Russie : rencontre entre PME russes et françaises

En septembre dernier, à Moscou a eu lieu le premier Forum franco-russe de petites et moyennes entreprises. Au cours de l’évènement, les représentants de 32 organisations françaises ont eu l’occasion de rencontrer plus de 500 organisations russes.

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Photo : russia-france.com

Le Forum a été initié par la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises françaises (CGPMEF) en collaboration avec le Gouvernement de Moscou et la Chambre de commerce et d’Industrie de la Fédération Russe. François Turcas, président de la GGPMEF a ainsi défini l’esprit du forum pendant la conférence de presse : "Travail, amitié, et fraternité entre les chefs d’entreprises russes et les chefs d’entreprises français".

L’ambassadeur français en Russie, Jean-Maurice Ripert, qui a reçu l’ensemble de la délégation des chefs d’entreprise régionales, a rappelé les liens qui unissent les deux pays :"La France n’est-elle pas le premier investisseur et le premier employeur étranger en Russie ?".

Au cours de l’évènement, la CGPMEF a signé des accords de coopération avec l’association des Entrepreneurs de Moscou et les représentants des régions russes de Moscou, de Kalouga, de Lipetsk et de Toula. En parallèle des discussions officielles, le forum proposait une plate-forme de rencontres planifiées ou spontanées entre les dirigeants de PME françaises et leurs homologues russes.

Les 32 entreprises françaises participantes concernent des secteurs très différents : industrie, agriculture, énergie, médecine, tourisme, IT, écologie, biens de consommation etc.

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"La délégation française représente des métiers non touchés par l’embargo, explique Charles Mollet, coordinateur de la mission du forum, mais je pense qu’elle serait plus nombreuse s’il n’y avait pas de sanctions."

Le but premier de ce forum est d’établir des contacts, comme le souligne Alain Martel, vice-président d’Auvergne-Rhône-Alpes : "Une entreprise qui n’est pas encore implantée en Russie doit être accompagnée si possible par un partenaire russe ou par des compétences qui lui permettent de faire ses premiers pas en Russie. La même chose si une entreprise russe vient en France : elle a l’intérêt à s’adosser à une structure d’accompagnement. C’est bien le but de notre mission : établir des contacts et voir s’il y a des possibilités."

Des retours positifs des PME françaises présentes

Chaque participant avait ses propres motivations. Certaines PME cherchaient et ont réussi à trouver des distributeurs ou des partenaires pour se lancer sur le marché russe. C’est le cas de SUD Architectes (construction) représentée par Amina Tamim : "J’ai des impressions très positives du Forum. J’ai rencontré les spécialistes des secteurs qui m’intéressaient vraiment : entreprises de construction, promoteurs immobilier, investisseurs. Nous sommes donc tombés juste !"

Pour Louis Pernat, dirigeant de Bouverat-Pernat (composants et systèmes mécaniques), se positionner sur le marché russe est une stratégie logique : "Je suis venu au Forum pour connaître un peu mieux le marché, pour trouver des partenaires commerciaux. Je pense que le marché russe est un marché d’avenir et qu’il a un vrai potentiel."

L’Etablissement Coquard (équipements pour la fromagerie fermière) vise, lui, à consolider sa position : "Nos produits sont déjà vendus en Russie donc nous savons qu'ils correspondent très bien à la clientèle russe, dit André Coquard, président de l’entreprise. Nous sommes cette fois-ci venus à Moscou pour trouver un distributeur pour notre nouvelle gamme de produits. Et c'est fait : nous sommes sur le point de conclure un contrat. "

D’autres participants français cherchent à faire venir les entreprises russes en France. C’est le cas de Gaëtan de Sainte Marie, président de PME Centrale (centrale d’achats collaborative) : "Ce que je veux proposer, c’est collaborer avec les entreprises russes pour les aider à s’intégrer sur le marché français. Les petites entreprises françaises sont ouvertes et si les entrepreneurs russes ont des opportunités à proposer je pense que les entrepreneurs français peuvent être intéressés."

"Il est regrettable qu’aujourd’hui la majorité de contrats d’affaires entre nos pays soit au niveau des grosses entreprises"

Pour les participants russes comme Olga Rousakova, président de la chambre de commerce de Chtchiolkovo près de Moscou, les entreprises françaises sont les bienvenues pour s’installer en Russie, notamment : "Notre but premier est trouver des partenaires qui viendront s’implanter en Russie, dans notre région et d'aider les entrepreneurs français à établir des relations avec leurs homologues régionaux".

Dmitry Chernov, expert en chef de l'Agence Russe (qui soutient les PME russes) explique : "Nous voulons établir des relations avec les organismes en charge en France de la promotion des entreprises sur les marchés étrangers. Il est regrettable qu’aujourd’hui la majorité de contrats d’affaires entre nos pays soit au niveau des grosses entreprises ou des branches dites stratégiques. En Russie les PME ne sont pas assez nombreuses pour le moment mais elles existent, et pas seulement à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Les régions ont aussi de quoi vous surprendre, elles ont du potentiel".

Ce potentiel a été remarqué par le Pôle Innovations Constructives (Pôle d’excellence de la filière bâtiment – région Rhône Alpes) représenté par son vice-président Georges Jacob. "Avec le président de l’Oblast de Kalouga, nous allons étudier comment organiser un organisme comme le nôtre dans leur région. Si on arrive à mobiliser certaines entreprises, pourquoi pas organiser un voyage en Russie pour se rencontrer ?".

"Je conseille aux entreprises françaises de ne s’étonner de rien"

Les Français ainsi que les Russes n’ont pas caché les différences existantes entre les deux pays, mais peu au forum ne les ont considérées comme des obstacles pour une plus forte coopération.
"Le contexte russe, économique et rural est un peu difficile, pense Thibaut Aufort, directeur général du Group Ailleurs (tourisme), mais de la part de la Russie, il y a une grande écoute envers de nouveaux partenaires potentiels et ça c’est très important."

Selon Victor Chichkin, Real Estate Group (conseil dans la construction), les Russes et les Français ont de quoi s’enrichir mutuellement : "D’une part, les Français nous donnent un exemple de systématisation des processus d’affaires. La majorité de PME russes en voient désormais la nécessité. D’autre part, en Russie, les relations personnelles jouent un grand rôle et c’est ce que nous pouvons apprendre aux Français. Je leur conseille de ne s'étonner de rien et d’être ouverts."

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