Nando de Colo au CSKA de Moscou: un duo gagnant-gagnant

Dimanche, l’équipe de basket du CSKA de Moscou vient de remporter la VTB League pour la septième fois consécutive. Depuis que Nando de Colo a rejoint l’équipe de basket CSKA de Moscou en 2014, le joueur français collectionne les titres de meilleurs joueurs. Et l’équipe performe.

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Nando de Colo Crédits : cska

Russie Info a rencontré Nando de Colo et a reçu ses impressions sur l’équipe et la Russie.

Russie Info : Vous jouez au sein du CSKA depuis septembre 2014, comment s’est faite l’intégration au sein de l’équipe du CSKA ?

Nando de Colo: Mon intégration au sein du club s’est très bien faite. Je pense que c’est plus facile avec les années parce que ce n’est pas la première fois que je joue en dehors des frontières françaises. J’ai joué trois ans en Espagne, deux ans en Amérique du nord, d’abord à San Antonio puis finalement à Toronto.
Pendant l’été 2014, j’ai eu plusieurs contacts au téléphone avec l’entraineur et le président du CSKA qui parle français. Ce qui a été compliqué pour moi, c’est que je me suis fait une fracture à la main juste avant le Mondial avec l’équipe de France et je suis arrivé à Moscou blessé. Mais ils ont été patients avec moi et j’ai pu reprendre la saison tranquillement.

Russie Info : Qu’est ce que vous a surpris en arrivant à Moscou ?

NDC : C’est la barrière de la langue. Même si cela s’améliore au fil des années il est parfois difficile de trouver des Russes qui parlent anglais. En raison de ma blessure à la main, je me suis installé à l’hôtel en 2014 et les trois premières semaines n’ont pas été très faciles car nous avions du mal à communiquer. La barrière de la langue est également présente au sein du club car il y a encore beaucoup de personnes qui ne communiquent qu’en russe. Puis j’ai appris à connaître la culture et j’ai compris que les Russes ont souvent peur de parler quand ils ne maîtrisent pas parfaitement la langue.

En revanche, j’ai été très agréablement surpris par Moscou qui est une très belle ville, très vivante. J’adore les saisons qui sont marquées avec des l’hiver où il peut faire très froid, mais tout est fait pour que la vie continue, et en été quand il fait très chaud, c’est une autre ville qui apparait. Il y a beaucoup de verdure contrairement à Paris, par exemple.

C’est une opportunité intéressante de vivre cette expérience. Quand j’ai annoncé que j’allais vivre à Moscou, les réactions n’étaient pas toujours très positives. Mais parmi les villes où j’ai habité, Moscou fait partie de mes top 3 en terme de climat et de centre d’intérêts.

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Nando de Colo
cskabasket.com

Russie Info: Depuis que vous jouez au CSKA, vous avez été élu à plusieurs reprises MVP soit meilleur joueur. Comment expliquez-vous cette réussite ?

NDC : Le club et l’équipe y sont pour beaucoup. Ma principale motivation pour venir au CSKA de Moscou était le très bon niveau du club. J’ai joué dans des équipes qui ont gagné des titres mais dont l’objectif de départ n’était pas de remporter des victoires. Il y a des équipes qui sont plus complètes ou qui sont plus armées pour aller jusqu’au bout. Or le CSKA était capable de jouer le titre à la fois sur l’Euroleague et sur la VTB League.

J’ai joué pour les San Antonio Spurs qui est la meilleure équipe au monde de ces dernières années et je n’avais pas l’intention de revenir en Europe. Mais quand le coach du CSKA m’a appelé pour me dire qu’il me voulait dans son équipe, il m’a dit qu’il allait me donner de belles opportunités. Au fil des jours et des semaines, il m’a donné de plus en plus de responsabilités.

J’ai su saisir les opportunités, faire le maximum pour être au top, et l’équipe de son côté m’a également rendu meilleur. On peut être un excellent joueur, si l’équipe n’est pas dans les meilleures, c’est rare d’obtenir des distinctions individuelles.

Il faut à la fois être bon individuellement, essayer d’être au top le plus régulièrement possible et, en même temps, il faut que l’équipe ait des résultats élevés, et c’est ce que nous avons depuis quatre ans.

Russie Info : Comment sont les supporters russes ?

NDC : En général, il y a de bons supporters. Au CSKA, c’est un peu différent car ils ne sont pas très nombreux à venir. Avec mes coéquipiers, nous avons souvent demandé à nos dirigeants les raisons pour lesquelles il n’y a pas plus de monde qui vient nous soutenir. Moscou est une mégapole, et venir de l’autre bout de la ville pour aller voir un match de basket n’est pas simple.

En janvier 2016, nous avons commencé à jouer l’Euroleague dans le complexe sportif Megasport et la VTB League au CSKA. Megasport est une salle qui détient 14.500 places et environ 5.000 à 12.000 personnes sont venues nous voir à chaque match, ce qui est plutôt bien. Evidemment, on aimerait que les salles soient pleines à chaque fois.

Sur les matchs de VTB league, il est plus difficile de remplir notre salle de 5.000 places. Le club essaie pourtant de faire en sorte que l’on se sente soutenu. Cette année, ils ont organisé des mini-concerts avant notre match.
C’est vrai que j’ai été surpris par rapport à ce que j’ai connu par le passé. En France, il n’y a pas beaucoup de grandes salles mais elles sont souvent pleines, aux alentours de 5.000-6.000 personnes.

En Russie, il est aussi vrai que les sports phares sont le hockey sur glace et le foot, bien que les stades de foot ne soient également pas toujours pleins.

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Photo T.Makeeva
cskabasket.com

Russie Info : Est-ce que l’on vous reconnaît dans la rue ?

NDC : De plus en plus. Quand je suis arrivé à Moscou, Milos Teodosic, (ndlr, joueur serbe qui a quitté le club en 2017) m’a dit : "tu vas voir, ce qui est bien ici c’est qu’il n’y a pas grand monde qui te reconnaît".

Á Valence et San Antonio, les gens me reconnaissaient et voulaient une photo ou un autographe. Alors qu’à Moscou, la première année j’ai dû être accosté deux ou trois fois seulement. Dernièrement, je suis allée voir un spectacle au Kremlin avec ma femme, et quelques personnes nous ont pris en photos. Certaines m’ont même remercié de jouer au CSKA. Les Russes sont respectueux en général.

Russie Info : Vous parlez un peu russe ?

NDC : Juste pour être poli ! Entre les déplacements et les entraînements, il est difficile de faire autre chose et de prendre du temps pour apprendre la langue du pays. Même si on a du temps libre, le repos fait partie de notre boulot car il est important de se ménager.

Russie Info : Avec un Espagnol, 8 Russes, 2 Français et 5 Américains, l’équipe est très cosmopolite. Comment se passe la communication au sein de l’équipe ?

NDC : On parle anglais. J’ai la chance d’avoir un autre Français, Léo Westermann, dans mon équipe et ça me permet de parler français. Je parle espagnol avec mon coéquipier espagnol mais la plupart du temps, c’est l’anglais. La plupart des joueurs russes parlent plutôt bien anglais.

Russie Info : Vous arrive t-il d’évoquer les problèmes géopolitiques du moment entre joueurs ?

NDC : On n’en rigole plus qu’on en parle sérieusement. De façon générale, on ne parle pas trop politique, mais on suit ce qui se passe.

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