Une Française à la tête du Samu Social de Moscou

Depuis décembre 2008, Eléonore Senlis, une ancienne de Médecins du Monde, est la nouvelle directrice du Samu Social Moskva, une organisation qui vient en aide aux jeunes des rues.

Eléonore Senlis, 3ème en partant de la droite et l'équipe du SSM

Aujourd’hui la Russie : Comment s’est créé le Samu Social à Moscou ?

Eléonore Senlis: C’est à l’initiative de Yuri Luzkov (l’ancien maire de Moscou) qui, après avoir visité le Samu Social de Paris en 1998, a demandé au Docteur Xavier Emmanuelli, fondateur de l’organisation en France, de créer une structure à Moscou. Le Samu Social Moskva est une association de droit russe, entrée en fonctionnement en 2005. Pour le Docteur Emmanuelli, la question de l’exclusion sociale est la même dans les mégalopoles du monde entier. Il existe 13 Samu Sociaux dans le monde et ils ont tous la même mission : créer du lien social entre les personnes exclues qui vivent dans la rue et la société. Le Samu Social Moskva se consacre uniquement sur les jeunes des rues. Après l’effondrement du système communiste et après la crise financière de 1998, ont voyait de nombreux enfants mendier dans le métro. Aujourd’hui en Russie, il y a trop peu de jeunes et le pays ne peut pas se permettre de les laisser de les côté.

ALR: Comment fonctionne le SSM ?

E.S: Le Samu Social Moskva est financé aujourd’hui à 100% par les dons d’entreprises privées étrangères. L’association compte environ une douzaine de personnes : 4 gèrent l’administratif et la recherche de fonds, les autres sont des professionnels - médecins, travailleurs sociaux, infirmiers et psychologues- formés pour l’approche en rue.
Tous les soirs de la semaine de 18h à minuit, un véhicule avec 3 personnes à son bord part à la rencontre de ces jeunes qui ont entre 14 et 22 ans. Il suit un parcours prédéterminé –en général hors du centre-ville -qui change tous les jours. Les équipes qui sont toujours identifiables avec leurs uniformes, proposent des boissons chaudes, des barres vitaminées, quelques vêtements chauds et couvertures. Une autre équipe de 2 ou 3 personnes munies de sacs à dos part à pied pour explorer les abords des stations de métro où sont souvent les jeunes.
Nous essayons de créer un lien de confiance avec ces jeunes, de leur apporter des soins sur place, de suivre ceux qui sont malades, les femmes enceintes ou avec des bébés et de les orienter vers des structures partenaires qui sont les hôpitaux ou des centres d’accueil. Nous faisons en sorte que ce soit un moment convivial pour eux.

ALR: Le Samu Social Moskva représente t-il la réussite d’un modèle français?

E.S: Le Samu social aurait pu être inventé par un autre pays développé que la France. Ce n’est pas un modèle français mais un modèle médical qui donne un accès aux soins, un modèle humaniste qui ne laisse pas les gens sur le côté. Je pense que c’est un modèle qui est plus porté par un homme, le docteur Xavier Emmanuelli, que par un pays.
Le Samu Social c’est un label, une façon de faire. Nous avons une méthodologie avec une notion de qualité et de service rendu, avec l’idée du respect de l’autre et l’envie d’aller vers lui.

Quelques chiffres en 2010 :

353 maraudes effectuées
783 jeunes approchés par le SSM
247 jeunes bénéficient de l’aide du SSM dont 104 nouveaux

Lire également : Enfants des rues en Russie, les acteurs sociaux se mobilisent

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Portrait de G-die

Il est possible de faire des dons en ligne à l'adresse http://www.samu.ru/en/you_can_help



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