Mitt Romney, l’Américain qui n’aimait pas la Russie

Mitt Romney a promis, s'il était élu, de mener une politique plus rigide envers la Russie, n’hésitant pas à la qualifier d' «ennemi n°1» des Etats-Unis. Discours électoral hyperbolique ou menace réelle de glaciation entre les deux pays si Romney l’emportait ?

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Mitt Romney

La Russie désignée comme «ennemie n°1 des Etats-Unis» a d’abord fait sourire Moscou.
L’attaque, en mars dernier, faisait suite à l’écoute d’une conversation voulue confidentielle mais enregistrée à l’insu de Barack Obama et Dmitri Medvedev, autour de la question du bouclier anti-missiles.

Dimitri Medvedev qui était alors président de la Russie a rétorqué, avec un certain humour, que cela sentait "le cinéma d'Hollywood et une certaine époque", en recommandant à Romney de consulter sa montre : "on est en 2012 et non au milieu des années 1970".

Mais le candidat républicain à la présidentielle américaine n’en est pas resté là et a déclaré lors d’une convention républicaine que s’il était élu, "nous (les USA) serons plus loyaux envers nos alliés. Par contre, Vladimir Poutine verra moins de souplesse de notre part". Avant de faire savoir que ce n’était pas l'Iran ou la Corée du Nord l'ennemi géopolitique des Etats-Unis mais la Russie car elle ne «soutenait que les pires régimes du monde».

Qualifiée d’«adversaire géopolitique» qui mène une politique contraire aux intérêts des Etats-Unis, la Russie a fini par répliquer qu’elle trouvait «inadmissible » la menace du candidat républicain de durcir sa politique vis-à-vis d’elle.

Le parti de Mitt Romney avait pourtant annoncé la couleur lors de l’investiture de leur candidat, lorsqu’un de ses conseillers avait affirmé: « si Romney l'emporte, ce sera la fin du reset ».

« Il faut bien qu’il se démarque d’Obama »

L’ouverture choisie par Obama pourrait elle réellement être condamnée si le candidat républicain emporterait les élections le 6 novembre ?

Pour Pierre Mélandri, spécialiste des relations internationales et de l'histoire des États-Unis, la prise de position de Mitt Romney est avant tout électoraliste.

« Il faut bien qu’il se démarque d’Obama et finalement Romney a très peu d’angle pour attaquer son adversaire. Eventuellement, Israël, l‘Iran et la Syrie puis la Russie. Mais il a dû faire sourire beaucoup de monde avec ses propos et ne s’est pas crédibilisé.
Ce qui est sûr, c’est que Mitt Romney est très entouré de néo conservateurs qui influencent le parti, et qui restent assez méfiants à l’égard de la Russie et qui mettent en exergue le caractère non démocratique du pays
».

Des propos qui devraient être dépassionnés car selon le spécialiste des Etats-Unis , ils ne convainquent pas grand monde outre-Atlantique: « Il faut relativiser les choses, la Russie n’est absolument pas perçue par la population américaine comme une menace mais comme un partenaire difficile, qui empêche la politique américaine de se développer comme elle le souhaite. Elle sait aussi qu’il y a des tensions assez fortes à propos de la Syrie. De là, à en faire un ennemi… »

Le réalisme l’emportera

Cependant, si le candidat républicain gagne la présidence, il sera sans doute très difficile pour lui de se désavouer. Des questions se poseront alors sur le déploiement d’un système anti-missile en Europe. Source d’entente puis de divergence entre l’administration de Barack Obama et Moscou.
Sur ce point, précise Pierre Mélandri, il pourrait y avoir une source de tension puisque Romney souhaite mettre plus d’argent dans le militaire « mais rien ne peut déboucher sur une crise grave ».

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« Très souvent les déclarations de politique étrangère pendant les campagnes sont des déclarations à des fins électorales, et par la suite, le réalisme l’emporte », conclut-il.

Toutefois, il est vrai que le parti des Républicains compte de plus en plus d’isolationnistes et qu’avec un éventuel Président Romney, la relation avec la Russie ne risque pas d’être une priorité de la politique américaine.
Quoiqu’il en soit, l’élection du président américain ne se jouera pas sur la politique étrangère mais sur des sujets intérieurs comme la situation économique du pays, pour le coup, véritable ennemi des Etats-Unis.

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Portrait de Yann

Il n'aime pas grand chose ce Romney...



Portrait de Ivan le Terrible

Aprés les remarques russophobes de Sarah Palin, une nouvelle gaffe des néocons (ou cons tout court) d'Outre Atlantique. Si j'étais Américain, je voterais pour les non interventionnistes libertariens Ron Paul ou Gary Johnson, ne partageant pas l'engouement européen pour Obama (qui serait cependant un moindre mal face à un Romney).



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