Nicolas Mégrelis, candidat UMP pour les Français de Russie

Les Français de Russie et de Biélorussie éliront dimanche 25 mai leurs conseillers consulaires. A cette occasion, Russie Info présente les quatre candidats. Entretien avec Nicolas Mégrelis, tête de liste UMP.

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Photo: Nicolas Mégrelis Liste UMP

Né à Enghien-les-Bains, près de Paris en 1969, Nicolas Mégrelis étudie dans une école d'ingénieur et devient entrepreneur à la sortie de son cursus. Il arrive en Russie en Novembre 1993 pour ne plus jamais en partir.
Il commence d'abord à importer des biens de grande consommation, puis travaille comme distributeur pour les parfums Nina Ricci. Par la suite, il décide de se consacrer pleinement à la création de son propre réseau de magasins de cosmétiques et accessoires pour le sauna et le bain, Dlia Doucha Douchi, suivi de plusieurs masters franchises dont Au Nom De La Rose. Il dirige aujourd'hui une entreprise qui regroupe plusieurs activités où travaillent plus de 400 personnes.

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Nicolas
Mégrelis

Nommé Conseiller du Commerce Extérieur de la France depuis maintenant 9 ans, il en a été élu président de 2010 à 2012. Administrateur de la chambre de Commerce depuis 2010, il reste très près des questions économiques et politiques franco-russe. Il est également membre du conseil presbytéral de l’église protestante de Moscou, s’intéresse aux relations œcuméniques, s’occupe d’une soupe populaire et fait partie d’un programme de mise en place d’une ferme biologique sociale.

A la recherche d'un nouveau challenge, il devient délégué de l’UMP en Russie à partir de 2011 et convaincu par ses rencontres politiques, il décide de se lancer dans cette nouvelle aventure. Nicolas Mégrelis est marié à une Américaine avec laquelle il a 5 enfants. Comme tout étranger, il confesse un rapport parfois conflictuel avec son pays d’accueil : « un jour je l’aime et le lendemain, je le maudis ». Mais en constatant qu'il y a passé la moitié de sa vie, il déclare sans hésiter qu'il y est heureux.

Un conseiller consulaire pour quoi faire ? Toutes les informations sur les élections et la représentation des Français de l’étranger : ICI

Russie Info : Quels sont, selon vous, les besoins de la communauté française en Russie ?

Nicolas Mégrelis : Je suis moi-même expatrié depuis 21 ans en Russie où j’ai créé plusieurs sociétés, perdu mon premier business du jour au lendemain sans avoir de planche de salut et j’en ai reconstruit deux autres à partir de zéro. Par conséquent, je pense savoir quels sont les besoins des Français en Russie.
Tout d'abord, je souhaite qu'ils obtiennent la reconnaissance à laquelle ils ont droit de la part des autorités françaises qui les considèrent actuellement comme des parias qui cherchent à fuir le fisc.

En terme d'éducation, il faut assurer aux enfants un enseignement français de qualité. De plus, chaque Français qui s'installe en Russie doit pouvoir construire une carrière internationale.
Il est également indispensable que la couverture médicale et sociale soit au même niveau que celle des Français restés en France, surtout en cas de coup dur comme la perte d'un emploi. Enfin, il faut un service public français facilité avec des démarches faisables localement.

Russie Info : Quel est votre programme ? Vos priorités et vos enjeux ?

Nicolas Mégrelis : En tant que représentant de l'UMP, je m’appuie clairement sur ce programme politique comme base de départ. Avant tout, je souhaite définir le statut des Français établis hors de France, par une loi d’orientation précisant leur place dans la nation, leurs droits et leurs devoirs. Il faut constamment veiller à l’intérêt des expatriés, dans le respect des conventions bilatérales ou multilatérales et les notions de réciprocité (notamment pour les visas ou les permis de travail).

L'enseignement du français est évidemment un enjeu primordial et doit se développer à l'étranger. Pour cela, il faut en élever le standard d’excellence. Il est indispensable d'accroître les capacités d’accueil des établissements afin de favoriser l’accès à l’enseignement français et le rayonnement de notre culture. Le niveau d’aide à la scolarité doit être préservé en poursuivant l’extension de la prise en charge des frais de scolarité et en maintenant les crédits destinés aux bourses. Enfin, il faut réformer l’AEFE (Agence pour l'Enseignement du Français à l'Etranger) pour assouplir la gestion du réseau d’enseignement français à l’étranger et faciliter la réalisation d’un programme d’investissement ambitieux.

Il y a par ailleurs des problématiques spécifiques à l’école française de Moscou : l’établissement est sur 3 lieux géographiques sans coordination entre eux. L’un étant seulement pour une année scolaire, à savoir le CE2. Sur le site de cette classe est organisée une navette scolaire qui coûte très cher aux parents (24.000 roubles par enfant et pour un trimestre). De même, quand les parents doivent mettre leurs enfants à la cantine, ils doivent payer 250 roubles par jour. Or, ces services imposés aux parents par l’école ne sont pas pris en charge par l’établissement. Et il se trouve que pour le même service à la cantine, les enfants russes payent moins cher : pourquoi ?

Il faudrait aussi trouver une solution d’un e-enseignement pour les enfants d’expatriés qui ne sont pas implantés à Moscou, Saint-Pétersbourg ou Minsk. Dans des petites villes, comme par exemple Kalouga, il est impossible de créer une école française. En revanche, on peut imaginer un programme monté avec l’école de Moscou pour apporter aux enfants d’expatriés de ces villes, l’enseignement français qu’ils ont le droit de recevoir.

La protection sociale est aussi l'un des points importants de ma campagne, notamment en cas de rupture professionnelle : je veux permettre le versement à l’étranger d’allocations chômage aux Français, salariés dans leur pays d’établissement, mais ayant acquis des droits à l’assurance-chômage en France, dès lors qu’ils justifient auprès de l’administration consulaire d’une recherche d’emploi effective. D'une manière générale, il faut renforcer les moyens destinés à l’action sociale à l’étranger, pour créer un fonds de soutien aux Français privés de revenus en octroyant des aides correspondant aux minima sociaux sous forme d’avances remboursables pour des durées limitées (3 à 6 mois).
Autre enjeu important, la modernisation de la protection sociale à travers la suppression de la rétroactivité pour les adhésions à la CFE. Il faut encourager l’adhésion immédiate des assurés.
La coordination entre l’assurance maladie française et les systèmes étrangers doit être améliorée et les contraintes administratives imposées aux retraités vivant à l’étranger allégées : il faut créer un système d’affiliation volontaire au régime général de l’assurance vieillesse, piloté par la CFE.

En ce qui concerne le service public consulaire et diplomatique, nous allons développer un « e-consulat » offrant l’ensemble des services consulaires, afin de rendre l’administration encore plus accessible au citoyen. Grâce aux nouvelles technologies, les gains d'efficacités nous permettrons de promouvoir une administration consulaire de proximité, comportant notamment un service consulaire mobile.
Un service public de l’aide à l’expatriation et au retour en France sera également créé, rassemblant autour de la Maison des Français de l’étranger l’ensemble des acteurs publics et privés impliqués dans les projets internationaux des citoyens.

Russie Info : Et en dehors du social ?

Nicolas Mégrelis : Je souhaite travailler à la garantie un traitement fiscal équitable aux Français établis hors de France. Pour cela, il faut renforcer le lien unissant les expatriés à la France en leur permettant de bénéficier, pour une résidence possédée en France, d’un traitement fiscal équivalent à celui des résidences principales (taxation des plus-values, droits de mutation, abattement dans le calcul de l’ISF, impôts locaux). En cas d’expatriation, je voudrais proposer de remplacer l’obligation de fermeture des PEA par une simple suspension des avantages fiscaux et conclure de nouveaux accords internationaux relatifs au risque de double imposition et reconduire rapidement les accords devenus caducs.

Enfin, ma priorité est la facilitation du déroulement des carrières à l'international. Cela commence par l'amélioration de la reconnaissance internationale des diplômes délivrés en France et la reconnaissance en France des diplômes étrangers. Mais ce n'est pas tout, il faut s’appuyer sur les réseaux d’anciens élèves de l’enseignement français à l’étranger pour développer l’influence de la France. Les VIE sont une source d'emplois considérable, et il serait bon d'en faire un moyen d’insertion international pour tous les jeunes actifs (y compris au niveau bac, bac+, bac+3). Et à la fin de ce cursus, créer un contrat post VIE qui combinerait à la fois une partie des avantages du VIE (exonération de certaines charges) et des caractéristiques du contrat d’expatriation. En parallèle, nous pouvons créer un VIE senior conçu sur le modèle du VIE actuel mais destiné aux salariés expérimentés. L’apprentissage à l’étranger a également besoin d'être développé dans le cadre de contrats de compagnonnage international en faisant appel aux entreprises françaises. Enfin, je propose la création d'une bourse de l’emploi à l’étranger, accessible en ligne dans le cadre du service public de l’aide à l’expatriation et au retour en France.

Évidemment, tous les points prévus par l’UMP ne répondent pas forcément aux spécificités des réalités russes et biélorusses et il faudra donc les adapter. Je compte organiser des réunions régulières avec les autorités françaises et les acteurs sociaux pour trouver une solution opérationnelle qui satisfasse tout le monde.

Russie Info : Comment comptez-vous être proche de vos élus ?

Nicolas Mégrelis : Si je suis élu, je compte organiser tout d’abord un sondage auprès de l’ensemble des français de Russie et Biélorussie pour vérifier l’étendue exacte de leurs attentes. Je ferai remonter les points essentiels aux autorités françaises selon les différents profils de cette population expatriée. Ensuite, je mettrai en place des permanences pour pouvoir les rencontrer, traiter les dossiers spécifiques au cas par cas. Ces permanences seront également matérielles puisque l’État est tenu de mettre à disposition des conseillers consulaires des locaux et je compte exploiter cette opportunité au maximum.

Pour pouvoir assurer des permanences dans les villes autres que Moscou, (Ekaterinbourg, Saint Saint-Pétersbourg et Minsk en priorité), je compte faire des déplacements dans chacune de ces villes pour trouver mon représentant sur cette agglomération.
Mais ces permanences seront aussi « virtuelles » grâce aux moyens technologiques actuels à savoir Skype, un site internet avec possibilité de chat on-line, voire une page Facebook et un compte Twitter.

Russie Info : Dans quels réseaux évoluez-vous à Moscou ?

Nicolas Mégrelis : Il y a d’abord mon cercle plus proche, à savoir ma famille et mes amis. Ceux qui vivent en Russie sont tous des expatriés « au long-cours » qui sont ici depuis 15 ans, voire plus. Beaucoup sont des descendants d’anciens russes blancs qui, en quelque sorte, « sont revenus au pays ».
Ensuite, j’ai mon réseau de relations rencontré au cours de ma vie professionnelle. Ce sont des relations solides construites depuis plusieurs années, essentiellement des Russes, qui sont nés et qui ont grandi en Russie.
Enfin, j’ai mon réseau français de relations professionnelles, issu de la sphère CCIFR et Conseillers du commerce Extérieur, principalement des français expatriés
Depuis 2 ans, j’ai aussi commencé à développer un réseau autour de mon église protestante puisque je participe activement à celle-ci. Je suis au conseil d’administration de l’église et je participe aux levées d’argent et de nourriture nécessaires à l’activité de la soupe populaire qu’elle gère toute l’année. Dans ce cas, ce sont aussi des expatriés mais cette fois de multiples nationalités.

Russie Info : Que pensez vous de la politique française en Russie, au regard des derniers événements ?

Nicolas Mégrelis : Au regard des principes de bon sens demandés aux candidats, il me semble évident qu’il ne peut y avoir de réponse à cette question.

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