Le XIIIe Festival Tchekhov bat son plein à Moscou

La capitale russe acueille les troupes de quatres côtés du monde pour une biennale théâtrale qui a débuté le 24 mai et se tiendra jusqu'au 20 juillet avec la participation de six troupes françaises.

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James Tiercée, un habitué du Festival. Photo Valérie Doucet

Le Festival Tchekov se réalise avec le soutien des gouvernements de la Russie et de Moscou et grâce aux ambassades des pays des artistes participant. Cette 13ème édition est jubilaire car, fondé en 1991, l’évènement théâtral fête cette année son 25e anniversaire.

"Cette année comme toujours nous suivons notre principe initial : le festival accueille des créations de réalisateurs réputés dans le monde et auprès du public russe, ainsi que des débutants peu connus en Russie mais déjà célèbres à l’étranger", explique Valery Chadrin, le directeur du festival Tchekhov.

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Affiche Festival Thekhov
2017

Le programme comprend 22 spectacles présentés par les compagnies de 15 pays dont l’Allemagne, l’Argentine, le Brézil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, la Cube, l’Estonie, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, le Kirghizistan, les Pays-Bas, la Russie, la France et la Taïwan.

Le spectacle d’ouverture est la Flûte enchantée de Mozart intérpretée par le Komische Oper Berlin. Le réalisateur Barrie Kosky placera les chanteurs dans l’espace d’un film d’animation en créant un monde tissé d’éléments surnaturels – un début bien approprié pour cette féerie théâtrale, davantage portée vers l’imaginaire qu’avant.

La Flûte enchantée

Les rêves français

Cette fois, la France est fortement présente au festival, avec un programme plutôt fantastique : Denis Podalides et la Comédie Française explorent "Le gouffre d’ombre" de la nature humaine dans Lucrece borgia de Victor Hugo ; Emmanuel Demarcy-Mota et le Théâtre de la Ville jouent Six personnages en quête d'auteur de Pirandello, un spectacle toujours sur scène depuis 2001 ; l’univers du Mahabharata est présent dans la pièce de Jean-Claude Carrière, Champ de bataille incarné par l’équipe du Théâtre des Bouffes du Nord sous la direction de Peter Brook ; James Thierrée dans une conte fantasmagorique insiste que "La grenouille avait raison" ; Philippe Genty extériorise "Les paysages intérieurs" pour raconter les rêves des univers parallèles.

Les paysages intérieurs

Dans la liste des spectacles russes : l’Amphitryon que Christophe Roque, réalisateur français, a mis en scène avec l’équipe du théâtre moscovite Fomenko.

L’échange culturel est reciproque et très fort pour tous les artistes du festival Tchekhov, remarque Tatiana Samoylova, la directrice d’art-holding "Engagement" à Ekaterinbourg, qui organise des tournées de troupes étrangères dans sa ville.

"Je suis sûre que James Thierrée a trouvé une certaine inspiration chez nous, à Ekaterinbourg, dit elle. Dans « La grenouille avait raison », on voit des repercussions de notre ville qu’il a visitée il y a deux ans. M. Thierrée et son équipe ont fait tous les petits magasins en examinant un tas de petits objets et en inventant des décors imaginaires. De plus, dans ce spectacle, les personnages portent des noms qui riment avec ceux de la famille tsariste russe dont on lui a raconté l’histoire au cours de sa visite."

Language asiatique

Les représentants du théâtre de l’Asie cherchent à transmettre toute la diversité et l’expression de leurs caractères nationaux. En guise de langue universelle, ils proposent le rythme et la musique – ce qu’on peut voir dans Mulan de Ju Percussion Group (Taïwan) et dans Darkness PoomBa du Kim Jae Duk Project (Corée du Sud).

Mulan

Le côté asiatique de la Russie se ressent aussi dans ces créations. Le réalisateur russe Vladimir Pankov et le Théâtre Tchinguiz Aïtmatov présentent le "sound-drame Démon" en deux langues, russes et kirghize, où la littérature russe se mêle avec les chants traditionnels de la Kirghizie.

La poésie d’outre-mer

Le théâtre du Nouveau Monde se penche sur les questions posées par la littérature classique russe ainsi que sur l’histoire et les traditions des peuples du Nouveau Monde.

Il y a, entre autres, un Tchekhov mis en scène par Tina Kronis avec le Theatre Movement Bazaar (Etats-Unis) et la crise d'octobre de 1970 vu par les yeux enfantins dans le 887 de Robert Lepage et sa compagnie Ex Machina (Cananda).

La poésie et les danses nationales apparaissent dans les créations du Tango metropolis dance company (Argentine) qui interprète les œuvres de Federico Lorca ainsi que dans les quatre ballets du théâtre Acosta Danza (Cuba) dont l’un se base sur les oeuvres de Joaquín Sabina, musicien rock contemporain.

Les ballets d’Acosta Danza

Programme complet sur le site web officiel du festival Tchékhov : https://www.chekhovfest.ru/en/

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