La Franche-Comté et l’Altaï, un bel exemple de coopération

La coopération entre la France et la Russie est une histoire qui dure et qui se développe malgré les turbulences politiques entre les pays. Les relations entre les régions de Franche-Comté et de l’Altaï en sont un bon exemple.

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Photo: 56thParallel

L’histoire des échanges entre la Franche-Comté et l’Altaï date de 2007, année où la région de l’Altaï a souhaité relancer sa filière agro-alimentaire, et notamment son industrie de transformation laitière. La Russie s’est adressée à l’Ambassade de France à Moscou afin de trouver une région française désirant créer et développer une coopération internationale. La Franche-Comté, région en pointe dans ce domaine d’activité, a répondu à l’appel. Six mois plus tard, une première délégation russe conduite par M. Mikhaïl Chétinine, Vice-gouverneur de la Région de l’Altaï, signait en Franche-Comté un mémorandum d’intentions dans le but d’implanter en Altaï une industrie laitière et fromagère.

Dans cette région sibérienne, la qualité et la fréquence des relations franco-russes ont permis d’élargir la coopération à d’autres secteurs d’activités que l’industrie laitière et fromagère. Dés 2007, une convention de coopération économique, commerciale, technique, scientifique et culturelle a été signée entre l’administration de la région de l’Altaï et la région franc-comtoise pour les secteurs du développement de la filière laitière, mais aussi pour l’élargissement des relations économiques, techniques et commerciales, le tourisme et la culture, l’éducation, la formation et la recherche. D’autre part, ces partenariats visent à promouvoir le savoir-faire et les atouts technologiques, économiques et culturels de la Franche-Comté à l’étranger, ainsi que la francophonie.

L’effet embargo

Depuis le mois d’août, la décision prise par le kremlin d’imposer un embargo alimentaire à l’encontre notamment des pays européens a modifié les échanges. « Cela va freiner quelques projets mais pour le reste, la coopération continue », indique Justine Clavier, Stagiaire franc-comtoise en commerce international auprès de l’Administration de l’Altaï, cet été.

A titre d’exemple, l’entreprise Pâturages Comtois, une coopérative agricole fabricant un grand nombre de fromages, réalise 80% de son chiffre d’affaires à l’export. L’entreprise souhaite pénétrer le marché russe où ses produits ne sont pas encore présents. Dans le contexte politique actuel, les échanges entre Pâturages Comtois et son partenaire à Barnaoul, capitale de la région de l’Altaï, ont été ralentis.

Cependant, si ce projet reste en suspend au niveau des importations, il continue à travers la formation et la recherche. Ainsi, en Altaï, une Ecole internationale de fromagerie, analogue aux écoles nationales d’industrie laitière ENIL et ENILBIO (écoles en agroalimentaire) de Franche-Comté, a été créée dans le cadre de la coopération. Ce centre assure la formation de spécialistes en industrie laitière en s’appuyant sur le savoir-faire des écoles françaises, et favorise les échanges entre professionnels, enseignants et étudiants de l’Université technique de l’Altaï, de l’Institut de recherche de l’industrie fromagère de Sibérie et les ENIL de Franche-Comté. Par ailleurs, le centre franco-russe de recherche et de transfert de technologie de Besançon a engagé un partenariat avec l’université d’Etat de Barnaoul dans le cadre du programme Rosnano dans le domaine des microtechniques et des nanotechnologies

Du lait, du miel et du vin

De nouvelles perspectives économiques ont également été engagées dans le domaine de la viticulture et de l’apiculture.
Des projets sont en cours entre Naturalim, entreprise qui regroupe les apiculteurs de la Coopérative France-Miel, et les apiculteurs de la région de l’Altaï. Les visites des ruchers et les dégustations de miel dans les montagnes sibériennes ont permis de travailler sur l’exportation de miels bio en France pour satisfaire les besoins des Français. L’import de miel de l’Altaï serait une première en Europe.

Par ailleurs, un vignoble de 6 hectares a été créé en Altaï sur le terrain de la SA Corporation «Altaïspirtprom» en partenariat avec la société Guillaume de Franche-Comté, 2ème exportateur de pieds de vigne au niveau mondial, à partir de cépages franc-comtois. dans le but de produire un «vin de terroir de l’Altaï ».
Un projet de formation de professeurs et de spécialistes est également en cours avec la Société de viticulture du Jura. Alain Baud, viticulteur jurassien, participe au programme d’échanges et de formation pour les étudiants de l’Université d’Etat de Barnaoul.

Une région tournée vers le tourisme

Dans le secteur du tourisme, la collaboration entre les agences de voyages PLOT de Barnaoul et Mana Voyages de Dole dans le Jura a permis la création de circuits touristiques dans les deux régions, pour des échanges de touristes français et russes assurant ainsi la promotion des deux régions. Dans le domaine de la formation, la perspective d’une coopération entre un Lycée professionnel de Franche-Comté en hôtellerie et restauration et l’Académie d’hôtellerie de Barnaoul, récemment créée, est souhaitée. Dans ce cadre, des échanges d’étudiants pourraient être organisés, ce qui permettrait à la fois de renforcer le centre de linguistique français de Barnaoul et de former les jeunes au tourisme.

Depuis 2007, les échanges soutenus par les deux Régions de Franche-Comté et de l’Altaï ont permis la concrétisation de projets économiques, de relations universitaires, de commercialisation des produits régionaux avec l’ouverture du restaurant le Café de Lafé à Barnaoul, ainsi que la réalisation de projets culturels et linguistiques par le renforcement de l’apprentissage du français.

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