Russie: "Pour Kungur", un hommage aux femmes de l’orphelinat

A travers son association, Hélène Texier raconte les femmes russes qui travaillent à l’orphelinat de Kungur. Elles sont soixante-neuf, des nounous à la cuisinière, sans moyen, mais totalement investies auprès des enfants.

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Photo Hélène Texier "Pour Kungur"

Russie Info: Quel était votre lien avec l’orphelinat de Kungur ?

Hélène Texier : En 2006, je me suis lancée dans un projet d’adoption avec mon mari. En 2007, lorsque nous avons eu notre agrément, nous nous sommes dirigés vers la Russie, dans la région de Perm. C’est à l’orphelinat de Kungur que nous avons adopté notre garçon et notre fille. Kungur, une grande ville de campagne de 80.000 habitants, située à 80 km de Perm.

Dans cette maison d’enfants, j’ai eu un vrai coup de cœur pour les femmes qui y travaillent, complètement dévouées aux petits, et en perpétuelle recherche pour les aider à grandir. Grâce à leur travail, elles ont sauvé nos enfants, elles les ont réparés.

Russie Info : Comment a germé l’idée de l’association "Pour Kungur" ?

H.T : Lors de notre second voyage à Kungur, nous avons rapporté des photographies qu’une famille adoptive française nous avait confiées pour les femmes de l’orphelinat. Habituellement, après une adoption, ces dernières n’ont plus de nouvelle des enfants. Et là, de voir toutes ces photos avec le petit qui avait grandi, les nounous pleuraient d’émotion.
Je me suis alors promis que lorsque j’aurai digéré mon adoption, je resterai en contact avec elles et leur donnerai des nouvelles de mes enfants afin qu’elles puissent les voir grandir.

En 2009, j’ai donc décidé de créer du lien entre ces femmes et les familles adoptives. J’en ai retrouvées 26 éparpillées dans le monde et je leur ai demandé de m’envoyer des dessins de leurs enfants, accompagnés de messages, de photos afin de constituer un album pour Kungur.

Ces envois sont devenus réguliers. 69 personnes travaillent dans cet établissement et toutes, sans exceptions, des nounous à la cuisinière jusqu’aux femmes de ménage, reçoivent un petit courrier pour Noël. Un lien très fort s’est créé entre l'équipe de la Maison et les familles, nous avons des échanges très précieux, pour nous, pour elles, mais aussi pour les enfants en attente de parents.

Russie Info : Les petits orphelins de Kungur perçoivent-ils votre travail ?

H.T : Aujourd’hui il y a plus de 50 familles dans l’association et une soixantaine d’enfants vit dans l’orphelinat. Nous avons mis en place une correspondance entre nos enfants adoptés et les enfants sur place afin d‘aider ces derniers en répondant à leur inquiétude. Mon fils de 9 ans a un correspondant qui lui demande « comment est sa maison ? Si l’hiver il y a de la neige dans son pays ? » Ces échanges rassurent les enfants, surtout les plus grands, qui ont encore le souvenir de leurs parents russes et n’ont pas envie d’une autre famille. Les albums que nous envoyons servent également de support pour les nounous lorsqu’elles doivent tranquilliser les enfants avant leur départ. C'est un travail d'équipe puisque nos échanges sont entrés dans le programme pédagogique de l'orphelinat.

Russie Info : L’un des projets de l’association «Pour Kungur» est d’offrir un bus à l’orphelinat. Pourquoi ?

H.T : A la question : si vous aviez un rêve pour Kungur, ce serait quoi ? La responsable m’a parlé de la nécessite d’avoir un bus. Elle l’a évoqué avec beaucoup de gêne mais l’orphelinat est excentré et un bus permettrait d’ouvrir de nouveaux horizons aux enfants.
Ils pourraient se rendre au centre linguistique de la ville où ils sont inscrits notamment afin d’apprendre la langue de leur future famille. C’est important qu’ils découvrent des langues étrangères car elles font peur aux petits et c’est souvent un problème lors des rencontres avec les familles adoptives.

Cela leur permettait aussi d’aller au musée, au spectacle, bref de s’ouvrir au monde. Aujourd’hui nous avons récolté un quart du bus ! Les premiers donateurs sont évidemment les familles adoptives mais nous espérons pouvoir élargir le cercle.

Russie Info : Est-ce important pour vous, vis-à-vis de vos enfants, d’agir pour Kungur ?

H.T : C’est important de pouvoir dire à nos enfants que les gens en Russie sont formidables. C’est bon pour eux d’entendre que la Russie n’est pas l’abandon, la misère et la tragédie, mais qu’il y a, là-bas, des gens plein d’amour qui se sont bien occupés d’eux.

Pour soutenir l’association : Information sur le site Pour Kungur

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Portrait de Anna
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Quelle jolie initiative !



Portrait de Jeanne
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Bravo! C'est tellement rare d'entendre ce genre d'histoire...



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