Le consommateur russe, entre l’Américain et le Chinois

Le consommateur russe vu par notre partenaire le Fil Franco-Russe.

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Le Goum à Moscou, haut lieu de consommation des Russes, décoré pour Noël - Photo Anna Demidoff/Russie Info

Le consommateur russe ? Il a un salaire de 1000 dollars et il possède un smartphone qui coûte 1000 dollars exactement, sa consommation est démonstrative. C’est l’avis de Michael Tuch, président de la compagnie russe Sviaznoy qui opère le réseau éponyme de plus de 3 000 magasins de téléphonie mobile et d’électronique grand public.

Chez Sviaznoy depuis huit ans, ce dirigeant originaire des Etats-Unis était auparavant directeur financier chez General Electric dans plusieurs pays. Il poursuit la comparaison :

"Regardez dans les restaurants à Moscou, les smartphones sont posés sur la table. A Londres ou à New York, ils resteront dans la poche. Les habitudes de consommation des Russes les rendent plus proche des Chinois que des Américains. Mais en même temps, nous vendons beaucoup de produits sur le segment économique. Pour les smartphones c’est 53% de nos ventes en volume, et nos enquêtes disent que pour 70% des consommateurs le prix a une grande importance. C’est une approche très américaine…"

Pragmatisme russe

Chez le consommateur russe, il y a un mélange de ce pragmatisme "peu importe le produit pourvu qu’il marche" et du préjugé datant de l’époque soviétique, "ce qui n’est pas cher ne peut pas être bon".

Entre les deux, il y a encore la notion du statut social. On dit que les femmes aiment choisir quand elles font les courses tandis que les hommes ont tendance à remplir rapidement le caddie pour se débarrasser de la corvée. Les consommateurs russes ont un comportement plutôt féminin face à l’achat.

Un consommateur lambda visite en moyenne trois magasins avant d’acheter un produit électronique. Ils adorent les nouveautés, ils achètent les produits les plus sophistiqués mais ne sont pas pressés d’utiliser leurs nouvelles fonctionnalités. Et les consommateurs russes ne font pas confiance aux vendeurs pour les conseiller. Michael Tuch explique que le métier de vendeur est sous-estimé en Russie, "dans l’esprit populaire il est réservé à ceux qui démarrent, à ceux ne savent absolument rien faire".

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