Moscou-Paris à cheval, sur les traces des Cosaques de 1812

Pour fêter le Bicentenaire de la guerre de 1812, un groupe de Cosaques partira pour une traversée équestre reliant la Russie à la France. L’occasion de rencontrer l’un des cavaliers, fier propriétaire de chevaux du Don, des montures réputées pour leur endurance.

Cosaques du peintre russe O.Bubnov

Haras de Kouzmino, une centaine de kilomètres au nord-est de Moscou dans la campagne russe, « un régiment » de Cosaques du Don et leur Ataman apprêtent leurs montures pour la grande chevauchée estivale à travers l’Europe qui devrait les conduire de Moscou à Paris sur les traces de leurs glorieux ancêtres.

La Russie célèbre en effet cette année le deuxième centenaire de la «Guerre Patriotique » de 1812 qu’il ne faut en rien confondre avec la « Grande Guerre Patriotique » de 1941. En effet, contrairement à celle d’Hitler, la mémoire de Napoléon en Russie n’est frappée d’aucune malédiction !
Beaucoup de Russes avouent un véritable engouement pour l’épopée napoléonienne comme en témoignent les milliers de figurants qui reconstituent fidèlement chaque année la bataille de Borodino. Cet enthousiasme sans complexe est pour les Français un agréable sujet d’étonnement.

Sur les traces de leurs anciens

La préparation de la « Campagne 2012 » a donc commencé dans le silence et la neige de la forêt. L’itinéraire traverse la Russie occidentale, la Biélorussie, la Lituanie, la Pologne, l’Allemagne et enfin la France.

Le rêve de ces jeunes gens qui s’entraînent avec ardeur et qui ne sont jamais sortis de Russie est de voir Paris pour remonter les Champs-Élysées à cheval encadré par la Garde Républicaine. Pourtant, aucune arrogance chez eux, juste le désir de faire un beau voyage à travers la géographie et l’Histoire sur les traces de leurs anciens.

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De Moscou à Paris
1812-2012

Le projet est présenté aux États par le Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie qui soutient officiellement la chevauchée. Seule la Pologne n’autorise pas à ce jour la traversée de son territoire. Les Cosaques n’ont pas laissé là-bas le meilleur souvenir mais en France, ils n’ont pas cette mauvaise réputation.

L’Ataman Platov est entré dans Paris le 31 mars 1814 avec l’Empereur Alexandre 1er en vainqueur, mais ses hommes qui bivouaquaient sur les Champs-Élysées n’ont semble-t-il pas commis d’autres exactions que de couper les arbres alentour pour cuire leur « Chachliki » et de se baigner nus dans la Seine avec leurs chevaux sans autre souci de pudeur !

Faire vivre la cosaquerie

Cinquante chevaux du Don, tous des étalons, ont été sélectionnés. Une race superbe qui a failli disparaître pendant la seconde guerre mondiale comme le raconte Pavel Morchalkov, homme d’affaire et propriétaire des lieux.

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L’homme d’un abord rugueux est un cosaque né en Sibérie. Il n’a pas le « physique d’Alain Delon » comme on dit en Russie, mais il possède à coup sûr une « gueule » et ses tatouages laissent deviner une autorité sans réplique. Un impressionnant mâtin l’escorte et jappe à la gloire de son maître. Il nous lâche que ses écuries ont brûlé une nuit il y a deux ans et l’on n’ose pas trop poser de questions.

Pavel contemple avec fierté ses chevaux à l’entraînement et flatte vigoureusement l’encolure d’un pur-sang qui piaffe nerveusement. Soudain, au contact du bel animal, le coeur s’ouvre. Ce visage un instant auparavant si dur s’éclaire d’une incroyable tendresse.

« Les cosaques de l’Ataman Platov ont harcelé sans cesse et finalement détruit les convois de l’armée de Napoléon et ce sont les chevaux du Don qui ont accompli ce miracle. Eux seuls ont été capables de faire le chemin aller et retour entre la Russie et la France. Je veux en emmener cinquante cet été avec leurs cavaliers pour les faire connaître et en vendre une quinzaine aux enchères sur place».

Beaucoup plus tard, après bien des verres de vodka et pas mal de chansons, Pavel à la guitare confie que c’est ici que l’argent qu’il a gagné trouve sa raison d’être. Sauver la race ancestrale des chevaux du Don et faire que vive aujourd’hui la cosaquerie. « L’argent doit servir aux belles choses », nous glisse-t-il avant de regagner Moscou.

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Bravo à Mr Morchalkov pour son travail et son état d'esprit ! J'aimerais pouvoir voir ces cavaliers remonter les Champs Elysées !



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