Roïzman: militant anti-drogue et maire de Ekaterinbourg

Connu pour son action anti-drogue qu’il mène depuis plusieurs années à Ekaterinbourg, l’opposant Evgueni Roïzman du parti Plateforme civique est le nouveau maire de la ville. Entre le bad boy et l’intellectuel, le militant a un parcours atypique.

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Evgueni Roïzman

Ses désormais célèbres tee-shirts rouges qui ont coloré sa campagne électorale, accentuent son allure sportive et décontractée. Evgueni Roïzman, la cinquantaine grisonnante et un caractère bien trempé, est le nouveau maire de Ekaterinbourg, la 4ème plus grande ville du pays.

Avec un peu plus de 30% des voix, un score inimaginable il y a encore un an, ce candidat de l’opposition soutenu par le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, a remporté les élections municipales le 8 septembre dernier, en battant de près de 4 points, Iakov Siline, figure du parti au pouvoir Russie Unie.

Roizman, père de trois enfants, est connu dans la région et dans tout le pays pour son combat anti-drogue et ses méthodes peu conventionnelles. En 1998, cet homme de terrain crée la fondation "ville sans drogues" afin de lutter contre la toxicomanie, véritable fléau dont souffre la capitale de l’Oural. L’organisation non-gouvernementale qui a initialement pour objectif de faire de la prévention auprès des jeunes, étend par la suite son champ d’action en s’attaquant aux narcotrafiquants et en ouvrant des centres de désintoxication.

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Face à «l’inertie du gouvernement» dénoncée par Roïzman, l’association recourt à un traitement de choc pour sevrer les toxicomanes : zéro médicament, isolement et vidéosurveillance. Ces méthodes qui ne font pas l’unanimité, sont notamment dénoncées par les défenseurs des droits de l’homme.

Un homme aux multifacettes

Né à Ekaterinbourg en 1962, il travaille d’abord dans une usine avant d’étudier l’histoire à l’université. Passionné de poésie, il publie deux recueils de poésies ainsi que plusieurs articles sur le sujet. L’amoureux des lettres s’émeut aussi des icônes qu’il collectionne depuis plus de trente ans et a ouvert à Ekaterinbourg un musée privé de l’icône de Neviansk.

Les années 1980 constitueront une période plus sombre de son passé, pendant laquelle Roïzman a été arrêté pour vol et détention illégale d’arme avant de purger une courte peine en prison. Mais ce passé obscur ne l’a pas empêché d’être élu député en 2003 pour un mandat à la Douma. Aujourd’hui, Roïzman est cité, sans pour autant être impliqué, dans plusieurs affaires judiciaires dont l’une met en cause l’un des fondateurs de l’association « Ville sans drogues », accusé d’avoir séquestré des patients.

L’autre affaire vise directement sa compagne journaliste, Aksana Panova, accusée de malversations. Des affaires qui, selon lui, visent à salir son nom. En septembre dernier, Roïzman a pourtant gagné la mairie de Ekaterinbourg, une ville de plus d’un million d’habitants (1,4 million), contre l’actuel gouverneur et son équipe pro-Kremlin.

Le soir de son élection, Roïzman a posté sur son blog un très bref message de remerciements « nous avons gagné, merci Ekaterinbourg ». A l’avenir, ce dernier devra se montrer sans doute un peu moins discret car d’ici les prochaines années, la ville pourrait bien se faire un nom sur la scène internationale et son maire avec.
En novembre prochain, Ekaterinbourg saura si elle accueille l’exposition universelle de 2020 et en 2018, elle devrait organiser quatre matchs du Mondial de football. Mais cet événement laisse sceptique le nouvel homme fort de la ville qui, selon lui, impliquera d’importants efforts financiers pour ses concitoyens par rapport aux retombées économiques positives pour Ekaterinbourg.

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