L’URSS dans l’Olympisme - 2nde partie

De l’après-guerre jusqu’à la chute de l’Union soviétique (1946 – 1991)

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Affiche des Spartakiades pendant l'Union soviétique en 1955

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Eric
Monnin

Eric Monnin est champion de France scolaire de judo et ancien membre de l'équipe de France.

Il a reçu la médaille Pierre de Coubertin des mains du Président du CIO, Jacques ROGGE, le 6 août 2013 à Lausanne.


Maître de conférences à l'Université de Franche-Comté, docteur en sociologie et agrégé d'éducation physique et sportive, Eric Monnin est également l’auteur du livre De Chamonix à Sotchi publié en 2013 aux éditions Désiris.

La guerre froide

Très rapidement les membres du CIO "considèrent avec beaucoup d’inquiétude la division du monde en deux blocs".
En septembre 1946, sous la présidence du Suédois Sigfrid Edström, le CIO réunit successivement sa Commission exécutive (CE) et sa Session avec l’ensemble de ses membres à Lausanne. Plusieurs points sont traités et notamment celui intitulé « Sport ouvriers et Russie » .

Les discussions concernent la nomination d’un membre du CIO pour l’URSS. Collégialement le Mouvement olympique décide d’attendre que les fédérations nationales de ce pays s’affilient aux Fédérations internationales.

Concernant les futurs JO de Londres de 1948, Lord Burghley du comité d’organisation demande aux membres du CIO quelles nations doivent-être invitées. « La Russie et l'Autriche doivent-elles recevoir une invitation ? » . La réponse est sans appel : « […] seuls seront invités les pays possédant un Comité olympique à l'exclusion des autres ».(1)

L’URSS décide alors d’organiser pour concurrencer les JO de nouvelles rencontres de masse à travers ces Jeux ouvriers. Constantin Andrianov, membre russe du CIO élu en 1951, revient sur cette période en expliquant les raisons de l’URSS : « À l’époque de la guerre froide, I’OTAN s’efforça de s’approprier le Mouvement Olympique en ayant recours à la discrimination en sport. Les athlètes des pays socialistes n’étaient pas autorisés, pour des raisons politiques, à prendre part aux compétitions organisées dans les pays membres de I’OTAN » .(2)

Le Président Edström fait remarquer que les Fédérations internationales ne sont pas restées inactives vis-à-vis des sportifs de l’URSS puisque ceux-ci ont reçu à maintes reprises des invitations d’affiliation. Diverses contacts ont déjà été établis. Pour preuve, cette même année les Russes adhèrent à la Fédération internationale d’haltérophile et participent aux championnats d’Europe d’athlétisme à Oslo, bien que leur pays ne fût pas encore membre de l’IAAF.

L’année suivante, l’URSS envoya également des sportifs aux Championnats d’Europe de lutte et en 1948 devient membre de la Fédération internationale d’athlétisme.

La reconnaissance de l'URSS au JO

Avril 1951, Sobolev, secrétaire du nouveau Comité olympique d'URSS, adresse un télégramme au Président du CIO Sigfrid Edström pour demander la reconnaissance du Comité olympique d'URSS à la Session de Vienne qui aura lieu en mai 1951. Le lendemain, Sobolev est officiellement invité à la cérémonie d'ouverture de la Session de Vienne.

Parmi les points à traiter, deux concernent l’URSS. Le premier est la reconnaissance de ce Comité olympique et le second celui de l’admission d’un de ses membres au CIO. À l’issue des débats, le président du CIO propose de passer au vote à main levée. Trente-et-une voix sont en faveur de la reconnaissance du Comité olympique d'URSS contre trois voix.
Quant à Andrianov, il est élu membre du CIO à bulletin secret par 24 voix sur les 34 personnes présentes. Il devient le 225ème membre de cette institution sur la liste protocolaire et le septième russe à siéger. Lors de cette séance, Andrianov remerciera les membres du CIO et donnera « l’assurance que le Comité olympique d'URSS coopéra sincèrement avec le CIO pour le bien du Mouvement olympique dans son pays et pour la paix du monde ».(3)

Cette reconnaissance du Mouvement olympique permet à l’URSS de participer aux JO de 1952 à Helsinki.

Leur première participation est couronnée de succès grâce notamment aux gymnastes Viktor Ivanovich Chukarin et Mariya Gorokhovskaya qui remportent treize médailles dont six titres olympiques à eux deux. Avec le tchèque Émil Zatopek, se sont les athlètes les plus médaillés des JO de 1952.

Au bilan des médailles, l’URSS manque de peu la première place avec 71 médailles obtenues contre 76 médailles pour les Américains. Par la suite, à l’exception des Jeux de Tokyo en 1964 et de Mexico en 1968 remportés par les États-Unis, l’URSS se classera toujours en première position jusqu’à sa disparition en 1991.

(1) Archives du CIO/ Session de Lausanne – Procès-verbal du 3 - 4 - 5 et 6 septembre 1946, p. 15.
(2) Comité international olympique, « 25 ans au service du Mouvement olympique », in Revue Olympique
(3) Archives du CIO/ Session de Vienne – Procès-verbal du 7 - 8 et 9 mai 1951, p. 12.

Ont déjà été publiés:

Le mouvement olympique et la Russie tsariste (1892-1917)

L’URSS dans l’olympisme - 1ère partie (1920-1937)

A suivre : L’URSS et la Russie aux Jeux d’Hiver

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