Les Russes nostalgiques de l'URSS, mais pas vraiment…

25 ans après les accords de Belavezha, un sondage montre que les citoyens russes regrettent l’effondrement de l’Union soviétique, mais ne sont pas prêts à la restaurer sous sa forme de l’époque.

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photo : Ilya Smirnov / Коммеrsant

Plus de la moitié des Russes regrettent l'effondrement de l'URSS, selon l'enquête réalisée pour l'anniversaire de la signature des accords Belavezha, le 8 décembre 1991, publiée dans le journal russe Kommersant.

Cependant, seulement 12% des citoyens seraient en faveur de la restauration de l'Union soviétique dans sa forme ancienne, d’après le sondage du Centre russe Levada.

Plus de la moitié des citoyens (56%) disent regretter l'effondrement de l'Union soviétique aujourd'hui, en 2015 ils étaient 54%. Moins d'un tiers des répondants (28%) ont déclaré ne pas regretter l'effondrement de l'Union. Les autres étaient indécis.

Ce que les Russes regrettent

Plus de la moitié des Russes ont justifié leur regret de l'URSS par la destruction du système économique. Un grand nombre estime aussi qu’aujourd’hui "les gens ont perdu le sentiment d'appartenance à une grande puissance", bien que le nombre de répondants éprouvant ce sentiment ait diminué de 56% en 2014 à 43% en Novembre 2016.

En outre, près d'un tiers des répondants (31%) a évoqué parmi les conséquences de l'effondrement de l'Union soviétique, "la montée de la méfiance mutuelle, l'amertume", et la perte du sentiment que "vous êtes partout (dans le pays) à la maison" (30%).

Pourtant, la proportion de ceux qui se disent pour la restauration de l'Union soviétique est très réduite puisque seulement 12% des citoyens affirment soutenir personnellement l’idée de la restauration de "l'Union soviétique dans sa forme originale" en 2016, contre 30% en 2001.

Le directeur adjoint du Centre Levada, Alexei Grazhdankin, estime qu’ "au fil des ans, le niveau de nostalgie de l'Union soviétique dans son ensemble se réduit. Les gens sont tout à fait conscients que le monde a changé et qu’on ne peut pas retourner dans le passé", explique le sociologue.

Mais la réduction du nombre de ceux qui souhaitent rétablir l'Union soviétique n’affecte pas la rhétorique du Parti communiste, surtout à la veille de l'élection présidentielle en 2018. Pour Boris Makarenko, le directeur du Centre des "technologies politiques" à Moscou: "la rhétorique du Parti communiste est un rituel qui est animé par certains électeurs de l’ancienne génération et qui joue sur les émotions."
Le secrétaire du Comité central du Parti communiste, Sergei Obukhov, rappelle que "quand il y a eu le référendum en 1991, personne n'a insisté sur la préservation de l'Union dans sa forme de l’époque," et défend que le Parti représente "l'Union soviétique sous une forme actualisée".

Un quart des répondants appuieraient également si on leur demandait pour une "Union de plusieurs républiques, mais une Union plus étroite." 21% disent être en faveur de "la préservation de la CEI dans sa forme actuelle", et le même nombre pour "une union plus étroite de toutes les républiques sous la forme de l'ex-Union soviétique ."
13% des Russes soutiennent la forme de "l’existence indépendante de toutes les républiques."

Les raisons de la chute de l’URSS

A la question de savoir s'il était possible d'éviter l'effondrement de l'Union soviétique, 51% des répondants ont répondu positivement, comme l'an dernier. 29% ont déclaré que l'effondrement était inévitable. 20% trouvent qu'il est difficile de répondre à la question qui fait appel à des évènements du passé.

Pour 29% des personnes interrogées, la principale raison de la dissolution de l'Union soviétique est ce qu’ils appellent la "collusion Belavezha" des chefs de la république russe, ukrainienne et biélorusse, Boris Eltsine, Leonid Kravtchouk et Stanislav Chouchkevitch.
23% des répondants ont évoqué "une conspiration des forces étrangères hostiles à l’URSS", 21% ont évoqué "le mécontentement populaire face au leadership de Mikhaïl Gorbatchev", et 14% le "fardeau militaire trop lourd sur l'économie du pays".

Enfin pour 13% des répondants, la chute de l’URSS est liée aux ambitions des élites nationales et à "l’épuisement de l'idéologie communiste".

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