La messagerie Telegram refuse de coopérer avec le FSB

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La justice russe a condamné lundi la messagerie Telegram à une amende pour avoir refusé de fournir aux services de sécurité (FSB) les clés de cryptage de données permettant de lire les messages de ses utilisateurs.

Telegram, une messagerie très populaire pour son niveau élevé de cryptage, a écopé d'une amende de 800.000 roubles (18.000 euros), la cour estimant que l'entreprise avait manqué à son devoir de "fournir des informations aux forces de l'ordre", ont rapporté les agences russes.

Les demandes du FSB sont "techniquement impossible à exécuter" et violent la constitution russe qui protège le droit au secret de la correspondance, a affirmé sur le réseau social VK le fondateur de Telegram, Pavel Dourov.

Ce jeune génie de l'internet russe, qui a déjà défié à plusieurs reprises les autorités et a quitté la Russie en 2014 en invoquant des tensions avec les autorités, a appelé tout avocat souhaitant faire appel de cette décision de justice à contacter Telegram.

En cas d'échec d'un éventuel appel, le service risque à terme le blocage en Russie s'il continue de refuser de fournir les clés de cryptage aux autorités.

Le fondateur de Telegram, qui revendique 10 millions d'utilisateurs en Russie, avait indiqué fin septembre avoir reçu une demande de coopération de la part du FSB, qu'il avait refusée.

Selon des documents publiés par M. Dourov sur le réseau social VK, dont il est également le fondateur, le FSB avait alors adressé aux bureaux londoniens de Telegram une lettre exigeant le partage "d'informations nécessaires pour décoder les messages électroniques envoyés, reçus, livrés et traités par les utilisateurs".

"Actuellement, il n'y a pas de discussion sur un éventuel blocage" de Telegram en Russie, a assuré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, refusant de commenter la condamnation à une amende.

La messagerie se trouve dans le collimateur de plusieurs pays car elle sert de moyen de communication à des groupes terroristes et refuse de communiquer les données de ses utilisateurs aux autorités.

Après l'attaque terroriste qui avait fait 16 morts dans le métro de Saint-Pétersbourg le 3 avril, le FSB avait ainsi affirmé que l'auteur de l'attentat et ses complices avaient utilisé Telegram "pour dissimuler leurs plans criminels".

La messagerie avait échappé à un blocage en juin après avoir accepté de fournir au régulateur russe des informations pour être intégrée au registre des diffuseurs d'information, ce qu'elle refusait auparavant.

Le Kremlin a renforcé ces dernières années son contrôle sur l'internet russe, très utilisé par l'opposition, et a justifié ce tour de vis notamment par la nécessité de la lutte antiterroriste.
Source AFP

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