La mystérieuse âme russe n’existerait pas

Michael Hughes, professeur d’histoire à l’Université de Lancaster en Angleterre, explique comment l’idée d’une "âme russe" a pu influencer l’identité d’une nation.

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L'âme russe, un artifice littéraire ?

Tout au long de l’Histoire, l’idée d’une "âme russe" a fait partie intégrante de la littérature et de la philosophie russe.
La tension permanente entre l’Est et l’Ouest, l’Europe et l’Asie, est une dichotomie centrale et dominante dans le discours sur l’identité russe. Comment ce concept a t-il modelé le regard des Occidentaux sur la Russie et l’image qu’elle porte sur elle-même ? Le professeur Michael Hughes de l’Université de Lancaster répond aux questions du magazine britannique Kompass.

D’où vient cette idée d'une "âme russe" ?

L’idée selon laquelle la Russie manquait d’une identité nationale et qu’il était nécessaire d’en chercher une, remonte à Pierre le Grand. Il s’agissait en réalité pour la Russie de se créer une identité qui n’était pas occidentale.

L’idée de l’âme russe est un artifice et une création pour l’historien : une production du slavophilisme des années 1840 qui s’est développé autour de l’idée de religiosité, de vivre dans un monde saturé par Dieu. Ses connotations sont à la fois positives et négatives : il peut être torturé, souffrant et imparfait, mais également glorieux. Ici il s’agit d’une métaphore, tout au plus d’un exercice dans la création des mythes.

Le théologien russe Alexei Khomyakov, au XIXème siècle, a écrit de nombreuses histoires fantastiques sur le passé de la Russie, dans lesquelles l’orthodoxie était le véritable christianisme hérité de Constantinople, et Moscou la troisième Rome. Sous ce regard historique, les réformes pétriniennes ont arraché l’aristocratie à cette profonde identité spirituelle, qui a cependant survécu au sein de la paysannerie russe, restée dans un monde de spiritualité pure.

Etait-ce avant tout un concept nationaliste ?

Si on prend l’exemple des derniers écrits de l’écrivain Fiodor Dostoïevski, ils évoquent une sorte de nationalisme brut, et deviennent alors messianiques : "La Russie est la meilleure".

Mais en tant que concept, il faut y voir plus qu’un nationalisme triomphant. Si on revient aux années 1840-1850, les pères fondateurs des slavophiles étaient des hommes très cosmopolites, marqués par les idées occidentales. Ils n’étaient pas messianiques, ils considéraient plutôt l'âme russe comme une sorte d’identité russe qu’ils voulaient défendre et promouvoir en réponse au cosmopolitisme occidental.

Quel était le regard britannique sur la Russie ?

Le point de vue traditionnel britannique sur la Russie était double : d’une part, elle était considérée comme un méchant Etat impérial ayant des vues sur l’Inde, d’autre part c’était un régime autocratique brutal et sans culture. Dans les années 1870 se développent deux points de vue plus positifs : le premier se construit autour de l’idée d’une âme russe considérée comme riche et profonde.

Le deuxième se développe en considérant la Russie comme un partenaire diplomatique, une nation commerçante et un état libéral modernisé, particulièrement après 1905. Cette deuxième vision, beaucoup moins romantique, a été quelque peu oubliée.

L’ âme russe peut donc être trouvée un peu partout, à travers un simple artifice littéraire jusqu’à la vague impression d’un peuple légèrement oriental. Dans la monotone et bourgeoise Grande-Bretagne edwardienne, l’ âme russe est devenue exotique, colorée.

Que peut-on dire du discours britannique actuel sur la Russie ?

L’exotisme russe a toujours eu deux visages pour les Britanniques. D’un côté, il y a l’étrange, le barbare, l’exotique. D’autre part, il y a l’image d’une Russie en progression sur le plan culturel. Il est intéressant de voir comment les ambiguïtés ne sont pas comprises, et ces deux versions sont actuellement mises en jeu dans la géopolitique. La culture est présentée comme un espace de compréhension, mais évidemment il y a un second discours contradictoire qui gronde, ce qui est très différent.

Je pense que dans ce contexte où la Russie est perçue à travers l’angle de la guerre froide, l’âme russe disparaît pour redevenir un épouvantail dans les médias britanniques.

Source : The Kompass, Valeria Powell
Article en version originale (EN) : ICI

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Portrait de JeanMarius83
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Moi je trouve que c'est tout à fait vrai, la sensibilité des Russes n'est pas du tout la même que celle des Européens, chez nous les gens sont plus superficiels. Le Russe sait ce qu'est la souffrance chaque jour. En France nous avons des aides, il suffit d'avoir une assistante sociale qui connaît correctement son métier, moi-même j'y ai eu recours, car j'étais enfoui dans les problèmes financiers plus la santé à Zéro, ( je suis devenu invalide à 50 ans ), après avoir été humilié, harcelé, licencié, et viré de mon logement, j'étais gardien d'un bâtiment et d'un parc pour les enfants handicapés avec lesquels je travaillais chaque jour ; si je n'avais pas eu mes parents j'aurais été clochard et je serais mort maintenant à cause du froid et bien d'autres choses. Le Russe a plus le sens des réalités, il a les pieds sur terre. Bon il est évident comme partout, il y a des exceptions car l'homme n'est pas parfait. Chez vous les gens se raccrochent et se rapprochent beaucoup plus souvent de la religion. Chez nous c'est beaucoup moins, on a honte de dire et de montrer qui l'on est. Ce n'est pas de la pudeur c'est plus de la "connerie ", ça c'est inné chez les Français. De plus, sujet plus important et primordial, votre peuple est plus nationaliste et patriote, c'est un exemple. ( Chez nous ils sont patriotes de la société de consommation ). Par le passé certains l'on découvert à leur dépend ( sans commentaire, par respect ). En attendant, il faut bien réfléchir, plus avec le cœur qu'avec l'esprit, quand on parle du Peuple Russe. Vous n'êtes et ne serez jamais ( tant mieux ), comme les autres peuples. Il est vrai comme partout, il y a chez vous des gens peu fréquentables qui viennent chez nous. La France est devenue la poubelle du monde, on récupère toutes les saletés qui viennent de partout, quelles qu'elles soient ; pour tout un tas de raisons fallacieuses. Pour conclure, de la part d'un Français qui réfléchit continuellement, restez bien comme vous êtes, votre peuple ira toujours très loin.

Jean-Marius-Var.



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