Syrie/G20: Y aura t-il une victoire diplomatique pour le président Poutine ?

Après une poignée de mains diplomatique entre le président Poutine et le président Obama, à l’arrivée de ce dernier à Saint-Pétersbourg hier, le G20 s’est ouvert dans un climat russo-américain plombé par le dossier syrien.

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Bien que le G20 soit une instance destinée à des questions de gouvernances économiques globales, les leaders des pays de ces 20 pays membres ont débuté cette instance en entrant de plein pied dans le dossier syrien, compte tenu de sa gravité. Les chefs d'Etat ont ainsi pu constater à quel point ils étaient divisés sur le sujet d’une intervention militaire en Syrie.

Soutien indéfectible de Damas depuis le début des conflits armés, la Russie garde une position constante qui consiste à dire qu’il faut préserver l’intégrité territoriale de la Syrie et que toute décision de recours à la force doit se faire dans le cadre de l’ONU. A la nuance près, depuis deux jours, qu’en cas de présence avérée par les inspecteurs de l’ONU d’armes chimiques, alors la Russie n’exclurait pas une intervention.

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L'Allemagne «ne s'associera en aucun cas à une action militaire» a également affirmé Angela Merkel, position soutenue par l’ONU, le Vatican, et par un bon nombre de pays comme la Chine qui a fait savoir que «la situation actuelle montre que la solution politique est la seule voie» possible pour régler la crise. Une position fortement contestée par les Etats-Unis et ses soutiens, tels que la France et la Grande-Bretagne.

Le G20 montre un clivage important donc entre les chefs d’Etat sur ce dossier, et met en exergue des relations russo-américaines figées.

Aucune guerre froide en vue

Les relations entre la Russie et les Etats-Unis sont aujourd’hui bloquées, après s’être fortement dégradée ces derniers mois, à la fois avec l’affaire Marinsky, l’affaire Snowden, et avec l’affaire Syrienne depuis maintenant deux ans. Mais les principes de la diplomatie font que le dialogue ne doit pas être interrompu entre les adversaires, donc si le président Poutine veut une victoire diplomatique, il va devoir s’employer à renouer des liens avec le président Obama.

« La victoire diplomatique pour Poutine serait qu’il n’y ait pas d’intervention militaire en Syrie, cela démontrerait d’une part la désorganisation occidentale, et d’autre part la solidité du régime d’Assad, explique Thomas Gomart, directeur du développement stratégique de l’Ifri et spécialiste de la Russie. A l’inverse, sa défaite serait des frappes qui reflèteraient l’incapacité pour la Russie de protéger son allié. De ce point de vue, le président Poutine est sur le fil du rasoir, comme l’ensemble des protagonistes

Bien que le climat soit tendu et difficile entre les présidents Poutine et Obama, la situation est loin de ressembler à « une guerre froide », appuie Thomas Gomart, "il n’y a pas d’opposition systématique dans tous les domaines. »
Le spécialiste de la Russie souligne néanmoins l’asymétrie de leur relation : « Il faut comprendre que le Kremlin est obsédé par Washington alors que ce dernier fait de la Russie un sujet de rang 3. Washington est extrêmement importante pour Moscou, parce que ce sont des restes de son statut antérieur de super puissance, et que c’est une manière d’avoir une discussion sur des questions stratégiques. Alors que les Etats-Unis considèrent davantage la Russie comme un pays ayant un pouvoir de nuisance et n’ayant pas réellement de capacité d’entrainement sur les principaux dossiers internationaux. »

Aujourd’hui, les deux pays partagent néanmoins un sentiment de gravité sur le dossier syrien et la présence ou non d’armes chimiques pourrait faire évoluer la position des uns et des autres. En attendant, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE se réuniront aujourd’hui et demain à Vilnius pour tenter de trouver une position commune.

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