Russie: tentative d’assassinat sur la journaliste Tatiana Felgenhauer

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La journaliste Tatiana Felgenhauer agressée dans les locaux de la radio indépendante russe Echo de Moscou a été opérée dans un hôpital de Moscou.

D’après ses médecins, son état est grave, mais stable. La journaliste n’a pas été plongée dans un coma artificiel, mais est placée sous assistance respiratoire. Son pronostic vital ne semble pas engagé.

L’acte d’un déséquilibré ?

L’agresseur a été maîtrisé sur place et immédiatement arrêté par la police. D’après les communiqués du Ministère de l’intérieur, il s’agirait de Boris Grits, professeur de physique russo-israélien. Il est actuellement détenu et sous le coup d’une procédure judiciaire pour tentative d’assassinat.

Boris Grits présente toutes les caractéristiques d’un déséquilibré : des journalistes russes sont parvenus à retrouver son blog personnel, dans lequel ce dernier se plaignait d’être "violé" par des "attaques télépathiques" de Tatiana Felgenhauer, qui le "persécutait jour et nuit". Il s’y plaint de problèmes respiratoires et cardiaques, causés selon lui par la journaliste, sans toutefois expliciter la raison de son obsession. Celle-ci semble récente, les premières mentions ne remontant qu’au mois de septembre 2017. Les publications précédentes, en anglais, sont une chronique des échecs professionnels de Boris Grits en Israël.

Ou agression politique ?

Plusieurs autres médias indépendants russes, comme Novaïa Gazeta ou Meduza, ont dénoncé le climat d’hostilité envers Echo de Moscou entretenu depuis des années par les médias officiels, en particulier la diffusion récente par la chaîne Rossia 24 d’une série de deux reportages à charge accusant la radio de collaborer avec des ONG occidentales et le département d’Etat américain pour "saper les institutions russes".
Les reportages concluaient que "pour la Russie, les ONG aux financements gris étaient devenues plus dangereuses que l’Etat Islamique".

Tout au long de ces reportages, le portrait de Tatiana Felgenhauer était régulièrement mis en évidence.

Le syndicat des journalistes russes a dénoncé lui aussi ces reportages dans un communiqué de presse : "Nous considérons que ces sujets appellent à la haine contre nos collègues et ont pu provoquer l’agression de Tatiana par un déséquilibré."

Toutefois, il n’existe pas à l’heure actuelle de lien formel entre ces reportages et les motivations de Borig Grits.
"Les actions d’un fou sont les actions d’un fou. Essayer de les relier à quelque chose où à leur donner un sens quelconque est absurde et faux", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov dans une conférence de presse.

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