Les strings de l’armée rouge ou le souvenir d’un amour russe

Jean-Pierre Fabre-Bernadac est l’auteur des Strings de l’armée rouge. Derrière ce titre attrayant se cache le témoignage d’un écrivain français, ancien gendarme, qui raconte avec humour et dérision son histoire.

Edition L'Harmattan

« Je viens de décrocher une information vitale… Une nouvelle armée rouge, une armée de choc, est prête à nous envahir pacifiquement. Leurs uniformes sont fascinants : le bleu de leurs yeux, la blondeur de leurs cheveux, la taille de leur jupe. Face à cette force implacable, la résistance ne sera qu’illusion, la collaboration totale.

En les voyant, les hommes déposeront les armes pour mieux tendre les bras. Le plus inquiétant, cette avancée programmée est appuyée par une cinquième colonne. Elles sont plusieurs dizaines de milliers déjà sur place, comme des fourmis, rouges évidemment, à être infiltrées dans nos vies et nos plaisirs. Oui leur présence n’est que l’avant-garde de millions d’autres, qui le bagage fait, le string à la main et le préservatif en poche, n’attendent que leurs visas pour enfoncer nos molles défenses.»

Aujourd’hui la Russie : Vous êtes auteur de romans policiers. Pourquoi écrire un livre sur, comme vous les appelez, « les envahisseuses » slaves?

J.P. Fabre-Bernadac : Les strings de l’Armée rouge est une autobiographie, qui en plus de raconter mon histoire, veut faire rire et montrer le vrai visage de ces femmes, au-delà des paillettes et des strass (ou strings) !

Depuis mon adolescence, j’ai toujours succombé au charme slave. Mon premier coup de foudre date de 1963, lorsque j’étais lycéen, quand une jeune femme élancée et belle, venue de Leningrad est venue remplacer mon professeur de russe, un homme barbu et ventru. Pendant trois mois, je n'ai jamais été aussi attentif aux déclinaisons du cyrillique. Depuis cette époque, Tatiana, Irina, Anka et autres femmes aux prénoms se terminant en "a" ont traversé ma vie.

ALR : Qu’est ce qui vous séduit chez ces femmes ?

J.P. Fabre-Bernadac : Comme tout homme, je me retourne sur leurs longues jambes et leurs yeux en amande, mais c’est leur non-conformisme et leur furieuse envie de vivre qui me séduisent vraiment. Ce caractère atypique, passant facilement du romantisme au rire, ou à une colère noire, m’a fait vivre des histoires d’amour inoubliables.

ALR : Le string est un élément récurrent dans votre livre. Pourquoi ?

J.P. Fabre-Bernadac : Il y a une dizaine d'années, les femmes russes privilégiaient ce type de sous-vêtement aussi bien dans au quotidien que sur la plage, ce qui m'avait surpris. La deuxième raison est qu’un livre de souvenir peut être facilement barbant si l'humour n'est pas présent. J’ai donc choisi d’agrémenter mon histoire de moments cocasses.

Je raconte notamment mes vacances au bord de la mer avec mon amie Katerina, qui fut un moment de bonheur et de torture à la fois.

« La première fois, qu’elle porta cette tenue à peine rectifiée de Vénus, je marchais collé à elle pour que les mâles en manque ne puissent voir ses Krassivaïa popa. (Belles fesses en russe)

Nous fîmes ainsi le trajet, de la chambre à la piscine de l’hôtel, soudés comme deux frères siamois sous le regard ahuri des touristes de passage. De plus au milieu de tous ces satyres contrariés par la présence de leur moitié, sa démarche s’inspirait plus des filles du Crazy Horse que des pas harassés d’un marcheur olympique. Ses épaules projetées en avant accentuaient ses sublimes courbes naturelles, cachées exclusivement par ce minuscule string… »

Image of Strings de l'Armée Rouge
Manufacturer: Editions L'Harmattan
Part Number:
Price: EUR 21,50

ALR : Le mépris des femmes françaises envers ces étrangères vous énerve. Pourquoi ?

J.-P. Fabre-Bernadac : Les femmes russes ont beaucoup souffert de la société soviétique et post-soviétique. Souvent des amies russes me disaient : « Vous les Français, vous ne savez pas ce que c'est de vivre avec 100 € par mois », « Je suis en France car je ne veux pas que mes enfants vivent au milieu des mafias et de la violence ». En Russie, la femme a la vie dure et elle est trop souvent seule à tenir la famille et à s'occuper des enfants.

Une incompréhension existe chez nous car les femmes françaises n’ont pas vécu cela. Donc, je défends les Russes car elles ont sacrifié parents et patrie pour venir dans un nouveau pays. Etrangères, elles ont parfois du mal à s’insérer dans la société occidentale, d’autant plus qu’elles se savent peu considérées par la gente féminine française.

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