Russie: le travail social du photographe Markov sur Instagram

Pour sa première édition, le prix Instagram-Getty Image a récompensé trois lauréats dont un Russe, Dmitry Markov, issu de Pskov, au nord-ouest de la Russie, où il aide des enfants défavorisés.

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Photo: Dmitry Markov/@dcim.ru/Getty Images Instagram Grant Recipient 2015

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Dmitry Markov
par Dmitry Markov

Le photographe, Dmitry Markov, a remporté la somme de 10 000 dollars et sera exposé à New York à la fin du mois de septembre dans une galerie réputée.

Le magazine russe en ligne Furfur l'a interviewé sur son travail.

Vous attendiez-vous à ce prix ?

Non, c'est tout à fait inattendu. J'ai créé mon compte Instagram il y a deux ans pour moi-même, sans aucune prétention artistique. Mais il y a deux ans, j'ai participé au projet "Burn Diary" de David Alan Harvey, de l'agence Magnum. Le principe : un compte Instagram passe d'un photographe à un autre chaque semaine. La règle principale : utiliser son smartphone uniquement. Ce projet m'a passionné : il fallait vraiment user de toute son habileté et ses compétences photographiques. J'ai tellement aimé que j'ai décidé de continuer dans la même veine. J'ai d'abord photographié des sujets urbains, puis mon travail est devenu plutôt social, puisque je suis impliqué dans le volontariat.

Justement, que faites-vous exactement dans le social ?

Depuis 2007, je travaille avec une organisation qui s'occupe d'enfants handicapés mentaux, délinquants, orphelins. Ce qui expliquent qu'ils apparaissent souvent dans mon travail.

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Dmitry Markov
@dcim.ru/Getty Images Instagram

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Dmitry Markov
@dcim.ru/Getty Images Instagram

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Dmitry Markov
@dcim.ru/Getty Images Instagram

Vous avez aussi beaucoup de photos de prisonniers…

Quand tu t'intéresses à l'orphelinat, tu te rends compte que c'est un phénomène très large. On s'intéresse forcément aux crises familiales. J'ai par exemple travaillé avec une famille à qui on a enlevé les enfants. J'ai donc été sensibilisé aux abus de la tutelle, et au thème de la prison : ce n'est pas un secret, beaucoup de ces enfants-là sont délinquants. Le mois dernier, j'ai été dans un foyer où un ami professeur de sport donnait des cours de lutte. J'y ai participé, et j'ai aussi photographié, en marge.

Vous aimez prendre les gens en train de dormir…

Oui, j'aime ces moments où une personne cesse de poser. Filmer les enfants et les personnes âgées est généralement plus facile et plus intéressant parce qu'ils se comportent naturellement. C'est pareil avec les animaux : quand un animal est entouré, il change son attitude.

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Dmitry Markov
@dcim.ru/Getty Images Instagram

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Dmitry Markov
@dcim.ru/Getty Images Instagram

Votre travail se limite-t-il à Pskov ?

Je n'ai jamais été à un endroit précis pour prendre des photos, ce qui explique que mes photos se limitent à la ville où je vis. Mais il m'est arrivé de faire quelques expéditions de blogueurs, à Novossibirsk ou Tambov par exemple.

Où comptez-vous aller grâce à la subvention du prix Getty ?

Vous savez, la région de Pskov est vaste… C'est déjà bien ! Mais j'ai aussi le projet de faire des portraits de villes, comme Samara (ville située au bord de la Volga, à 860 km au sud-est de Moscou, non loin de la frontière avec le Kazakhstan, ndlr)

Vous photographiez la vieillesse, la solitude, la misère, la guerre… C'est l'image que vous voulez donner du pays ?

Ces thématiques m'intéressent parce que je suis impliqué dans tout ça. En revanche, je prie Dieu pour que personne ne réduise Pskov à cela. De nombreux photographes occidentaux prennent un malin plaisir à ne saisir que le négatif de notre pays, pour noircir l'image de Vladimir Poutine. Mais il suffit d'aller voir d'autres comptes Instagram pour voir des photos magnifiques de notre pays !

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