La prison à vie pour Khodorkovski ?

De nouveaux indices indiquent que l’oligarque russe pourrait encourir de nouvelles charges criminelles avant de retrouver la liberté. (Article publié une semaine avant la demande de grâce et la libération de Khodorkovski/ndlr)

Mikhaïl Khodorkovski, 1er avril 2001, Centre de presse de Mikhaïl Khodorkovski
Mikhaïl Khodorkovski, 1er avril 2001, Centre de presse de Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev, CC 3.0.

Vendredi 6 décembre 2013, le vice-procureur général Alexandre Zviagintsev a déclaré à l'agence Interfax que ses services enquêtaient sur plusieurs charges à l'encontre de Khodorkovski. Une source interne au bureau du procureur général a indiqué que la nouvelle enquête contre l'ex-magnat du pétrole concernait le blanchissement prétendu de plus de dix milliards de dollars, avec la tentative d'user de ces sommes “pour altérer la légalité russe.”

Vladimir Markine, le porte-parole du Comité d'enquête de Russie a refusé de commenter la révélation de Zviagintsev. Mais si Mikhaïl Khodorkovski retourne devant la justice pour des accusations de blanchissement, alors ce sera son troisième procès consécutif. Arrêté en octobre 2003, il a déjà séjourné plus de dix ans en prison, condamné pour escroquerie et fraude fiscale en 2005 et détournement de fonds en 2011. Normalement, Mikhaïl Khodorkovski devrait sortir de prison l'année prochaine.

Réactions

Bien que la nouvelle d'un possible troisième dossier Khodorkovski soit encore toute fraîche, de nombreux journalistes libéraux russes de premier plan disent déjà leur colère sur Facebook et Twitter.

Le journaliste Iouri Saprykine s'étrangle sur Facebook : « La troisième affaire. Il ne reste même plus de mots. »

Un autre journaliste, Anton Krassovski, ironise : « Dieu aime la trinité. »
Dans un autre billet sur Facebook, le journaliste Dmitri Bavyrine avait minimisé avec pessimisme le choc de l'annonce de Zviagintsev : « De quoi, Khodorkovski ne sera pas relâché vivant, excusez-moi, mais on le sait depuis longtemps. »

Le politologue Fiodor Kracheninnkov fait écho à ce sentiment sur Twitter : «Khodorkovski ne retrouvera la liberté qu'après la fin de Poutine. Croire autre chose est illusion et naïveté. Aussi triste que ça soit. »

Cependant, d'autres restent optimistes. Par exemple, sur Twitter, Stanislav Yakovlev (alias Ortega, alias Kreutzwald) dit être convaincu que les procureurs n'auront pas le temps d'assembler un nouveau dossier contre Khodorkovski et son associé Platon Lebedev avant l'échéance de leur peine en cours : « Pour moi, d'ici à ce que l'affaire soit mise en branle, Khodorkovski et Lebedev auront retrouvé leur liberté. »

De son côté, la source Interfax du procureur général indique que la formalisation des charges contre Khodorkovski (comme témoin ou suspect) n'est qu'une “question de temps.” Pourtant, si une procédure est réellement imminente, les journalistes et blogueurs s'étonnent que Vladimir Markine, le représentant du Comité d'enquête, soit si réticent à s'exprimer sur le sujet.
Lors des précédentes arrestations d’opposants politiques du Kremlin, comme celle d’Alexeï Navalny, il avait été beaucoup plus prolixe avec la presse. Cette retenue est-elle le signe que l'enquête n'en est qu'à ses prémices ou au contraire, que le procureur général a désormais les coudées franches ?

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