Sotchi: le revers de la médaille olympique

De nombreux habitants de la région de Sotchi paient au prix fort la transformation de leur zone d’habitation en une zone olympique.

Durant les Jeux olympiques d’hiver de 2014, le monde entier aura les yeux rivés sur Sotchi, la ville balnéaire préférée des Russes d’après RIA novosti. Le gouvernement le sait, et entend profiter de l’occasion pour donner une image étincelante du pays.

Tout comme la Coupe du monde de football qui aura lieu quatre ans plus tard, ou encore le Grand prix de F1 de Russie, que Sotchi accueillera chaque année à partir de 2014, les Jeux olympiques sont une occasion extraordinaire de développer les infrastructures, de dynamiser l’économie, de faire marcher le tourisme, bref, de faire avancer la région et le pays.

Une vitrine étincelante au détriment de certains habitants

Nul doute, donc, que les moyens seront mis en œuvre pour que Sotchi soit la vitrine d’une boutique chic et ultramoderne… Sauf que le luxe et la modernité se paient au prix fort pour les habitants de la région. En effet, comme le révélait récemment un article de Olga Allenova, paru dans le journal Vlast’, pour beaucoup d’entre eux les Jeux olympiques sont synonymes de cauchemar.

C’est le cas de Vladimir Tkachenko, qui a appris récemment que sa maison, qu’il venait d’achever de construire, se trouvait sur un emplacement prévu pour la construction d’un site olympique. A cause de lenteurs administratives, le terrain sur lequel il avait bâti, et qui lui avait été alloué par son employeur, n’avait pas encore été reconnu juridiquement comme étant le sien au moment où les installations olympiques ont été prévues. Si bien que Vladimir Tkatchenko ne recevra aucune compensation. Désabusé, il envisage de se tourner vers la Cour européenne des Droits de l’homme, la justice russe refusant de lui donner raison.

Les plages barricadées

Sans aller jusqu’à ces extrémités, de nombreuses personnes vivant autour de Sotchi se retrouvent dans des cas similaires. On leur propose certes de s’installer dans des maisons flambant neuves, mais ces dernières ont été construites à la va-vite et dans du matériau de très mauvaise qualité par des travailleurs clandestins venus d’Asie centrale. Ils quittent ainsi les potagers qu’ils ont cultivés toute leur vie pour des logements sans âme aux murs de polystyrène.
Et comme les installations olympiques pompent toute l’énergie du secteur, ils manquent régulièrement d’électricité.

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Ceux qui ont la chance de ne pas se trouver sur les emplacements des constructions olympiques pâtissent quand-même de ces dernières puisque la poussière et les déchets des chantiers les envahissent jusqu’au seuil de leur porte. Ils voient d’autre part leur ville se transformer. Les plages, dont l’accès leur est barré par des barbelés, sont en partie bétonnées, sans que rien ne leur soit expliqué.

Un manque cruel de communication

C’est sans doute, d’ailleurs, ce manque de communication qui est le plus difficile à vivre, ainsi que l’explique Natalia Kalinovskaya, responsable du comité de défense des droits des habitants d’Imeretinka, près de Sotchi: «le problème, c’est que l’on ne nous dit jamais rien. Des décisions sont prises là-haut, ils nous barricadent notre plage, et nous sommes placés devant le fait accompli. Et lorsque nous nous plaignons, nous nous entendons dire: «si vous êtes contre les Jeux olympiques, vous êtes contre la Russie» ».

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