au piano la nuit, on peut dire que c’est nettement mieux".

On dit qu’une personne aime ou hait Moscou. "Moi, je ne peux pas dire que je hais cette ville mais je ne l’aime pas non plus", dit-il. Si l’image de la Russie n’est pas très glorieuse à travers les yeux de Jay May, et si la vie dans sa capitale en prend un coup, il précise néanmoins qu’il trouve le pays intéressant et que paradoxalement entre Londres et Moscou, il préfère la capitale russe pour le sentiment de sécurité qu'elle dégage.

L’ebook An English dad in Moscow est en vente chez Amazon et chez Lulu :

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