La Russie et l’émigration vers le terrorisme

La Russie est préoccupée par ses citoyens combattant au côté de Daesh. Leur nombre a été multiplié par trois depuis l’été 2014.

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Capture d’écran photo Soufan Group

Depuis le début de la campagne militaire contre Daesh en Syrie et en Irak, le nombre d’étrangers qui se battent dans les rangs terroristes est de 31 000 selon les experts. Parmi les pays "fournissant" le plus de combattants à Daesh, la Russie occupe la troisième place avec 2 400 citoyens russes, soit trois fois plus qu’à l’été 2014.

Les analystes de la société de sécurité américaine Soufan Group ont publié un rapport sur les flux des combattants étrangers en Syrie et en Irak. Il indique qu’actuellement dans ces deux pays, sous la bannière noire de Abou Bakr al-Baghdadi, combattent entre 27 000 et 31 000 hommes, des étrangers venus de 86 pays différents.

Les chiffres proviennent des données de l'Organisation des Nations Unies, des rapports provenant de sources gouvernementales, et des évaluations académiques. Bien entendu, de nombreux gouvernements ne diffusent pas leurs estimations officielles du nombre de leurs citoyens qui sont allés en Syrie ou en Irak, et ceux qui le font, que ce soit officiellement ou officieusement, ne révèlent pas leur méthodologie et peuvent ne pas être précis.

Dans les rangs des islamistes

Selon les chiffres du rapport, le nombre d'arrivées en provenance d'Europe de l'Ouest a doublé, et celui des immigrants de Russie et d'Asie centrale dans l'armée de Daesh est trois fois plus élevé qu’il y a un an. Quant aux "djihadistes" d'Amérique du Nord, leur nombre est resté à peu près le même qu’en 2014.

Le document indique que le pays ayant le plus grand nombre de combattants extrémistes est la Tunisie, avec environ 6 000 personnes qui se battent en Syrie et en Irak. En second, l’Arabie Saoudite avec 2 500 combattants, puis en troisième place, la Russie (2 400). Ensuite viennent la Turquie (2 100) et la Jordanie (2 000).

Dans les rangs des islamistes, environ 5 000 Européens de l'Ouest. Parmi eux, près de 4 000 viennent essentiellement de quatre pays: la France (1 800), le Royaume-Uni (760), l'Allemagne (760) et la Belgique (470).

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©
Soufan Group

Les Russes, en troisième place

Selon les experts de Soufan Group, les Russes et les citoyens des anciennes républiques soviétiques (CEI) représentent un total d’environ 4 700 personnes. Un chiffre moindre que les évaluations annoncées par Vladimir Poutine en octobre dernier qui estimait leur nombre entre 5 000 et 7 000. La Russie se retrouve donc être au troisième rang des pays "fournisseur" de combattants.

"La plupart des combattants viennent du Nord-Caucase, de la Tchétchénie et du Daghestan. Un plus petit nombre, mais significatif, vient d’Azerbaïdjan et de Géorgie," indiquent les analystes.

Selon eux, il est trop tôt pour juger si l'implication directe de la Russie dans la guerre en Syrie, et l'engagement croissant de certains pays européens dans les frappes contre Daesh, peuvent affecter le flux de recrues en Syrie. Car par comparaison, même après une année d'intensité croissante dans la campagne lancée contre Daesh par les Etats-Unis, le nombre de recrues issues d'Amérique du Nord reste relativement similaire.

Les experts suggèrent ainsi que la motivation des étrangers, toutes nationalités confondues, à se joindre à des groupes extrémistes violents en Syrie et en Irak reste plus personnelle que politique. Une recherche d'appartenance, un but, l'aventure et l'amitié, semblent rester les principales raisons pour ceux qui rejoignent l'État islamique. Et comme en Occident, les recruteurs islamistes agissent le plus souvent lors de contact personnel.

Le Caucase Nord, une poudrière

Le Caucase du Nord a une longue histoire avec l'extrémisme islamiste, et l'augmentation du nombre de combattants issus de cette région n’est pas surprenant pour les analystes. Les griefs locaux ont longtemps été la cause de radicalisation dans le Caucase, mais l’appareil de sécurité centralisé et fort émanant du gouvernement russe a limité la portée des opérations, aussi Daesh offre une alternative intéressante, explique les analystes.

Les pays d'Asie centrale ont également vu une augmentation significative du nombre de leurs citoyens devenir des combattants étrangers. Le rapport indique un total combiné d'environ 2 000 combattants depuis le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan.

En Août 2015, le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, qui a opéré en Afghanistan et au Pakistan depuis le début des années 2000, est devenu une partie de l'Etat islamique.

L’intégralité du rapport est en lecture (EN) ICI

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