Russie: allier études et boulot, sans se faire jeter de la fac

Gagner son autonomie financière et faire face à des études coûteuses est une mission difficile, mais pas impossible, pour les étudiants russes. Quelques tuyaux pour trouver un petit boulot.

russie-universite-etudiant-travail
L’université Lomonosov à Moscou ©Maureen Demidoff

La bourse académique en Russie s’élève à 1.100 roubles par mois (27€).
Il s’agit de la bourse d’Etat que touchent habituellement les étudiants dont les résultats dépassent la mention «Bien».
Dans ces conditions, même si les frais d’inscription et le loyer en foyer universitaire sont pris en charge, la dépendance envers les parents reste inévitable en l’absence d’un petit boulot.
De plus en plus d’étudiants font ainsi le choix de surmonter cette dépendance: en premier lieu parce que la bourse est insuffisante pour couvrir les frais d'étude, en second lieu pour allier l’expérience au diplôme.

L’été, un travail de jeune pionnier

L’option privilégiée est le travail estival. Et devinez où actuellement en Russie l’on peut trouver à la fois la mer, le soleil... et du travail ? Sur le chantier ferroviaire de Sotchi où des étudiants de l’institut d’ingénierie de Rostov-sur-le-Don ont formé une « équipe de chantier étudiante » qui recrute sur la base d’une pension complète, d’un salaire d’environ cinq cents dollars par mois, et d’une euphorie patriotique partagée.

Yevguenij Abubarakov, membre de l’équipe de chantier étudiante de l’été 2012, estime que les jeux olympiques de 2014 sont un défi très important pour la Russie, qui traverse une période de « résurrection » après l’effondrement de l’Union soviétique. Ce projet lui tient à coeur car il y voit une opportunité de « restaurer le prestige de la Russie à l’étranger ».

Ces étudiants se considèrent comme les héritiers des équipes de jeunes communistes du chantier de la ligne de chemin de fer Magistrale Baïkal-Amour, construite à travers la Sibérie et l’Extrême-Orient russe comme itinéraire alternatif au Transsibérien entre 1972 et 1984. Ce projet avait également suscité l’enthousiasme de jeunes qui n’ont reculé, ni devant la distance, ni devant le froid, pour participer à ce grand effort national de l’Union soviétique. Pour l’instant l’équipe de Rostov-sur-le-Don ne compte que deux-cents étudiants, néanmoins qualifiés, motivés et convaincus.

Le programme d’été « work and travel » offre également des opportunités de travail l’été. L’organisation a l’avantage de permettre de faire le plein de dollars et d’apporter en même une compétence précieuse sur le marché du travail russe : l’anglais. Chaque année, plus de cinq milles jeunes Russes y participent.
Le programme doit sa popularité à l’habileté avec laquelle il concilie travail et vacances, tourisme et immersion linguistique.

Travailler pendant ses études

Pour autant, les étudiants russes ont de plus en plus tendance à travailler pendant les études, selon le site Vmdaily.ru
Des organismes comme la société d’insertion professionnelle étudiante Studyentcheskij Trudovoj Otryad’ leur sont d’un précieux secours. Celle-ci collecte depuis 6 ans, et dans 27 régions russes, des propositions professionnelles caractérisées par un large choix d’horaires, un salaire compté à l’heure et versé régulièrement.

Image of Etudier en Russie
Manufacturer: L'Etudiant
Part Number:
Price: EUR 12,90

Le site stuud.net propose également toutes sortes de petits boulots pour les étudiants. Il contient essentiellement des offres dans le domaine informatique, pratique quand on fait ses devoirs sur ordinateur de pouvoir se rendre sur son lieu de travail en un clic.

L’inefficacité de la poste russe fournit également du travail aux étudiants : les entreprises qui ont perdu la foi en ce service public concluent des contrats avec des livreurs privés appelés « coursiers » qui emploient les étudiants comme « garçons de course ».

Ainsi, il existe en Russie un grand nombre de pistes pour trouver un petit boulot. Toute la difficulté pour un étudiant boursier sera finalement de ne pas délaisser ses études au profit de son activité professionnelle sans risquer d’échouer aux examens, et par conséquent de perdre sa maigre bourse.

Retrouvez Aujourd'hui la Russie sur Facebook et Twitter

0


0
Login or register to post comments