Polémique autour de la visite de Poutine à Paris le 19 octobre

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Le président russe Vladimir Poutine se rendra en France le 19 octobre pour s'entretenir avec son homologue français François Hollande du conflit en Syrie et de la crise ukrainienne, a annoncé jeudi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Cette visite était prévue de longue date puisque le chef de l'Etat russe doit participer à l'inauguration à Paris du nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, qui a vocation à abriter, en plus d'une cathédrale orthodoxe, une école bilingue, une maison paroissiale et les services culturels de l'ambassade.

Mais l’organisation de cette visite annoncée par Moscou fait l’objet de questionnements, comme en témoigne la réaction du ministre des affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault, en visite hier en Russie pour avancer sur la question syrienne. Interrogé par la presse sur ce point à l'issue de la rencontre avec Sergueï Lavrov, Jean-Marc Ayrault a répondu : "L'urgence aujourd'hui, c'est la cessation des hostilités et l'arrêt des massacres à Alep".

Le Figaro titre de son côté : "Vladimir Poutine s’invite à Paris". Selon l’hebdomadaire français, lors de son précédent déplacement à Moscou, en avril 2016, Jean-Marc Ayrault avait effectivement transmis à son homologue russe "une invitation du président Hollande à Vladimir Poutine pour une visite en octobre", mais sans préciser la date. Il était prévu depuis longtemps que chef du Kremlin participe à l'inauguration, à Paris, du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe.
La date du 19 avait été avancée mais, ces derniers jours, dans un contexte de dégradation de la situation en Syrie, Paris laissait entendre que cette échéance pouvait être repoussée.

Alors qu'une solution diplomatique à la crise syrienne a été bloqué par la Russie ce week-end - Moscou ayant mis son veto son veto sur un texte présenté par la France qui appelait à une cessation immédiate des bombardements à Alep

Dans une interview révélée dimanche, qui doit être diffusée ce lundi sur TMC, François Hollande explique se poser "encore la question" de recevoir Vladimir Poutine, étant donné "les crimes de guerre" à Alep .

"Je me suis posé la question (...) Est-ce que c'est utile? Est-ce que c'est nécessaire? Est-ce que ça peut être une pression? Est-ce que nous pouvons encore faire en sorte qu'il puisse lui aussi arrêter ce qu'il commet avec le régime syrien, c'est-à-dire l'appui aux forces aériennes du régime, qui envoient des bombes sur la population d'Alep", s'interroge le président français.

Ainsi, comme le souligne le journal L'Echos, l'hypothèse d'une venue de Vladimir Poutine, sans rencontre avec son homologue français, est possible.

Le journal rappelle qu'en France, il existe plusieurs degrés de protocole pour l'accueil d'un chef d'Etat. Le plus élevé est celui de la "visite d'Etat", signe d'une proximité forte avec le pays invité, avec son lot de cérémonies et dîners. Pour des rencontres moins fastueuses, peuvent être choisis le "voyage officiel", le voyage de travail, ou encore le voyage privé.

Si cette dernière solution est choisie, Vladimir Poutine pourrait très bien se rendre directement à l'inauguration de "son" église orthodoxe, sans passer par la case Hollande.

Article réactualisé le 10 octobre 2016

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