Russie: les élus veulent réduire la participation étrangère dans les médias

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La chambre basse du Parlement russe a adopté mardi en première lecture un projet de loi visant à limiter la participation des actionnaires étrangers dans les médias nationaux, afin de protéger le pays contre les ingérences étrangères.

Ce projet de loi, rédigé notamment par les groupes parlementaires communiste et ultranationaliste de la Douma, propose de limiter à 20% les parts pouvant être détenues par des étrangers dans le capital des médias nationaux, y compris pour les médias en ligne.

La même restriction s'applique aux entrepreneurs russes possédant une double nationalité.

La législation en vigueur en Russie limitait déjà à 50% la participation étrangère pour les radios et les chaînes de télévision.

Nous devons mettre fin aux ingérences étrangères dans l'espace informationnel national, a déclaré à l'AFP l'un des instigateurs de la loi, le député ultra-nationaliste Vadim Denguine.

Il faut éviter de se placer dans la situation où n'importe qui peut former l'opinion publique en Russie : qui détient l'information, possède le monde, a-t-il ajouté.

Le texte, qui est soutenu par le Kremlin selon la presse russe, est notamment lié à la prochaine élection présidentielle prévue en 2018, a avoué l'élu.

Une fois adopté définitivement, le texte doit entrer en vigueur dès janvier 2016. Les médias concernés, près de la moitié des médias nationaux en Russie selon le quotidien Novye Izvestia, auront alors une année pour se mettre en conformité ou fermer.

Des quotidiens comme Vedomosti et The Moscow Times ou encore la version russe du mensuel Forbes sont concernés. La radio Échos de Moscou, connue pour son indépendance de ton, est également en partie contrôlée par une entreprise américaine.

Selon la presse russe, ce projet pourrait avoir des dessous économiques, car cela diminuerait la valeur des actions des médias en question en cas de vente.

Depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin pour un troisième mandat en 2012, la Russie a adopté une série de mesures pour renforcer le contrôle de l'État sur les médias et l'internet.

La holding NMG, qui détient notamment une partie de la première chaîne de télévision Pervy Kanal et contrôle le quotidien pro-Kremlin Izvestia, a annoncé la semaine dernière la nomination à la tête de son conseil d'administration de la député et ancienne gymnaste Alina Kabaeva, à qui la presse prête une liaison avec Vladimir Poutine.
Source AFP

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