La Moskova, nouvelle aire de jeux des surfeurs

Rémi Backes aime taquiner les vagues de la Moskova. Des vagues créées artificiellement par un bateau pour retrouver les sensations du surf. Un bon plan à découvrir pour les amateurs de glisse.

© Rémi Backes

Le maillot coloré, la planche aux pieds, la mèche bouclée qui lui tombe sur le front, Rémi Backes a bien le look du surfeur. De mai à septembre, quand le temps le permet, il retrouve ses acolytes, fans de glisse, pour quelques heures de surf sur la Moskova, à 30 minutes du centre de la capitale russe.

Un rendez-vous insolite tant les eaux de la Moskova sont calmes. «Mais il suffit d’un bateau pour créer la vague ! Celle-ci n’a pas besoin d’être gigantesque et le ressenti sera aussi fort sur une vague de 50 cm ou d’un mètre, que sur une plus grande. Pratiquer le surf derrière un bateau a l’avantage de faire durer la glisse éternellement. La vague ne se casse jamais», explique Rémi Backes.

C’est donc dans un détournement de la rivière, où l’eau est à 23°C, derrière le port de Krokys, «un endroit super chic, où les Russes organisent le salon du millionnaire», que Rémi Backes pratique son sport favori.

Et ne lui parlez pas de la pollution de l’eau: «Krokys est situé en amont de Moscou donc l’eau n’est pas très polluée», révèle t-il pour avoir souvent bu la tasse.

La vague est en vogue

La mode est lancée à Moscou. Une mode toutefois réservée à une élite. «C’est difficile de démocratiser ce sport puisqu’il faut un bateau à entretenir toute l’année», convient Rémi Backes. Par contre, sachant que de plus en plus de jeunes souhaitent essayer le surf, des propriétaires de bateau proposent leurs services pour «créer la vague», pour 2000 roubles de l’heure.

Des championnats ont également été organisés entre les participants amateurs: ils étaient six l’année dernière, ils sont une trentaine aujourd’hui. Aussi l’idée de créer une école ou une petite fédération, pour rassembler ses inconditionnels du surf, commence t-elle à émerger.

«Je suis ton ange russe»

Né à Bayonne, au pays Basque, Rémi Backes est un ancien champion de France et d’Europe de skate. Pendant douze ans, il vit sur la plage de Seignosse, dans une cabane face à l’océan, qui fait office d’école de surf.

En 2003, il voit débarquer ses premiers clients russes: «Un couple sympa qui s’inscrit pour une semaine d’apprentissage. Le dernier jour, je leur offre une douzaine d’huitres et du vin blanc à déguster face à l’océan. Une façon de bien terminer la semaine», se rappelle Rémi Backes.

Le lendemain, au réveil, il trouve une enveloppe glissée sous la porte de la cabane avec 500€ de pourboire à l’intérieur et une carte de visite écrite en cyrillique. Impossible à déchiffrer.
«Une semaine après, ce monsieur est revenu me voir sans sa femme, mais avec 28 clients russes. Ils sont restés jusqu’à fin octobre. Tous très gentils, «à payer rubis sur l’ongle». Certains m’interrogeaient sur mes compétitions et mon passé de skateur… jusqu’à ce que l’un d’entre eux me propose de venir en Russie «juste pour voir».»

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Ce qu’il fait. Il arrive un beau matin à Moscou et retrouve ses clients: skateurs, wind-surfeurs, amateurs et professionnels. En fait, des richissimes hommes d’affaires ou sportifs russes passionnés de glisse. Parce qu’il a eu le cran de venir en Russie sans savoir exactement «à qui il avait affaire», l’un d’eux lui assure, qu’«à compter d’aujourd’hui, je suis ton ange russe. Les portes que tu veux ouvrir, je m’en occupe.»

«La récompense pour une douzaine d’huîtres offerte sur la plage de Seignosse ?», s’interroge en plaisantant Rémi Backes. Aujourd’hui, marié à une Russe, il entraine déjà ses enfants à tenir sur la vague.

Renseignements pour surfer: remi [dot] backes [at] gmail [dot] com

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