Saint-Pétersbourg, fenêtre ouverte sur l’Europe et la Russie

Saint-Pétersbourg séduit par la profusion et la beauté de ses bâtiments et palais, la richesse de ses musées et les promenades en bateau sur les canaux ou sur la Neva. Russie Info vous fait redécouvrir cette ville surnommée la Venise du Nord.

Créée en 1703 par le tsar Pierre le Grand, Saint-Pétersbourg fait partie des endroits les plus beaux du monde. Après plusieurs voyages en occident, le tsar souhaite arrimer son pays à la civilisation européenne. Il choisit le nom de Saint-Pétersbourg en premier témoignage de cette orientation puisqu’il est d’origine allemande et qu’il signifie Ville de Saint Pierre.

La ville aux noms multiples

La ville est traversée par la Neva qui prend sa source dans le lac Ladoga pour se jeter dans la mer Baltique. Aussi, le travail est dur pour faire sortir une cité des terres marécageuses, sans cesse menacées par les inondations. Cette ville sera alors organisée autour de 342 ponts et de nombreux canaux, ce qui lui vaudra le surnom (partagé avec Bruges) de Venise du Nord.

Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois de nom : rebaptisée Pétrograd en 1914 par Nicolas II qui, pendant la guerre contre l’Allemagne, a remplacé Pétersbourg, d’origine allemande par Pétrograd, russe. A compter de 1924, elle est appelée Leningrad, et cela pendant toute la période soviétique, pour redevenir Saint-Pétersbourg à la suite d’un référendum en 1991. La région a cependant conservé le nom de Leningrad. Elle est aujourd’hui peuplée de 5,4 millions d’habitants, sur une superficie de dix fois la taille de Paris (1 403 km2).

Le tsar Pierre Le Grand fit venir de nombreux architectes italiens, allemands et français et son travail de bâtisseur fut poursuivit par sa fille Elisabeth Petrovna et l’impératrice Catherine II. La ville est ainsi marquée par une architecture européenne avec un mélange de styles architecturaux à la fois baroque et néoclassique.

th_POnt.jpg
L'un des nombreux ponts
Saint-Pétersbourg

Des monuments exceptionnels

La Forteresse Pierre et Paul

C’est à cet endroit que se trouve le berceau de la ville, bâtie sur l’île Zayatchi (l’île au lièvre), en l’espace de cinq mois seulement. Endroit stratégique, notamment au regard de l’adversaire suédois de l’époque, elle s’ouvre sur la mer Baltique et permet des échanges maritimes avec des pays européens. C’est dans cette forteresse que se trouve notamment la cathédrale Pierre et Paul, nécropole de tous les tsars de la dynastie Romanov. Et, c’est en 1998 que les ossements du tsar Nicolas II et de sa famille, assassinés en 1918 près d’Ekaterinbourg, sont transférés dans la cathédrale (à l’exception pour le moment de ceux du Tsarévitch Alexis et de sa sœur, la grande-duchesse Maria). C’est aussi dans cette forteresse que seront emprisonnés de nombreux dissidents politiques. Dostoïevski y a été enfermé, puis, gracié par Nicolas 1er et envoyé en Sibérie.

Le Palais de Peterhof

En 1712, Saint-Pétersbourg devient la capitale de l’empire russe et il faut donc à Pierre le Grand un palais. Inspiré alors par Louis XIV, il demande à l’architecte italien Rastrelli ainsi qu’à Jean-Baptiste Alexandre le Blond, d’en faire un Versailles russe. Situé à environ 25 km du centre la ville, Peterhof est composé de cinq palais, d’immenses jardins et de nombreuses dépendances. On peut l’atteindre, en 30 minutes environ, par une navette fluviale. L’arrivée sur le domaine est grandiose. Le domaine a été inscrit au patrimoine de l’UNESCO en 1990 comme une grande partie des bâtiments de la ville.

th_Pterhoff.jpg
Le Palais de Peterhof
.

Le palais d’hiver

Témoin de la révolution de 1917, après avoir été la résidence des Romanov, le palais d’hiver abrite aujourd’hui l’un des plus grands musées au monde, le musée de l’Ermitage. Composé de treize galeries, sont exposées dans ce musée certaines des plus grandes œuvres du monde dont notamment une collection unique d’œuvres d’art européen. Il est, comme Peterhof, la marque baroque de l’architecte italien Rastrelli, à l’instar du pont Panteleimon, des palais Vorontsov et Stroganov, et enfin, véritable chef d’œuvre ce style architectural, le couvent de jeunes filles Smolny, construit pour Elisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand.

La cathédrale Saint Isaac

Située à proximité du Palais d’hiver, la construction de cette cathédrale du XIXème siècle aura duré près de 40 ans. Construite sous la direction de l’architecte français Auguste Ricard de Montferrand et inspirée de Saint Paul de Londres, elle est haute de plus de 100 mètres et comporte 112 colonnes de granit dont certaines ont gardé les marques des obus de la dernière guerre. C’est ce même architecte français qui a également construit le tout proche palais du Prince Alexandre Lobanov-Rostovsky qui abrite aujourd’hui l’hôtel Four Seasons.

Une ville qui regorge de musées

La ville n’abrite pas moins 200 musées. Parmi eux, le Musée Russe qui a fêté ses 120 ans l’an dernier et qui est dédié exclusivement à l’art russe des origines de la Russie à nos jours. Il présente ainsi une collection d’icônes, de peintures des XVIIIème siècle au XXème siècle, de sculptures et une grande collection de dessins, gravures et aquarelles.

Le récent musée Fabergé présente de nombreux de trésors de porcelaine mais surtout rassemble neuf œufs de Pâques impériaux réalisés à la demande des tsars Alexandre III et Nicolas II.

th_musee_russe.jpg
Le Musée russe
Saint-Pétersbourg

On y trouve aussi le musée de la vodka ou une petite maison de bois, proche de la Forteresse Pierre et Paul, construite en 1703 pour Pierre le Grand à son arrivée sur les lieux. Ouvert en 2010, le musée privé d’art contemporain Erarta expose 2800 pièces provenant de plus de 300 artistes russes contemporains.

Témoins d’une grande vitalité culturelle, de nouveaux musées ne cessent de voir le jour : à l’automne prochain ouvrira un musée en mémoire du terrible blocus subi par la ville de Leningrad, voulu par le président Poutine.

Le musée du soldat de plomb a vu le jour en 2018. Le musée du chemin de fer, moyen de locomotion tant utilisé pour se déplacer dans ce vaste pays, a ouvert en 2017, sur 50 000 m2. Le Planétarium 1, depuis 2017, est un musée original installé dans une ancienne cuve à pétrole, de 37 mètres de diamètre, abandonnée depuis plus de 100 ans. Un espace créatif, des salles d’exposition, des concerts de jazz y sont régulièrement organisés. Le musée de la grande maquette de Russie, GrandMaket, s’étend sur plus de 800 m2, non loin de la gare de Moscou. Il s’agit d’un projet privé sur une idée de Sergueï Morozov, dont la réalisation a pris 9 années, alliant conception artistique et génie des ingénieurs.

La Perspective Nevski, l’artère principale de la ville

Incontournable artère, longue de 4,5 km, la Perspective Nevski relie l’Amirauté à la gare de Moscou. Elle est bordée de magasins, de commerces et de restaurants, sans compter les nombreux palais souvent transformés en musée ou en hôtel. Les styles y sont différents et certains bâtiments sont du plus pur style Art Nouveau, comme l’épicerie Elisseiev ou l’ancien immeuble Singer. Pour regagner la perspective Nevski à partir de la Forteresse Pierre et Paul, on emprunte le Pont de la Trinité, copie du pont parisien Alexandre III, offert à la Russie par le président français Félix Faure et construit par l’entreprise française des Batignolles.

Les édifices religieux

Parmi les plus célèbres édifices religieux : la cathédrale du Sang Versé, bâtie au 19ème siècle sur l’emplacement même où avait été blessé l’empereur Alexandre II lors d’un attentat, est dans un style néoclassique médiéval, dominée par des bulbes dorés. Notre Dame de Kazan, saisissante avec ses 96 colonnes en demi arc de cercle a été érigée à la gloire de la victoire de la guerre de 1812.

th_griboedov.jpg
La cathédrale du Sang Versé au fond, devant le canal Griboïedov
Saint-Pétersbourg

Les canaux, les jardins et les …rooftops

Les canaux sont incontournables, et font partie intégrante de la ville et de sa vie. Les plus connus, situés sur la rive gauche de la Néva, sont la Fontanka, la Moïka et Griboïedov. Une promenade en bateau sur les canaux donne une autre approche de la ville. On peut alors longer le palais Ioussoupov, où a eu lieu l’assassinat de Raspoutine dans la nuit du 16 décembre 1916. Un bâtiment de style néo-classique, situé au 15 du quai de la Moïka, a abrité pendant de nombreuses années le consulat de France. Honore de Balzac y avait aussi séjourné en 1843.

th_canaux.jpg
Les canaux
Saint-Pétersbourg

musee_pouchkine.jpg
Musée Pouchkine
Saint-Pétersbourg

Non loin, au numéro 12, se trouve la maison musée de Pouchkine, dernière résidence de l’artiste avant le duel qui lui fut fatal le 29 janvier 1837. On peut également apercevoir le célèbre théâtre Mariinsky, ou théâtre de Maria Alexandrovna, en l’honneur de l‘épouse de l’empereur Alexandre II, construit en 1860 par l’architecte Cavos et dirigé, depuis 1988, par le chef d’orchestre Valeri Guergiev. Chaque nuit, quand la Neva est navigable, les tabliers de 22 ponts sont levés pour laisser passer les navires qui entrent et sortent de la mer Baltique. Il faut faire attention aux horaires des levers de ces ponts au risque de ne pouvoir regagner l’autre rive !

Côté parc et jardins, le Jardin d’Eté le long du canal Griboïedov, aux allées bordées de bancs, de statues et de fontaines, abritait l’une des résidences d’été de Pierre le Grand.

Il n’est pas rare de lever les yeux et de voir des gens se promener sur les toits de la ville. Il s’agit d’une manière tout à fait originale et incroyable de découvrir la ville et ses superbes couchers de soleil ! De nombreux tour-operators organisent de telles excursions.

Les Nuits Blanches de Saint-Pétersbourg

Les Nuits Blanches se déroulent lorsque le soleil ne descend pas à plus de 9 degrés derrière la ligne d’horizon et que les crépuscules du soir et du matin se confondent. Cette période située entre le 25 mai et le 6 juillet donne lieu à de nombreux festivals, concerts en plein air et défilés de toutes sortes.

Portail officiel touristique de Saint-Pétersbourg
http://www.visit-petersburg.ru

0


0
Login or register to post comments