La Russie sur les podiums des Jeux d’Hiver

Eric Monnin reconstitue le classement de l’URSS puis de la Russie dans les Jeux Olympiques d’Hiver. Des premiers Jeux de 1956 à ceux de Vancouver en 2010.

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Médaille d'Or à Albertville en 1992 pour le couple de patineurs artistiques Marina Klimova & Sergei Ponomarenko

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Eric
Monnin

Eric Monnin est champion de France scolaire de judo et ancien membre de l'équipe de France.

Il a reçu la médaille Pierre de Coubertin des mains du Président du CIO, Jacques ROGGE, le 6 août 2013 à Lausanne.


Maître de conférences à l'Université de Franche-Comté, docteur en sociologie et agrégé d'éducation physique et sportive, Eric Monnin est également l’auteur du livre De Chamonix à Sotchi publié en 2013 aux éditions Désiris.

Les premiers Jeux

Aux Jeux Olympiques de Cortina d’Ampezzo, en 1956, Brundage remplace Esdtröm à la présidence du CIO. Ces Jeux sont marqués par la présence de trois nouveaux pays : l’Iran, la Bolivie, mais surtout l’Union Soviétique, avec ses cinquante-sept athlètes, dont sept femmes.

Dès sa première participation, l’URSS se classe première au classement des médailles.

Les Soviétiques frappent très fort dès le début et totalisent seize médailles dont sept titres, en étant présents dans trois sports seulement : le ski, le hockey et le patinage de vitesse. Le patinage artistique ne semble pas les intéresser mais, aux Jeux suivants, ce désintérêt s’atténuera avec l’engagement de quatre patineurs.

Le triomphe soviétique

La grande domination soviétique est surtout sensible dans le patinage de vitesse : sur quatre titres possibles, les Soviétiques, emmenés par Evgeny Grismin, Yuri Mikhailov, Boris Shilkov et Oleg Gontscharenko, remportent trois médailles. Avant d’aller à Cortina-d’Ampezzo, l’équipe n’avait rien négligé et avait suivi un entraînement très poussé dans le Kazakstan, sur un lac identique et à la même altitude que celui de Misurina.
L’équipe pour l’épreuve de ski nordique est aussi une des meilleures du monde avec Pavel Koltschin et l’équipe du relais Terentiev, Koltschin, Anikin et Kusin. Les Soviétiques sont présents dans presque toutes les épreuves mais ils doivent composer avec les Scandinaves qui totaliseront six titres sur huit.

Chez les dames, c’est un véritable succès. Elles réalisent le doublé au 10 km avec Ljubov Kosyreva, première, et Radja Jerochina, seconde. La médaille d’argent leur revient également pour le relais 3 x 5 km avec Kosyreva, Jerochina et Koltschina. Pour les épreuves de ski alpin, une grande surprise est au rendez-vous : Eugenia Sidorova réussit la performance de se classer troisième derrière la Suissesse Renée Colliard, première, et l’Autrichienne Regina Schopf, seconde. Il faudra attendre les Jeux de Lillehammer en 1994, pour qu’une nouvelle médaille soit décernée à un Russe.

Le triomphe soviétique est complet avec la médaille d’or par équipe au hockey sur glace qui échappe au Canada, victorieux à cinq reprises du tournoi olympique. Au classement officieux des nations, l’URSS trône à la première place avec seize médailles, dont sept d’or, trois d’argent et six de bronze, suivie de l’Autriche (onze médailles) et de la Finlande (sept médailles).

Avec l’arrivée de l’URSS, tout le « paysage » des Jeux d’hiver est donc modifié. Les deux nations victorieuses à Oslo, quatre ans auparavant, la Norvège (seize médailles) et les États-Unis (onze médailles), se retrouvent respectivement septième (avec quatre médailles) et sixième (avec deux titres).

Elle conservera ce classement jusqu’en 1988 à l’exception de deux Jeux : ceux de 1968 à Grenoble, se sont les Norvégiens qui s’imposent et l’Allemagne de l’Est en 1984. « On constate que l'URSS a développé une stratégie efficace, laquelle consiste à ne négliger aucun sport, tout en ciblant certains sports relativement délaissés par les Américains. […] par ailleurs, l’URSS accorde une place importante au sport féminin, lui aussi délaissé en Occident », indique Pierre Lagrue, historien du sport.

L’URSS totalise entre 1952 et 1988, plus de 193 médailles olympiques dont 78 titres olympiques.

De nombreux athlètes russes ont marqué les JO d’hiver rappelle l'historien, telles que «les skieuses de fond Raïssa Smetanina (neuf médailles, dont trois en or) et Galina Kulakova (huit médailles, dont quatre en or), les patineurs de vitesse Evgueni Grichine (cinq médailles, dont quatre en or) et Lydia Skoblikova (six médailles d'or) figurent parmi les gloires soviétiques des Jeux d'hiver. En outre, l'école soviétique de patinage artistique fait preuve de sa qualité (vingt-quatre médailles, dont dix en or), avec comme figures emblématiques Irina Rodnina (trois médailles d'or avec deux partenaires différents) ou le couple Ludmila Beloussova-Oleg Protopopov

La Russie à Albertville

En 1992, les Républiques de l’ex-Union soviétique, suite de la disparition de l’URSS, concourent aux JO sous l’entité Communauté des États indépendants (CEI). Cette équipe unifiée obtient aux JO d’Albertville neuf titres pour un total de vingt-trois médailles .

En 1994, aux JO de Lillehammer, la Fédération de Russie occupe la tête du classement des nations présentes grâce à ses onze titres olympiques obtenus au biathlon, au patinage de vitesse et artistique et, enfin, au ski de fond. La grande surprise de la délégation russe est sa quatrième place en hockey sur glace.

Aux JO suivants, la Fédération de Russie n’est plus assez compétitive pour concurrencer l’Allemagne, les États-Unis ou le Canada. En 2010, elle termine à la onzième place du classement officieux des médailles.

Ont déjà été publiés:

Le mouvement olympique et la Russie tsariste (1892-1917)

L’URSS dans l’olympisme - 1ère partie (1920-1937)

L’URSS dans l’olympisme - 2nde partie (1946 – 1991)

A suivre: JO 2014 de Sotchi, c'est parti !

Notre chroniqueur était hier l’invité d’André Manoukian à France Inter dans l’émission On va tous y passer : ICI

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