Une nuit au Purga, à Saint-Pétersbourg

A la recherche de lieux insolites, Jacques, un Français en Russie, a découvert un endroit complètement déjanté à Saint-Pétersbourg, pour sortir la nuit. Lapins, vodka, pop russe… et fête du réveillon tous les jours de la semaine, à chaque coup de minuit !

russie-saint-petersbourg-club-sortie
Les deux "sphinx" gardant l’entrée du Purga

C’est dans la ville des tsars que j’ai passé ma première folle soirée russe. Sur les quais de la Fontanka, ce bras de Neva qui sinue dans Saint-Pétersbourg, et qui abrite deux clubs réputés : le Purga et le Propaganda – du même nom que le club moscovite, mais dans celui de Saint-Pétersbourg, les serveuses évoluent dans un décor soviétique des années 1920, vêtues de tenues d’usine affriolantes.

La décision d’aller au Purga s’impose car j’avais lu quelque part qu’une soirée Nouvel An y est organisée tous les soirs, je me dépêche pour arriver avant minuit.
Deux sculptures de sphinx mi-lions mi-lapins gardent la porte du club. L’entrée coûte 400 roubles. Le videur me tend mon ticket ainsi qu’une paire d’oreilles de lapin...

Bienvenue au Purga !

Situé en sous-sol, le Purga est une cave en pierre, plutôt basse de plafond, dont les murs et la voûte sont entièrement recouverts d’un patchwork matelassé multicolore. Sur des étagères, des dizaines de carottes dans des bocaux hermétiques.

Il est 23h30 et le club entame sa métamorphose. Restaurant et bar dans la journée, il se transforme tous les soirs en clapier déjanté pour fêter la nouvelle année. Depuis son ouverture en 2002, pas un soir ne s’est écoulé sans un « C Novim Godom ! » (Bonne année !). Les gérants ont décidé de tout miser sur un kitsch le plus total, et la recette paye, puisque depuis son ouverture, le Purga est resté un incontournable de la nuit pétersbourgeoise. Le temps d’enfiler mes oreilles et d’avaler 5ml de vodka et ma soirée pouvait commencer.

Une ronde se forme dans la pièce principale. Les gens semblent se connaître, des trentenaires pour la plupart, habitués et déguisés en lapin blanc pour l’occasion. On est le 21 septembre, il est 23h45.

Micro en main, le lapin en chef prend la parole au milieu du cercle : « C’est bientôt la nouvelle année, l’occasion de prendre de bonnes résolutions ! Prenez votre voisin dans vos bras ! » Embrassades chaleureuses. « Faites la bise à votre voisin ! » Smack smack. « Touchez les seins de vos voisins ! » Frotte frotte. « Embrassez votre voisin sur la bouche ! » Je joue le jeu en regrettant d’avoir été placé auprès d’un barbu adipeux plutôt qu’à côté de la jolie blonde en face.

Le décompte commence : « Piat ! Tchitiri ! Tri ! Dva ! Adin ! C’Novim Godom ! » Tout le monde hurle et bondit, le DJ lance un classique de pop russe (« Xali Gali » de Leprikoncy), les lapins chantent en choeur en dansant, l’un s’empare d’un accordéon qui traine dans un coin, pendant qu’un autre se lance dans un solo de guitare sans corde…

Toute la soirée se fera à la pop russe et à la vodka. Attablé dans un coin avec deux belles plantes, un homme me fait signe d’approcher. Andreï, la trentaine, aussi haut que large, une grosse tête ronde et blonde posée sur un corps d’un bon quintal. « Tu es français ? Je t’invite ! » On trinque à Saint-Pétersbourg, à la France, aux lapins.

Un autre Purga, pour se marier cette fois…

L’hymne russe retentit. Les lapins se figent au garde à vous et chantent à tue-tête. La soirée semble toucher à sa fin, et les fêtards commencent à déserter l’endroit. Fausse alerte : « Tu viens ? On va à l’autre Purga ! » Vingt mètres plus loin, sur Fontanka, se trouve effectivement un autre club gardé par deux autres sphinx, mi-lions mi-lapins.

Pas de Nouvel An ici, mais on me dit qu’on peut s’y marier l’espace d’une soirée avec une inconnue. Il est 4 heures du matin et malheureusement, j’arrive trop tard pour échanger les alliances. Au bar, un jeune homme en survêtement « Russia » m’alpague. On discute en buvant de la Jägermeister. Du haut de ses trente ans, il me dit être premier secrétaire d’ambassade et tient à me le prouver en dégainant son passeport diplomatique. Il ne comprend pas ce que je viens faire dans son pays : « Tu étudies au MGIMO (université de Moscou, ndlr) ? Mais moi, je bois la vodka avec le directeur du MGIMO ! Si tu as le moindre problème tu m’appelles ! ». On échange nos numéros.

J’observe silencieusement la piste de danse jonchée d’oreilles de lapin et d’alcool renversé où beaucoup continuent à se trémousser malgré l’heure tardive.
6 heures du matin, il est temps de rentrer. Je m’effondre sur mon lit, saoul et comblé, sans prendre la peine de me déshabiller, pour enfin m’endormir sur mes quatre oreilles.

Les coordonnées du Purga, ici

Et pour savoir ce qu’est la pop russe : « XALI GALI » DE LEPRIKONCY

)

Retrouvez Aujourd'hui la Russie sur Facebook et Twitter

0


0
Portrait de lecteur

Pourquoi les petits jeunes français en Russie se sentent obligés de raconter leur soirées en détail dans des articles? D'autant plus que ce sont des soirées assez banales à 6h on rentre dèjà, même pas de sexe, pas de violence, pas de miliciens ...
Un simple déscriptif du Purga aurait suffit.
- Concept surprenant
- entrée 400 rub
- peu de monde en semaine mais même si on vient seul les animateurs sont la pour essayer de vous divertir.
- possibilité de jouer au échecs avec le barman.



Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires