Russie : Après les manifestations, le Kremlin réagit

24 heures après les manifestations sans précédent ayant eu lieu dans les rues de Moscou ainsi que dans d’autres grandes villes du pays, Dmitri Medvedev répond.

Manifestants anti-Poutine du 10 décembre © AFP Yuri Kadobnov

Pour s’exprimer, le Président russe a choisi Facebook, ce même outil de communication qui a beaucoup servi aux opposants pour se rassembler.

«D’après la constitution, les citoyens russes ont la liberté de parole et de rassemblement. Les gens ont le droit de donner leur position, et c’est ce qu’ils ont fait hier. C’est bien que tout cela se soit passé dans le cadre de la loi. Je ne suis d’accord ni avec les slogans, ni avec les déclarations qui ont été scandées durant ce meeting. Néanmoins, j'ai donné l'ordre de vérifier toutes les informations provenant des bureaux de vote et concernant le respect de la législation électorale», a déclaré le chef de l’Etat.

Le secrétaire de la Présidence du Conseil général du parti «Russie Unie», Andreï Isaev a ajouté que «l’expression d’un tel point de vue était importante, et qu’elle serait entendue et par les médias, et par la société, et par l’Etat», sans pour autant renoncer totalement à la menace, puisque de façon un peu plus subtile qu’à l’accoutumée, il a appelé les protestataires à «ne pas se laisser transformer en chair à canon»…

Medvedev aurait « donné l’ordre de vérifier les résultats électoraux »

Dmitri Medvedev annonce donc des actes. Ce n’est pas la première fois que le président promet plus de démocratie. Ces derniers mois, il a dénoncé à plusieurs reprises la corruption et la stagnation dans lesquelles s’enlisait selon lui la Russie. Il a également souvent annoncé qu’il allait se battre pour la modernisation du pays. Mais ces discours n’ont pas vraiment été suivis.

C’est en tous cas ce qu’ont semblé lui répondre les opposants au pouvoir, dont le rassemblement hier à Moscou a été d’une ampleur sans précédent depuis 1993.
80 000 personnes auraient en effet manifesté dans la capitale, dénonçant les résultats, falsifiés selon eux, des dernières législatives remportées par Russie unie.

Les manifestants ont « promis de revenir »

A l’issue de cette manifestation, les représentants de l’opposition ont réclamé la libération des prisonniers politiques (les personnes arrêtées la semaine dernière après avoir protesté contre les résultats du scrutin), l’annulation des résultats des élections législatives, la démission de Vladimir Tchourov (le chef de la commission électorale), l’enregistrement de tous les partis politiques et la tenue de nouvelles élections.
Ils ont promis de se rassembler de nouveau le 24 décembre si ces exigences n’étaient pas satisfaites. Autrement dit, ils ont mis les autorités sous pression.

Un tournant dans l’histoire de la Russie ?

Des manifestations dénonçant les fraudes électorales et réclamant une «autre Russie», une «Russie sans Poutine» ont souvent eu lieu ces derniers mois. Mais celle qui a eu lieu samedi marque sans doute un tournant.

Devant l’ampleur du rassemblement, les dirigeants ne pourront plus, comme ils l’ont fait jusqu’à maintenant, présenter l’opposition comme marginale. Ils ne pourront pas non plus la réprimer de la façon la plus brutale, sous peine de la voir se répandre encore plus.

De fait, la manifestation qui a eu lieu samedi à Moscou s’est déroulée sans incident majeur. Selon le journal Kommersant, certains policiers auraient même montré quelques signes de solidarité vis-à-vis de manifestants qui, pour la première fois, les ont exhortés à se joindre à eux.

Le Kremlin semble donc aujourd’hui obligé d’apporter des réponses concrètes.
D’autant que les caméras de l’étranger sont désormais braquées sur lui.
A Paris et à Londres, les communautés russes ont manifesté leur solidarité avec l’opposition.

Les semaines à venir vont donc être décisives. Car pour la première fois, une faille est apparue aux yeux du monde entier dans le système Poutine.

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Portrait de Macha
5

Dimanche calme, lundi les Russes sont allés travailler... on est loin d'un "printemps russe" comme on peut le lire dans la presse occidentale...



Portrait de Platon
4

A suivre… le KPRF prévoit déjà une nouvelle manifestation le 18 décembre avant celle du 24.
Nouvelle réaction du Kremlin? Le propriétaire de Kommersant a décidé de limoger le rédacteur en chef et le directeur de la publication suite à une une jugée de "comportement de petit voyoux"



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