Le bureau d’Amnesty International à Moscou fermé

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Mercredi 2 novembre, l'ONG a eu la "mauvaise surprise" de voir ses bureau fermés, "un scellé sur la porte, portant le cachet de la ville de Moscou", indique le journal Le Monde.

"Toutes nos affaires, nos ordinateurs et nos documents sont là, derrière les portes fermées", a déclaré sur Facebook Ivan Kondratenko, un employé d'Amnesty International en Russie.

Sergueï Nikitine, le directeur d’Amnesty Russie, est perplexe : "Personne ne nous a prévenus de quoi que ce soit. Nous avons toujours payé le loyer régulièrement". "Est-ce un signal ? Un avertissement ?"

La fermeture du bureau d’Amnesty à Moscou intervient au lendemain d’une critique vigoureuse de son responsable, M. Nikitine, après l’émoi suscité par le sort d’Idlar Dadine. Condamné à deux ans et demi de prison, et expédié en septembre dans le camp pénitentiaire n°7, à Segueja, en Carélie (nord-ouest de la Russie), cet homme de 34 ans a dénoncé la torture qu’il y subit dans une lettre adressée à sa femme par l’intermédiaire de son avocat, et rendue publique sur le site Internet Meduza.

Au nom d’Amnesty International, M. Nikitine avait l’un des premiers à réagir, en réclamant la libération immédiate du prisonnier. "Les déclarations d’Idlar Dadine concernant les passages à tabac, les humiliations et les menaces de viol sont choquantes, mais malheureusement, elles ne sont que les dernières d’une série de rapports crédibles indiquant que la torture et d’autres mauvais traitements sont largement utilisés, en toute impunité, dans le système pénal russe afin de réduire au silence toute forme de dissidence", s’était-il indigné.

"Coïncidence ou pas, le lendemain, les portes de l’ONG étaient fermées", rappelle Le Monde.

Les ONG de Russie sont soumises à un contrôle de plus en plus strict des autorités. Depuis 2012, une loi oblige les ONG recevant un financement de l'étranger et ayant une "activité politique", à s'enregistrer en tant qu'"agents de l'étranger".

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