Les Russes, Kirill et François

A la sortie d’un office dans la capitale russe, des orthodoxes pratiquants ont commenté la rencontre entre le patriarche Kirill et le pape François à la Havane, vendredi dernier.

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Photo : M.Demidoff

Samedi dernier, à la sortie de l'office de l'église Saint-Serge et Herman de Valaam à Moscou, des Russes orthodoxes ont commenté la rencontre entre Kirill et François. Un événement historique mais qui n’a cependant pas agité outre mesure la communauté des croyants.
Tous ont néanmoins relevé le caractère positif et réunificateur de cette rencontre, même s’ils ne partagent pas le même enthousiasme vis-à-vis du Patriarche Kirill.

Un couple orthodoxe a déclaré à la sortie de l’office : "Nous sommes heureux. Nous sommes tous frères et sœurs et nous devons nous unir."

Igor, un russe pratiquant : "C'est un grand rassemblement et c'est très important. Cela fait plus de 1000 ans que nous ne nous sommes pas rencontrés. Nous n'avons pas pu nous rencontrer à cause de raisons diverses comme le communisme, et maintenant le temps est arrivé. C'est la décision de Dieu. Et Dieu a décidé de cette rencontre."

Une vieille pratiquante, elle, a clamé sa confiance dans le Patriarche de Moscou : "Kirill a pris la décision de rencontrer François, et je suis pour cette admirable décision. Je crois en son intelligence et en son ingéniosité. Je suis ravie et tout ce que fait le Patriarche est toujours bon."

Une autre femme russe affirme que le patriarche et le pape "étaient prêts pour cette rencontre depuis déjà 20 bonnes années. Nous avons des divergences sur la religion parce que, selon moi, nous avons des politiques différentes. Mais la croyance ne fait qu'un. Nous avons un Dieu pour tous et je pense que cette rencontre sera très productive et bénéfique. C'est bien, nous avons fait un pas l'un envers l'autre."

D’autres se sentent moins concernés. C’est le cas de Natalia : "Je ne pense pas grand-chose de cette rencontre, je n'y ai pas songé une seule seconde. Il n’y a rien d'incroyable dans cette rencontre pour moi car nous vivons dans un monde où il y a de nombreuses croyances différentes, François et notre Patriarche doivent donc résoudre des questions générales, comme la souffrance des chrétiens dans le monde. Quoiqu’il en soit, ils ont pris la bonne décision."

Un pope qui officie dans un quartier au sud de Moscou, interviewé avant la rencontre entre les deux leaders religieux, a quant à lui montré une certaine retenue sur cet évènement :

"Je ne sais pas encore quoi penser de cette rencontre, et tout dépendra du thème et de la tournure qu’elle prendra. Mais je suis entièrement pour. Certaines personnes en sont heureuses, d'autres voient à travers cette rencontre juste une raison politique. Dans le futur, je pourrai me prononcer. Il serait aussi intéressant de savoir pourquoi notre ancien patriarche, Alexis II de Moscou (mort le 5 décembre 2008, ndlr) ne c’était jamais entretenu avec le Pape avant. Il y avait beaucoup de questions non résolues auparavant. C'est donc bien que nous ayons fait ce pas."

Le 12 février dernier, dans leur déclaration commune suite à leur rencontre, le pape François et le patriarche Kirill ont déclaré la "joie" de se retrouver, et appellent la communauté internationale "à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. […] à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile."

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