Road-movie de deux artistes fous à travers la Russie

Le réalisateur Antoine Page et le dessinateur Bilal, alias Zoo project, reviennent d’un voyage de 4 mois à travers la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan pour la réalisation d’un film documentaire original qui mêle leurs deux arts. Retour sur un voyage en roue libre.

S’aventurer dans des lieux reculés de l’ex-URSS réserve quelques surprises © Zoo Project

C’est assez bien d’être fou, ainsi s’intitule le projet atypique d’Antoine Page et Bilal, (plus connu dans les rues de Paris sous le pseudonyme de Zoo project), produit par La Maison du Directeur, à travers l’ex-URSS.

Un projet qui est né de la rencontre des deux protagonistes. Bilal alias Zoo Project, jeune artiste de 20 ans, s’est fait un nom en tant qu’artiste de rue à Paris mais refuse aujourd’hui cette étiquette et entreprend désormais nombre de voyages où il va à la rencontre des habitants et fait partager son art dans les coins les plus reculés.

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Dessiner partout dans l'immensité du territoire
© Zoo Project

C’est assez bien d’être fou

Après la Tunisie c’est donc vers l’est qu’il a eu envie de se tourner. L’enthousiasme, la jeunesse et le côté tête brûlée de Bilal ont séduit Antoine Page.
Lors de l’organisation du voyage, rien ne devait être impossible, revenir en France dans un cargo depuis Vladivostok, circuler dans une fourgonnette au milieu de la taïga déserte et enneigée, aucune folle proposition n’était complètement rejetée.

Antoine entretient un lien plus ancien avec la Russie, il a appris la langue à l’école et a fantasmé sur ce pays à travers la littérature et le cinéma: “Quoi de plus esthétique et fascinant que l’Europe orientale? Un samovar qui fume sur un poêle, une datcha à l’orée d’un bois, les discussions philosophico-éthyliques, les disputes, les embrassades...”

Un road movie multifacettes

Un road movie, c’est le style que le réalisateur a choisi pour ce film. Le départ s’est donc fait en février dernier depuis Arbois dans le Jura à bord d’un fourgon Mercedes 508 réaménagé. Un moyen de transport qui a permis aux deux protagonistes de filmer et de dessiner l’immensité des pittoresques territoires de l’est, ou de s’arrêter à loisirs pour faire des rencontres dans des lieux insolites.

L’originalité de ce film documentaire : un mélange d’objectifs et de styles. Ainsi, si Antoine a filmé la réalisation des projets à grande échelle de Bilal à travers le continent, le but était également d’aborder le caractère social et culturel des lieux visités. Une autre originalité est le mélange de la vidéo et du dessin. Lors de la phase de montage, les dessins de Bilal viendront s’intégrer aux paysages filmés, et certains cadres passeront de la vidéo au dessin seul. Une vraie expérience visuelle et sensorielle pour le public.

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©
Zoo Project

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©
Zoo Project

Bonnes et mauvaises surprises

Evidemment, s’aventurer dans des lieux reculés de l’ex-URSS réserve quelques surprises. Tout a commencé avec le braquage du fourgon à Odessa en Ukraine, suscitant la mobilisation de toute la police locale pendant trois jours. Le valeureux fourgon ayant déjà traversé toute l’Europe a lâché prise de façon rédhibitoire aux environs d’Astrakhan, un garagiste tchétchène a ainsi hérité du butin.

Le reste du voyage s’est donc effectué exclusivement en train, en empruntant bien sûr le mythique transsibérien. Les souvenirs les plus marquants semblent être leurs relations avec la police car ils contredisent les clichés. Une fois la suspicion et les questions habituelles passées, Antoine et Bilal n’ont jamais eu à payer de pots de vin. Le fait qu’ils soient artistes attisait la curiosité des gardes frontières et policiers qui cherchaient à prolonger la conversation. La profession d’artiste semblait susciter automatiquement le respect.
C’est ainsi que Bilal a offert une toile à un garde frontière qui faisait volontairement trainer la procédure en admirant les oeuvres du jeune artiste.

D’autres rencontres chaleureuses ont eu lieu à bord du transsibérien, notamment avec des jeunes militaires russes. Outre les shots de vodka ou la nourriture de bidasse, un jeune soldat leur a offert sa ceinture marquée de la fossile et du marteau. Détail surprenant pour les deux Français, les plus jeunes ignoraient souvent la signification de ce symbole et se prononçaient systématiquement en faveur du président Vladimir Poutine. Ce fut donc un voyage en plein coeur de la Russie éternelle, rempli de surprises inattendues qui ont bien souvent bousculé les idées reçues.

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Réalisation picturale installée sur les escaliers d’Odessa
© Zoo Project

Parmi les grandes réalisations picturales à découvrir lors de la sortie du film, une installation sur les escaliers d’Odessa s’inspirant de la célèbre scène d’Eisenstein dans Le Cuirassé Potemkine, des fresques sur les bateaux abandonnés de la mer d’Aral et une installation génialissime à Vladivostok que les aventuriers ne désirent pas encore dévoiler.
A découvrir donc prochainement au cinéma et à la télévision en France et en Belgique.

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