Medvedev en guerre contre la drogue en Russie

Le Président russe constate que le nombre de toxicomanes ne baisse toujours pas en Russie, malgré les nombreuses campagnes de santé publique, et propose des mesures radicales comme le dépistage systématique en milieu scolaire.

«La toxicomanie représente une menace pour la sécurité nationale», a déclaré Dmitri Medvedev en ouverture de sa réunion officielle avec le Conseil d’Etat le 18 avril dernier à Irkoutsk.
Le Président a reconnu que la situation dans ce domaine, malgré les efforts politiques de ces dernières années, n’avait pas vraiment évolué.

D’après les spécialistes, il y aurait 2,5 millions de personnes "accros" à la drogue en Russie, pays qui consomme le plus d’héroïne au monde selon l’ONU.
70% des toxicomanes auraient moins de 30 ans.

Le dépistage obligatoire chez les jeunes

Ce constat a amené le Président à proposer de nouvelles mesures. L’une d’entre elles a été particulièrement remarquée. Il s’agit de l’instauration d’un dépistage systématique des jeunes en milieu scolaire, afin de révéler le plus tôt possible la dépendance d’un jeune à la drogue.
Une pratique qui a déjà été essayée dans certaines régions, mais qui s’est heurtée à la résistance de nombreux parents, considérant que cela constitue une atteinte à la vie privée. Medvedev leur répond qu’il est temps de rendre ces tests obligatoires, et que cela permettra peut-être de sauver leurs enfants.

De la prévention à la répression

Si le chef de l’Etat a beaucoup insisté sur ces notions de prévention et de suivi, demandant notamment la mise en place «d’un système médico-social moderne de réhabilitation des personnes dépendantes à la drogue», il a aussi approuvé d’autres mesures, plus répressives, proposées par l’organe d’Etat chargé de la lutte contre la toxicomanie. Il est notamment question de fermer les bars, clubs et boites de nuit dans lesquels la présence systématique et massive de toxicomanes aurait été constatée, ou encore de mieux règlementer la vente de médicaments contenant de la codéine.

Comme dans beaucoup de domaines, Dmitri Medvedev a donc là encore affiché un certain volontarisme. Reste à savoir si cela sera suivi d’effets. A ce sujet, les avis sont partagés. Pour Roustam Minnikhanov, Président du Tatarstan où la mesure est déjà appliquée depuis quatre ans, le dépistage systématique revient à «jeter de l’argent par les fenêtres et ne conduit à aucun changement.»

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Il aurait notamment été constaté que certains élèves, sachant à l’avance quand ont lieu ces tests, les évitent soigneusement. Cela fait dire à Vassili Vlassov, docteur à l’Académie de médecine de Moscou et spécialiste du sujet, qu’un dépistage doit être volontaire s’il se veut efficace, et que "l’école ne doit pas être un lieu de violence de l’Etat sur les enfants."

Combattre la toxicomanie sans exclure les toxicomanes

Un avis totalement opposé à celui de Evguéni Roïzman, Président du fonds «Une ville sans drogue» de l’Oural. Pour lui, le dépistage est une excellente mesure prophylactique, car plus la toxicomanie est combattue tôt, plus elle a de chances d’être soignée.
Oleg Smoline, vice président du comité de la Douma à l’éducation, considère lui aussi qu’il est «indispensable de soigner les écoliers et les étudiants qui se trouvent déjà en situation de dépendance», mais met toutefois le Président en garde contre le risque d’exclusion des personnes toxicomanes.

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Portrait de Platon

2,5 millions de toxicos sur un pays de 140 millions d’habitants, cela ne fait que 1,8% de la population. En France il y en aurait près de 4% (avec 2,2 millions) ! Ca vaut le coup de relativiser…



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