Le mythique lanceur russe Soyouz s’implante en Guyane

Depuis 2001, un partenariat de grande envergure associe la Russie et sept pays européens pour l’implantation du lanceur Soyouz au centre spatial guyanais. Le premier lancement est prévu en avril 2011.

Décollage du lanceur Soyouz depuis le Centre spatial guyanais.

Pour la première fois dans l’histoire, Soyouz partira d’un port spatial autre que Plessetsk (région russe d'Arkhangelsk) ou Baïkonour (Kazakhstan). Le premier lancement au départ de Sinnamary, en Guyane, est annoncé pour avril 2011. Une première dont la date a été reportée à plusieurs reprises depuis 2006.

La fusée Soyouz est un lanceur qui permet de propulser les satellites jusqu’à la fin de l’atmosphère où ils suivront leur propre trajectoire en dehors de l’attraction terrestre.

La France est l’initiatrice du projet «Soyouz en Guyane» à travers le CNES (Centre National des Etudes Spatiales), dont le programme consiste à construire un nouveau port de tir pour Soyouz au centre spatial guyanais.

Un projet motivé par plusieurs raisons : «Envoyer des lanceurs russes Soyouz depuis la Guyane, à l’aide d’un nouvel ensemble de lancement, représente une collaboration stratégique, technique et économique qui devrait assurer à la France une offre complète en matière d’accès à l’espace. Par ailleurs, Soyouz complétera la gamme des lanceurs proposée par Arianespace (aux côtés du lanceur Ariane 5 développé par les Européens). Ensuite, il s’agit de développer la coopération spatiale avec la Russie. Ce programme s’inscrit dans une collaboration à long terme qui permettra à l’Europe de conserver un accès à l’espace en toute indépendance», explique Jean-Marc Astorg, chef du projet «Soyouz en Guyane» au CNES.

« L’âme de Gagarine plane sur la Guyane »

Pour Arianespace, posséder un Soyouz dans sa gamme de lanceur est un véritable symbole. Fleuron de l’aérospatiale russe, il s’impose comme la valeur sûre sur le marché des lanceurs commerciaux.
«C’est un excellent lanceur, très vieux, le plus vieux au monde même. Il a été modernisé très prudemment, étape par étape, notamment ses moteurs et son système électrique. Sa fiabilité en a été augmentée », révèle Jean-Marc Astorg et de rappeler enthousiaste que la Guyane accueillera «cette fameuse fusée qui a lancé Spoutnik, envoyé Gagarine dans l’espace et qui lance régulièrement des cosmonautes russes».

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Une entente cordiale dans la répartition des tâches

Le projet associe la Russie à sept autres pays : la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, la France, l’Italie et la Suisse. La France détient à elle seule 67% du programme européen. Le CNES est maître d'œuvre, l'ESA (European Spatial Agency) en est le maître d’ouvrage et Arianespace l'opérateur qui louera le Soyouz.

Des industriels européens ont édifié des bâtiments un peu partout en Russie pour abriter la construction de la fusée (elle-même réalisée à Samara) et les différents systèmes qui la lanceront, comme les bras métalliques qui la supportent à mi-hauteur avant le décollage. Les différentes constructions ont été assemblées en Guyane, à Sinnamary, sur le lieu du port de tir.

Le contexte intergouvernemental entre les différents partenaires est serein sans être pour autant dépolitisé étant donné les enjeux commerciaux, industriels et techniques. «Le but étant toujours de lancer des satellites et de faire du business », rappelle le chef de projet.

Cependant, les relations entre les ingénieurs français et russes qui travaillent sur ce projet sont amicales : «Nous avons des cultures distinctes et une façon également différentes d’aborder le travail mais sur ce projet, tous les hommes sont de très bons spécialistes donc nous avançons très bien. Il y a un grand enthousiasme de la part de chacun et un patriotisme évident de la part des Russes. L’aérospatial russe n’est pas un mythe, c’est une réalité. Ils sont donc fiers de valoriser leurs investissements depuis 40 ans».

A moins que le lancement ne soit à nouveau reporté pour des raisons techniques, tous les chefs d’Etats européens et le président russe seront au rendez-vous au printemps, en Guyane, pour assister au décollage de la fusée.

Retrouver ce projet sur le site de Soyouz en Guyane

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