Le russe Dmitri Tcherniakov revisite "Casse-Noisette" à l'Opéra de Paris

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L'Opéra de Paris présente jusqu'au 1er avril un "Casse-Noisette" revisité de fond en comble par le trublion russe de la mise en scène Dmitri Tcherniakov, qui en propose une lecture passionnante.
Le pari est redoutable: marier en une seule soirée le court opéra "Iolanta" et le ballet "Casse-Noisette", comme l'avait fait Tchaïkovski à la demande des Théâtres impériaux de Russie en 1892.

Le diptyque originel n'a jamais été repris depuis. Et pour cause: quoi de commun entre le naïf opéra "Iolanta", histoire édifiante d'une jeune fille aveugle qui recouvre la vue grâce à l'amour, et "Casse-Noisette", grand classique des fêtes de Noël, écrit par Alexandre Dumas à partir d'un conte d'Hoffmann?
La musique, bien sûr. C'est en s'appuyant sur la partition ébouriffante de Tchaïkovski (dirigée par le chef Alain Altinoglu) que Tcherniakov a réécrit entièrement le "Casse-Noisette" que nous connaissons dans la version féérique chorégraphiée par Marius Petipa.

"Cette musique vit en moi depuis 40 ans au moins. Je n'ai plus besoin de l'écouter, je la connais par coeur, c'est une partie constituante de ma vie", a confié le metteur en scène russe à l'AFP.

"Je me suis toujours dit que cette musique est beaucoup plus grandiose et tragique que le scénario du ballet de Petipa. Derrière la façade de la commande, j'ai toujours senti que quelque chose d'immense perce, du niveau de ses meilleures symphonies."

Dmitri Tcherniakov a donc choisi de mettre de côté le livret initial pour exalter la musique, s'appuyant sur une scénographie puissante servie par la vidéo. Le ballet de Noël vire au conte fantastique, avec la traversée initiatique d'épreuves terrifiantes par une toute jeune fille, Marie.
La Marie de "Casse-Noisette" prend directement le relais de "Iolanta" (interprétée par la soprano bulgare Sonya Yoncheva), sans entracte. Le décor de l'opéra, un intérieur bourgeois avec son sapin de Noël, rétrécit pour devenir un "théâtre dans le théâtre", donné à la fête d'anniversaire de Marie. "L'histoire de Marie commence à un tout autre niveau, un niveau d'incandescence", explique Tcherniakov.
L'intégralité de l'article AFP sur le site du Point

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