Olivier Burlotte, candidat pour les Français de Russie

Les Français de Russie et de Biélorussie éliront dimanche 25 mai leurs conseillers consulaires. A cette occasion, Russie Info présente les quatre candidats. Entretien avec Olivier Burlotte, tête de liste La voix de la France.

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Photo: La voix de la France

Juriste de formation, Olivier Burlotte est arrivé en Russie en 2001 pour travailler dans la filiale de Ernst and Young à Moscou pendant 2 ans. A la fin de son contrat, il a souhaité rester dans le pays où il a rencontré sa femme, une Russe, et fondé une famille.

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Olivier
Burlotte

Olivier Burlotte a ensuite pu mener des expériences professionnelles aussi diverses que variées dans les domaines de l’assurance, de la distribution, de la logistique et de la santé. La crise ayant frappé la Russie l’a conduit en 2011 à mettre entre parenthèses sa carrière professionnelle: « Avec mon épouse, nous avions à cette époque déjà nos deux enfants. Je me suis donc de plus en plus occupé d’eux, car ma femme a un métier très prenant. »
Aujourd’hui, président de l’APENG, l’association des parents d’élèves du Lycée Français de Moscou, il est totalement impliqué dans la vie de la communauté française. C’est pourquoi, Olivier Burlotte a décidé de s’engager dans les élections des conseillers consulaires. En tant que président de l’APENG, il a eu l’occasion de rencontrer les intervenants de l’Ambassade, le député de la 11ème circonscription des Français de l’étranger, ainsi que le conseiller élu à l’AFE. « J’ai pris conscience que les parents d’élèves n’étaient pas suffisamment entendus, et du désintérêt des politiques qui ne comprennent ni les problématiques de la communauté française en Russie, ni notre pays d’accueil. »
Par conséquent, Olivier Burlotte a estimé nécessaire de créer une liste centrée sur les compétences et les engagements associatifs pour proposer aux électeurs une autre façon d’agir.

Un conseiller consulaire pour quoi faire ? Toutes les informations sur les élections et la représentation des Français de l’étranger : ICI

Russie Info : Quels sont les besoins de la communauté française ?

Olivier Burlotte : Avant de parler des besoins, regardons plutôt les prérogatives de ces nouveaux conseillers élus. Ils doivent notamment remonter les problèmes scolaires. L’école est une des premières préoccupations des Français qui viennent s’installer en Russie. Ils se posent de nombreuses questions : quelle scolarité vont-ils pouvoir offrir à leurs enfants ? Quel système choisir entre l’école française et le système local ?

Il est fondamental de maintenir un enseignement de qualité au lycée français de Moscou (LFM) qui enregistre aujourd’hui 100% de réussite au bac. Il faut donc continuer à rester attractif pour le corps enseignant avec des salaires satisfaisants, des postes intéressants et une amélioration de la capacité d’accueil des élèves. Pour cela, il faut que nous soyons soutenus par nos élus et représentants.

Ensuite, dans notre projet, nous abordons la question des programmes scolaires, bien qu’ils ne soient pas habituellement dans les prérogatives des parents d’élèves. Mais au vu des inquiétudes de certains parents en France, notamment sur l’ABCD de l’égalité, nous souhaitons qu’au LFM les élèves se concentrent sur les savoirs fondamentaux. Je constate qu’aujourd’hui en France, il y a suffisamment d’inquiétude pour que des parents retirent leurs enfants de l’école. Lorsqu’il y a une inquiétude de cet ordre, il faut la gérer. C’est pour cela que je souhaite qu’il y ait un système de veille des programmes pour que les parents soient informés si une telle reforme est mise un jour en place au sein du LFM. Ensuite, ce sera aux parents de décider. Cependant, la France est un pays où le système éducatif fonctionne et ce sujet reste périphérique.

Russie Info : Au-delà de l’école, quelles sont les autres préoccupations de la communauté française ?

Olivier Burlotte : La fiscalité est une autre préoccupation centrale. Concernant l’idée d’un impôt sur la nationalité, nous restons vigilants. Les Français installés en Suisse sont les premiers visés mais les Français de l’étranger savent bien que le gouvernement essaie d’instaurer un système à l’américaine de taxation universelle (en 2011, afin de lutter contre les exilés fiscaux, la Cour des Comptes a émis l’idée d’exiger des Français résidant à l’étranger de payer le différentiel entre l'impôt qu'ils payent dans leur pays de résidence et celui dont ils devraient s'acquitter en France, si ce dernier est supérieur. Cette idée avait été reprise en 2012 par Nicolas Sarkozy, puis par François Hollande qui visait les Français installés en Suisse ou en Belgique, ndlr)

Une autre de nos préoccupations concerne les PME et l’entreprenariat. Nous avons 800 PME françaises présentes en Russie alors que les Allemands en ont 5 000. Les PME allemandes sont soutenues par des agences d’état ou régionales qui les aident à venir s’installer ici de A à Z. Les Français ne sont pas aujourd’hui capables de s’inspirer ou de répliquer ce modèle. Ainsi beaucoup de PME françaises hésitent à venir s’implanter sur le marché russe alors que son potentiel est énorme. De plus, nous avons un vivier mal exploité de salariés parmi les Français installés en Russie, qu’ils soient étudiants ou en recherche d’emploi. Cependant, il y a des initiatives qui sont prises par la Chambre de commerce franco-russe et nous souhaitons faire avancer toutes les actions qui vont dans ce sens tout en restant à l’écoute des entrepreneurs.

Russie Info : Comment comptez-vous être proche de vos élus ?

Olivier Burlotte : En tant que président de l’APENG je suis déjà connecté au terrain et aux familles. Les retours des électeurs notamment sur la grande enquête que nous leur avons adressé récemment par mail et les nombreux contacts de personnes de toute la zone qui se déclarent solidaires de notre démarche, viendront utilement compléter les nombreux soutiens et relais dont nous disposons déjà dans le monde associatif et entrepreneurial.

La disponibilité est le maître mot de cette élection, tant du côté de nos représentants que de celui des futurs conseillers consulaires. C’est un poste de 6 ans de bénévolat qui réclame beaucoup de temps et j’espère que les candidats qui se présentent à ces élections sont tous conscients des implications personnelles. On voit les effets négatifs lorsque les élus ne le sont pas. Notre député Thierry Mariani en est la preuve. Il a une femme russe et vient, selon ses propres dires, régulièrement en Russie. Je l’ai rencontré seulement à deux occasions. J’ai essayé de lui expliquer quelles étaient nos problématiques, celles des 500 familles que je représente à travers l’APENG. Je l’ai rencontré lors de la venue de Monsieur Ayrault en novembre dernier, et lui ai proposé de nous revoir tous les deux mois. A ce jour, je n’ai reçu aucun signe de lui. J’ai rencontré récemment un sénateur de gauche, Monsieur Leconte, qui m’a également laissé entendre qu’il ne pouvait pas faire grand-chose pour nous. Voilà ce que les Français entendent ici à Moscou de leurs élus.

Cependant, et malgré nos désaccords, je dois souligner le travail de Cédric Etlicher qui, grâce à son implication et à sa volonté, a su se rendre disponible pour tous les Français de la zone, quelque soit leur couleur politique. C’est ce qu’on attend d’un élu et j’espère que les trois futurs conseillers consulaires sauront travailler ensemble et se rassembler.

Cette élection n’est pas politique. Si les gens souhaitent se marquer politiquement, ce sera à l’occasion des élections européennes qui auront lieu le même jour. En ce qui concerne l’élection des conseillers consulaires, ceux ci doivent à mon sens être des élus de proximité avec de l’expérience, une capacité à travailler en équipe et faisant preuve d’ouverture. Certains candidats se focalisent sur les élections sénatoriales puisque les conseillers consulaires éliront à leur tour les sénateurs représentant les Français de l’étranger. Je ne me positionne pas ainsi et je ne pense pas que cela soit au centre des préoccupations de ces élections. Ce qui intéresse les électeurs, ce sont leurs problèmes quotidiens.

Russie Info : Que pensez-vous de la politique française en Russie au regard des derniers évènements ?

Olivier Burlotte : Depuis la crise ukrainienne, la France prend la position de dire qu’il faut couper les liens avec la Russie. La majorité actuelle n’est plus représentative de ce que pensent actuellement les Français et on constate, encore une fois, que nous ne sommes pas entendus.

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