Pas de débat national sur le nucléaire en Russie mais des projets à foison

Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, la Russie est déterminée à développer ses projets nucléaires à l’international malgré les mises en garde de plusieurs experts.

Centrale Nucléaire de Novovoronej 5 mis en service en 1981

A l’instar de nombreux présidents européens, Dimitri Medvedev a réaffirmé sa confiance dans l’énergie nucléaire «tant que les centrales sont construites au bon endroit, conçues et gérées correctement

Des projets à l'international

Le pays poursuit sa volonté d’accroitre son positionnement sur le marché mondial du nucléaire civil.
Mercredi, le président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ont assuré dans les médias, ne pas vouloir abandonner le projet de construction de deux centrales nucléaires en Turquie.

Ankara et Moscou ont conclu un accord en mai 2010 pour construire une centrale à Akkuyu, dans le sud de la Turquie. Cette décision a provoqué la colère des écologistes qui dénoncent le choix du site proposé pour la construction de la centrale, situé près de la ville littorale de Mersin, à 25 km d'une faille active.

Selon l’AFP, Dimitri Medvedev s’est voulu rassurant en indiquant que la centrale d'Akkuyu différait de celles du Japon "en termes d'âge et de mesures de sécurité".

Cette même semaine, mardi, Vladimir Poutine signait avec la Biélorussie un accord sur la construction d'une centrale nucléaire sur le territoire biélorusse et confirmait un projet de construction de douze centrales atomiques en Inde.

Des centrales vieillissantes et "potentiellement dangereuses"

Pourtant, au lendemain du séisme au Japon, le premier ministre russe Vladimir Poutine a ordonné de vérifier l'état des centrales nucléaires russes. Les conclusions ne se sont pas faites attendre.

"Les centrales nucléaires de Balakovo (Volga) et de Rostov (sud) se trouvent toutes les deux dans des zones sismiques actives et sont potentiellement dangereuses", a déclaré l'académicien Vladimir Kouznetsov, membre du Conseil public auprès de l'Agence russe de l'énergie atomique (Rosatom) et ancien inspecteur des centrales nucléaires russes.

"Les centrales de Kola (nord-ouest) et de Novovoronej (centre) ne correspondent pas aux normes de sécurité internationales", a ajouté Vladimir Kouznetsov.

Selon l’agence AFP, l'expert a dénoncé la "prolongation frénétique du délai d'exploitation des vieux réacteurs", en citant le cas de la centrale Leningradskaïa (près de Saint-Pétersbourg) où le délai a été reporté à 2025.

Ce dernier déclare également "l'absence en Russie (post-soviétique) de spécialistes performants capables de surveiller l'état technique des centrales nucléaires".

Malgré les conclusions de l’expertise, le débat sur les risques du nucléaire en Russie n’aura pas lieu. Et aucune information officielle n'a encore été donnée par les autorités russes sur d'éventuels travaux pour sécuriser leurs propres centrales.

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L'influence du lobby nucléaire russe

"La Russie ne renoncera pas à ses projets nucléaires car il s'agit d'un des rares secteurs où elle est toujours compétitive au niveau mondial", a déclaré à l'AFP l'expert Alexandre Konovalov, président de l'Institut des évaluations stratégiques.

«Les constructeurs des centrales russes assurent aux autorités que l'industrie atomique n'est pas si dangereuse et que les catastrophes nucléaires ont fait moins de victimes que les accidents d'avions", a-t-il ajouté.

Mais pour l'expert Igor Ostretsov, ancien vice-directeur de l'Institut russe de recherches sur l'industrie atomique, cité également par l’AFP, "il existe un lobby nucléaire en Russie qui empêche toute analyse objective de la situation dans ce secteur".

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Portrait de Platon

Si l’idée est de dire que les Russes devraient tout arrêter ça n’a pas de sens. Il n’y a qu’en France où l’on voit tout le monde s’exciter… Il faut par contre espérer que le drame du Japon rendra les Russes plus vigilants sur la sécurité de leurs centrales. Sur ce point, je doute… mais c’est à espérer



Portrait de Ulysse de Moscou

Non, mais ils pourraient débourser aussi pour remettre à niveau leurs centrales. Le fait que les autorités russes en fassent visiter une aux journalistes à 300 km de Moscou pour prouver que tout va bien, n’inspire pas forcément que de la confiance… Surtout que c’est une centrale qui sera exploitée début 2012. Si l’idée est de rassurer, on a plutôt tendance à croire que c’est pour clore le débat en montrant une centrale « vitrine ».



Portrait de maroussia

Je ne suis pas d'accord, il n'y a pas qu'en France où l'on reparle du danger du nucléaire après le drame du Japon. En Allemagne , Angela Markel a décidé de fermer toutes les centrales. Si en Russie le débat sur le passage au non nucléaire n'est pas encore envisageable, en Europe OUI. Certes c'est impossible de passer du tout à rien, la facture pour la population serait trop salée....mais il faut envisager petit à petit à remplacer les centrales par d'autres énergies, c'est urgent...ce n'est plus de la science fiction? A mon avis, non????



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