Medvedev lance la «déstalinisation»

A la demande du Président Dmitri Medvedev, un projet de «déstalinisation» a été présenté la semaine dernière en Russie. A cette occasion, une enquête du centre Levada a révélé que la popularité de Staline restait encore élevée dans le pays.

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Statue de Staline renversée
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L’Institut d’enquête Levada, le plus fiable des instituts de sondages du pays, s’est intéressé à la popularité de Staline aujourd’hui en Russie. Il ressort de son sondage, publié par le journal Kommersant, que pour 45% des Russes, le Petit père des peuples a joué un rôle positif dans l’Histoire soviétique. 35% estiment au contraire qu’il a eu un impact négatif, tandis que 20% ne savent pas quoi répondre.

S’ils sont encore nombreux à admirer l’homme, ils rejettent en revanche le culte de sa personnalité puisque 48% des personnes interrogées ont une opinion positive (contre 22% d’opinions négatives) du fameux XXème congrès du PCUS, à la suite duquel commença la déstalinisation. De la même façon, 62% des sondés considèrent que la Russie s’est délivrée, ou est en train de se délivrer progressivement des conséquences du stalinisme, tandis que 12% affirment que cela ne sera jamais complètement vrai.

«La verticale du pouvoir renforce le besoin de leaders forts»

Pour Alexeï Grajdankine, directeur adjoint du centre Levada, la popularité de Staline s’explique par deux raisons majeures : premièrement, il y a encore de nombreux Russes qui ont vécu à son époque, et qui prennent un peu les critiques de leur "leader" comme une attaque personnelle. Deuxièmement, la politique de renforcement de la fameuse verticale du pouvoir, menée par les dirigeants depuis plusieurs années, fait en sorte que la population est attirée par les grandes figures que représentent Pierre le Grand ou Staline.

Célébrer la réconciliation nationale

Ce sondage a été réalisé suite au projet de déstalinisation, voulu par Dmitri Medvedev, et présenté la semaine dernière par un groupe de l’administration présidentielle en charge du développement de la société civile et des Droits de l’homme.
Les premières propositions concernent le remplacement de deux fêtes nationales. Le Jour de l’unité nationale, célébré le 4 novembre, deviendrait le Jour de la réconciliation nationale et de la mémoire des victimes de la Guerre civile. Et le Jour de la police (qui ne serait plus le Jour de la milice, le terme soviétique ayant été abandonné il y a peu), aurait lieu non plus le 10 novembre, mais le 7 juin, date à laquelle elle fut créée par Pierre le Grand en 1718.

Enterrer Lénine et ouvrir les archives secrètes

Outre ces modifications du calendrier, le projet de loi prévoit également d’enterrer le corps de Lénine, de faire de la reconnaissance des crimes du régime totalitaire une condition d’accès à la fonction publique, ou encore d’ouvrir toutes les archives restées secrètes. Il est également prévu que les compensations financières allouées aux victimes de crimes du régime totalitaire soient désormais traitées au niveau fédéral.

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Le Parti communiste fermement opposé au projet

Si la déstalinisation est approuvée par une grande majorité de la classe politique russe, elle continue de faire grincer des dents aux Parti communiste, où elle est vécue comme une provocation, destinée à «détourner l’attention de la population de la crise». C’est ce qu’a réaffirmé Guennadi Zuganov cette semaine sur le site Interfax. Le leader communiste a estimé que les dirigeants feraient mieux «d’entreprendre de réels efforts pour la modernisation du pays» plutôt que de «réécrire l’Histoire».

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