Poutine : ses déclarations à la population russe

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Le président russe a tenu hier soir sa 14ème Ligne directe avec la population. L’émission a duré 3 heures et 40 minutes, durant lesquelles Vladimir Poutine a répondu à 80 questions. La plus longue séance de questions-réponses s’est déroulée en 2003 – le chef d’Etat avait alors répondu aux Russes pendant 4 heures et 48 minutes.

Tous les sujets de société, politiques et économiques ont été évoqués. Résumé des déclarations phares et petites phrases prononcées hier soir sur les relations internationales, l’état du pays et même sa vie privée.

Concernant le scandale récent des Panama Papers, Vladimir Poutine relie l’affaire à une forte pression venue des Etats unis :

"L'information est sortie dans le Suddeutsche Zeitung, qui appartient à la banque américaine Goldman Sachs. On voit partout dépasser les oreilles des organisateurs" de cette fuite d'informations. Il prévient : "Plus les élections vont approcher, plus la pression va augmenter".

Sur les élections américaines et sa préférence entre Donald Trump et Hillary Clinton, il répond que la Russie doit "chercher ceux qui sont les meilleurs".
"Et aujourd'hui aussi, il y a des exemples de collaboration fructueuse. La non-prolifération des armes nucléaires, l'Iran, la Syrie, la lutte contre le terrorisme, il y a d'autres exemples. Mais s'ils (les USA) agissent en se considérant comme exceptionnels, cela aura des conséquences négatives".

A propos de la Lybie touchée par l’EI, il reconnait un point positif à Barack Obama qui a reconnu ces derniers jours quelques erreurs sur cette question :
"cela confirme que le président US est un homme honnête. Avouer une telle chose n'est pas simple."

Sur la relation avec la Turquie qui s’est fortement dégradée ces derniers mois dans le cadre du conflit syrien :

"Le peuple turc est un peuple ami. Nous avons des problèmes avec certains hommes politiques, qui se conduisent de façon incorrecte, et nous réagissons comme il se doit."

Sur le tourisme en Turquie, il déconseille néanmoins aux voyageurs russes de s’y rendre : "Nous ne pouvons pas ne pas dire aux gens qu'il est dangereux d’aller en vacances en Turquie. Il y a la Crimée, le Caucase, il y a d'autres pays."

Des questions étonnantes ont aussi été posées comme celle d'une petite fille de 12 ans : "Si le président ukrainien Porochenko et le président turc Erdogan se noyaient, qui sauveriez-vous en premier? "
Vladimir Poutine a répondu en souriant : "Tu m'as mis dans une situation difficile. Si quelqu'un a décidé de se noyer, il est impossible de le sauver. Mais nous sommes prêts à tendre la main à quiconque le voudra".

Concernant le nouveau gouvernement ukrainien qui a été mis en place hier, Vladimir Poutine a fait peu de commentaires :

"Je ne connais pas la composition du nouveau gouvernement et ses priorités. En 2014, le gouvernement précédent a adopté un plan en 9 points, dont deux seulement ont été réalisés, et encore pas complètement. Nous disons que nous avons une inflation élevée, de 12,5%. Oui c'est beaucoup, mais la tendance est à la baisse. Eh bien en Ukraine, l'inflation atteint 48% et quelques".

A propos du conflit dans le Donbass :
"Il faut que les gens qui vivent dans le sud-est du pays aient des droits. Pour cela il faut des modifications dans la constitution, une loi sur le statut spécial du Donbass et sur l'amnistie. Mais on n'y parvient pas. Ils disent qu'il y a des tirs sur la ligne de front, mais c'est une excuse pour ceux qui ne veulent pas appliquer les accords", a souligné M. Poutine.

Sur le plan économique, Vladimir Poutine a confirmé qu’une récession de 0.3 % est prévue pour 2016 mais que la croissance sera de retour en 2017. Pour lui, "la chute du PIB était beaucoup plus marquée pendant la crise de 2008 qu'aujourd'hui ".
Sur les réformes : "Il faut modifier la structure de l'économie. Le processus est en marche, comme le prouve la hausse de la production industrielle et surtout des exportations de produits hautement technologiques."

Quelques interlocuteurs l’ont questionné sur sa vie privée, notamment sa relation avec son ex-femme et la possibilité d’une nouvelle première dame. Il a répondu par l'humour :
"Je ne sais pas si je dois parler de ma vie privée, ça pourrait influer le cours des devises ou le prix du pétrole. Peut-être qu'un jour, je pourrai satisfaire votre curiosité". Il précise que "les présidents sont élus pour travailler".

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