Mondial 2018, le foot ne séduit toujours pas les Russes

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Alors que la Russie organise la Coupe du monde en 2018, le football peine à séduire les foules.

Le problème est sérieux : selon un sondage récent de l'institut officiel VTSIOM, 83 % des Russes ne montrent aucun intérêt pour le football.
"Malheureusement, c'est un fait. Nos concitoyens ne se rendent pas dans les stades et ne regardent même pas le football à la télévision", a reconnu récemment le ministre des Sports et président de la Fédération russe de football, Vitali Moutko.

Une grande partie du problème vient des infrastructures. Les stades russes datent souvent de l'époque soviétique et seuls les fans les plus acharnés acceptent d'assister à des matches dans des enceintes ouvertes aux quatre vents et aux tribunes souvent non couvertes.

(...) Mais tandis que les autorités russes espèrent que la modernisation des stades aura pour effet d'augmenter l'affluence, certains supporteurs estiment que c'est d'un changement de culture dont leur sport a besoin.

"Je ne veux pas regarder des matches dans un enclos fermé, entouré d'abrutis agressifs", résume Evguéni Dimitriev, âgé de 23 ans et supporteur de longue date du Spartak Moscou. "Ils ne s'intéressent pas au match, ils n'aiment pas le football. Tout ce qu'ils veulent, c'est balancer des insultes, pousser des cris de singe vers les joueurs noirs et allumer des fumigènes", insiste-t-il, ajoutant : "Personne ne se comporte de la sorte lors des matches de hockey, de volley ou de basket. Il n'y a que les fans de football qui sont aussi intolérants."

Changer les comportements, et l'image du football à travers le pays, risque d'être une tâche difficile pour les autorités russes qui préfèrent souvent fermer les yeux sur les problèmes rencontrés dans le sport. Tout en affirmant combattre le racisme à l'approche de la Coupe du monde, les responsables russes ont ainsi minimisé plusieurs incidents racistes depuis le début de la saison.

(...) Mais c'est essentiellement sur le terrain que le football parviendra à regagner de l'intérêt aux yeux des Russes. La campagne de qualification pour l'Euro 2016, qui se déroulera en juin en France, a été laborieuse et intervenait après une Coupe du monde 2014 qui a vu la Russie être éliminée dès le premier tour.

"C'est facile de voir la relation de cause à effet : pas de résultat, pas d'intérêt, a reconnu Vitali Moutko. L'équipe a joué un football médiocre sous Capello et le niveau d'intérêt du public est descendu." (...) "Je suis sûr que nos concitoyens continueront d'aimer le football. Ils reviendront si notre équipe est performante en France", a insisté M. Moutko.
L'intégralité de l'article d'Alexandre FEDORETS/AFP

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