Une Française au secours des campagnes russes

Une jeune femme de vingt-huit ans a l’incroyable rêve et l’ambition de redonner vie aux campagnes russes. Itinéraire d’une Française qui se confronte à la restructuration du monde agricole russe.

Arrivée en 2003 en Russie, Carole Pompon n’en est jamais repartie. Parce qu’elle est tombée amoureuse de la Russie et de sa campagne, la jeune femme a souhaité y vivre et en vivre. Ses rêves ont pris forme à Svetlitsy, petit village dans la région de Kaluga, à 250 km au sud de Moscou.

Après des études à l’INALCO, c’est en juin 2003 que l’aventure commence : la jeune femme est intégrée au projet « Russian Farm Entrepreneurs Development Programme » (RFEDP), lancé par le bureau moscovite du Programme des Nations unies pour le développement.

Ce projet répondait à la politique de réformes du gouvernement russe, lancée au cours de la première moitié des années 90, qui visait à encourager le développement de nouvelles structures agricoles privées, destinées à remplacer les grandes exploitations nées de la collectivisation de l’agriculture de 1930.

Suite au projet des Nations-Unies, l'association le Cercle Kondratief a soumis un nouveau programme à l'Union Européenne pour obtenir des financements, qui a aboutit à un budget alloué pour deux ans. Carole Pompon et ses collègues repèrent une ferme « pilote » et y créent une coopérative de production de viande bovine, regroupant une dizaine d’autres fermes. Les employés de ces exploitations sont envoyés en stage dans des fermes françaises pour apprendre de nouvelles techniques et de nouveaux savoir-faire.

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«Avant la révolution, il y avait une agriculture familiale importante. Mais la collectivisation puis la dé-collectivisation ont vraiment été une tragédie. Cela a entrainé la disparition de tous ceux qui étaient les plus compétents et les plus actifs dans les campagnes. On ressent encore cette perte aujourd’hui. Plus rien n’existe», constate Carole Pompon.

Les pouvoirs locaux freinent les réformes

Si l’Etat russe souhaite développer ses campagnes et soutient la création de coopératives agricoles, un premier constat s’impose pourtant rapidement: seuls les très gros investissements agricoles bénéficient de subventions de l’Etat et des régions, et ont accès à des crédits illimités. «Les pouvoirs locaux préfèrent avoir une dizaine de gros exploitants dans une région, plus faciles à contrôler qu’une centaine de familles indépendantes. Malheureusement ces exploitations kolkhoziennes ne sont pas créatrices d’emploi », regrette la jeune française.

Confronté au désintéressement total de la part des pouvoirs locaux pour les petites structures, le projet des Nations-Unis est avorté à la fin des deux années de financement alloué.

La jeune femme pointe du doigt les différences de traitement existant entre les petites et les grandes exploitations : «Les gros investissements bénéficient de subventions même si leur rentabilité reste aléatoire à court et moyen termes. Pourquoi penser à faire de la rentabilité quand on a accès à de l’argent facile ? Les subventions sont illimitées pour eux donc la rentabilité n’est pas leur préoccupation».

Le tourisme rural : une autre façon de développer les campagnes

La jeune Française reste cependant attentive aux différents projets lancés par le ministère de l’agriculture et espère trouver un programme qui lui permettra de relancer son élevage de bovins.

En attendant, elle travaille sur le développement du tourisme rural à travers la création d’un gîte. Son leitmotiv : recréer de la vie sociale et économique dans les campagnes russes et développer des synergies avec les exploitants locaux. «Notre projet de vie est de promouvoir la campagne de notre région. Il s’insère dans la communauté et permet d’apporter une contribution à la vie du village. J’aimerais pouvoir commander des produits locaux en abondance aux fermiers, et être active dans le développement de l’économie locale», explique Carole Pompon.

Construit en automne 2009, le gîte a ouvert ses portes ce printemps 2010, et compte aujourd’hui deux maisons qui accueillent avec succès ceux qui sont en recherche de nature.

Contact Carole Pompon et réservation gîte :
Téléphone : +7 960 525 66 30
Téléphone pour les russophones : +7 961 006 90 61
E-mail : carole [dot] pompon [at] gmail [dot] com

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