La Russie meurtrie par le crash le plus grave de son histoire

Journée de deuil national dimanche en Russie, après le choc du crash de l’airbus A321. Le pays est douloureusement frappé par cet accident dont les causes ne sont pas encore tout à fait définies.

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Photo : Анатолий Медведь/РГ

Le vol 9268 à destination de Saint-Pétersbourg, parti de Charm El-Cheikh, une des destinations touristiques les plus populaires en Russie, comptait 224 occupants, sept membres d’équipage et 217 passagers dont 17 enfants.
L’ambassade de Russie en Egypte a confirmé qu’aucun n’a survécu au crash, samedi 31 octobre dans le Sinaï, en Egypte. La plupart des victimes russes étaient originaires de Saint-Pétersbourg.

Dimanche était une journée de deuil national dans le pays, décrétée par Vladimir Poutine qui n'est pas apparu publiquement depuis la catastrophe. Un mémorial a été improvisé à l'aéroport de Saint-Pétersbourg où devait atterrir l'avion, et où se rendent de nombreux Russes en pleurs. Une aide psychologique a été mise en place pour les familles de victimes.
Le journal russe Rossiïskaïa Gazeta annonce déjà que les familles des passagers d’airbus A321 recevront une couverture d'au moins 2 millions de roubles.

Les causes encore inconnues

"La seule cause possible" du crash de l’Airbus 321 "est une action extérieure", a annoncé lundi 2 novembre un responsable de la compagnie aérienne russe Metrojet, Alexandre Smirnov.

"Nous excluons une défaillance technique ou une erreur de pilotage", a-t-il ajouté, affirmant que "l’avion était en excellent état technique".

"Tout porte à croire que dès le début de la catastrophe, l’équipage a perdu le contrôle total" de l’appareil, a ajouté Alexandre Smirnov, ajoutant que les pilotes n’avaient pas "essayé d’entrer en contact radio" avec les contrôleurs aériens au sol.

"L’avion était incontrôlable, il ne volait pas mais tombait, et le passage d’une situation de vol à une situation de chute s’explique apparemment par le fait que l’avion a subi un dégât conséquent de sa structure."

Avant même l’analyse des boîtes noires, la compagnie aérienne russe optait pour la piste d’un attentat terroriste.

L'avion charter russe s'est disloqué en l'air avant de toucher le sol, a indiqué également dimanche le chef des experts aéronautiques russes. "La dislocation a eu lieu dans les airs et les fragments se sont éparpillés sur une grande surface d'environ 20 kilomètres carrés", a déclaré Viktor Sorotchenko, directeur du Comité intergouvernemental d'aviation (MAK), cité par les agences russes, précisant qu'il était "trop tôt pour tirer de quelconques conclusions".

L’enquête se poursuit.

La compagnie avait déjà connu deux incidents

L'appareil volait depuis 1997 pour la compagnie libanaise MEA, selon le site spécialisé airfleets.fr, et était exploité par Kogalymavia, aussi connue sous le nom de Metrojet, depuis 2012. Créée en 1993 sous le nom Kolavia, la compagnie est classée 19ème en Russie par le nombre de passagers transportés selon les statistiques des autorités locales.

Selon le journal Kommersant, les bureaux de contrôle russes, Rostransnadzor, ont commencé l’examen de Kogalymavia et des appareils A321. Le journal indique que la compagnie Kogalymavia a l'intention de procéder à des contrôles «par étapes» et hier encore, elle continuait à effectuer des vols de Moscou vers la Turquie et l’Égypte.

L’airbus est probablement tombé en vrille selon le membre du conseil de la Flight Safety Foundation, Valery Shelkovnikov qui a également rappelé que cette année la compagnie avait déjà connu deux incidents liés à des pannes.

La piste islamiste peu convaincante pour la Russie

Le groupe Etat islamique en Egypte affirme sur Twitter avoir abattu l'avion russe. "Les soldats du Califat ont réussi à faire tomber un avion russe dans la province du Sinaï transportant plus de 220 croisés qui ont tous été tués", a indiqué le groupe extrémiste dans un communiqué, indiquant avoir agi en représailles à l'intervention russe en Syrie.

Le ministre des transports russe, Maxime Sokolov, a déclaré que cette revendication "ne peut être considérée comme exacte". Par ailleurs, la Russie et l’Égypte ont démenti la version d’une attaque terroriste, indique le journal russe RBK Daily.

Cependant, avant l'analyse des "boîtes noires", les Russes n'excluent pas totalement l'hypothèse qu'une bombe ait pu exploser à bord ou que l'avion ait pu être touché par un missile tiré depuis le sol alors qu'il était descendu plus bas que son altitude de croisière pour une raison technique ou autre.

Mais bien que le nord du Sinaï soit un bastion de la branche égyptienne de l'organisation terroriste, qui a commis de nombreux attentats visant les forces de sécurité, la haute altitude à laquelle le contact a été perdu avec l'avion rend toutefois peu probable l'hypothèse selon laquelle il ait pu être touché par une roquette ou un missile, ont indiqué les experts.

La compagnie Air France, imitée par Lufthansa, a décidé de ne plus survoler la zone du Sinaï "jusqu'à nouvel ordre à titre de précaution".

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