Où Poutine et Trump se rencontreront-ils?

Plusieurs pays sollicitent Vladimir Poutine et Donald Trump pour accueillir le premier sommet russo-américain qui réunira les deux chefs d'Etat. Mais un pays semble avoir leur préférence.

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Donald Trump - Vladimir Poutine

Selon les médias russes, la première conversation téléphonique entre les présidents des Etats-Unis et de la Russie a été très constructive, voir même enthousiasmante.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a déclaré qu’une éventuelle rencontre se préparait entre les deux chefs d’Etat. Bien que Vladimir Poutine ait signifié pour sa part que, s’il était prêt à rencontrer le nouveau président américain à tout moment, il serait plus opportun, selon lui, de laisser le temps à Trump de mettre en place son administration et d'endosser ses responsabilités avant d'envisager une rencontre.

Dmitry Peskov n'a pas été en mesure de donner précisément la date de cette rencontre, mais il n'exclut cependant pas que la "réunion du siècle" puisse avoir lieu avant le sommet du G20 à Hambourg, prévue au début du mois de Juillet 2017.

Ainsi, la tradition du sommet russo-américain, enterré pendant le second mandat de Barack Obama, pourrait renaître. Depuis 2012, les Etats-Unis et les dirigeants russes se rencontraient en effet exclusivement sur les domaines des grands événements internationaux.

Le journal russe indépendant Moskovskii Komsomolets rappelle que l'histoire du sommet russo-américain remonte à 1985, lorsque Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev ont eu leur première réunion à Genève. Les bonnes années, les dirigeants se visitaient l’un l’autre, alternativement en Russie ou aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, les relations tendues entre les deux pays les ont poussés à retourner au stade de «guerre froide», ainsi les présidents russe et américain devront refaire le chemin réalisé il y a 30 ans par leurs prédécesseurs.

Deux pays prêts à accueillir ce sommet

Pour cette rencontre qualifiée de "symbolique" par le journal Moskovskii Komsomolets, l’Islande est prête à accueillir les chefs d’Etat dans sa capitale Reykjavik. Le ministère des Affaires étrangères de l'Islande a confirmé que dans le cas d’une demande de Washington, il serait heureux d'organiser les négociations. Surtout que la maison Höfði a déjà servi de lieu lors du sommet russo-américain en 1986 !

Cependant, le choix de l’Islande a peu de chance d’être retenu. Du point de vue du Kremlin, Reykjavik fait partie de l'héritage de la politique étrangère de Gorbatchev, qui a conduit à la défaite de la Russie dans la «guerre froide». Une telle association d’idées joue forcément contre la capitale islandaise comme lieu de rencontre.

Un meilleur candidat est la Finlande - pays membre de l'OTAN mais qui ne se distingue pas dans les démarches antirusses – qui a toujours préconisé une révision de la politique des sanctions envers la Fédération de Russie.

Les Finlandais sont tout à fait disposés à accueillir le sommet russo-américain. Et selon certains, Donald Trump aurait reçu une proposition le 8 décembre dernier, au cours d'une conversation téléphonique avec le président Sauli Niyniste. Un peu plus tard, il a été remis à Vladimir Poutine cette même invitation via son Premier ministre Dmitri Medvedev en Finlande pour une visite de travail.

Mais il reste deux gros "mais". La Finlande est trop loin de Trump et il se trouve que les dirigeants russe et américain ne seraient pas dans des conditions égales de vols… indique toujours le journal Moskovskii Komsomolets.

En outre, le sommet d'Helsinki sera évidemment utilisé pour attirer l'attention sur un événement interne important : le 100ème anniversaire de l'indépendance de l'Etat, obtenue le 6 décembre 1917, date à laquelle le pays a quitté l’Empire russe. La présence de la Russie pourrait créer des jugements indésirables dans ce contexte.

Le pays de la first lady

Par conséquent, le candidat le plus favorable à ce jour pour l'organisation de ce sommet est la Slovénie. Le pays a de bonnes relations avec les deux superpuissances (en 2015, le pays accueillait en visite Dmitry Medvedev, et en 2012, Vladimir Poutine), et en 2001, Vladimir Poutine et George Bush-junior s’y étaient rencontrés, le pays a donc l'expérience des sommets américano-russes.

Mais la raison principale est sans doute que la Slovénie est le lieu de naissance de l'épouse de Donald Trump, Melania. Selon les médias slovènes, les dirigeants du pays ont remis plusieurs invitations à son illustre compatriote. Cette rencontre est une occasion rêvée pour attirer le couple Trump dans leur pays.

"La Slovénie est prête à fournir une plateforme pour les négociations entre les présidents de la Russie et des Etats-Unis, a déclaré le ministre slovène des Affaires étrangères Karl Eryavets, notant qu’il avait déjà discuté de cette initiative avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Compte tenu du fait que nous avons organisé avec succès une rencontre entre George W. Bush et Vladimir Poutine, Sergueï Lavrov a dit qu'il ne voyait aucune raison pour ne pas répéter les négociations à ce niveau ".

Si la Slovénie est retenue, la rencontre aura lieu au château de Brdo, connue depuis le 15ème siècle. Il avait autrefois servi de résidence d'été à Josip Tito, et est maintenant utilisé pour des activités gouvernementales importantes. L'administration du château a déjà déclaré qu'elle savait comment surprendre les deux présidents et Melania Trump, mais a choisi de ne pas révéler ses secrets.

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