L’éclectisme à l’honneur au festival Usadba Jazz

Retour sur le 14ème festival Usadba Jazz qui s'est tenu en juillet à Moscou, dans le parc du domaine d'Arkhangelskoïe. Parmi les artistes invités, le groupe Pompeya, qui se prépare à sortir un nouvel album en coopération avec un musicien français.

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Le groupe Pompeya. Photo : Dimitri Aseev

Le jazz a la réputation d’être une musique complexe faite de motifs rythmiques, d’improvisations, de voix, de cuivres et de piano. Une musique élitiste dont les amateurs forment un club fermé se réunissant dans des petites salles pour apprécier les représentations de musiciens virtuoses. Mais un séjour au festival Usadba Jazz suffira pour se débarrasser de ce genre de stéréotypes.

Le parc d’Arkhangelskoïe, l’ancien domaine des princes Youssoupov, a accueilli pour à l’occasion du festival Usadba Jazz 2017 un public particulièrement hétéroclite.

Le festival a attiré aussi bien des amateurs de jazz que des jeunes parents et leurs enfants, des jeunes branchés, des étudiants ou des retraités.
Les organisateurs avaient prévu toute une série de divertissements pour ce public bigarré : cour de yoga et de méditation, marché de créateurs, restaurants... et bien entendu, la solution la plus évidentes : installer un plaid et pique-niquer au pied de la scène ; sans oublier les activités pour enfants, auxquels toute une scène était consacrée, animée par les groupes Sofoli et Sambateria.

Quant aux artistes invités, ils reflètent également la ligne directrice éclectique du festival : les trois scènes accueillent des groupes dont les styles varient du jazz classique à "rien à voir avec le jazz".

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Ezra Collective
Dimitri Aseev

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Obe Dve
Dimitri Aseev

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Ester Rada
Dimitri Aseev

Sur la scène "Aristocrate", le trompettiste norvégien de New-Jazz Nils Petter Molvær se produisait aux côtés du chanteur et guitariste new-yorkais Raul Midon et de l’orchestre de jazz de Piotr Vostokov. La scène "Indikator" regroupait les jeunes artistes russes Obe Dvie, Manizha et Tsetochniy 15 et les britanniques d’Ezra Collective. La scène principale, "Parter" accueillait le groupe Pompeya, particulièrement populaire chez les jeunes européens.

Mais la tête d’affiche du festival était la chanteuse israélienne d’origine éthiopienne Ester Rada ; et le festival a été clôturé par le groupe Nino Katamadze & Insight, qui participaient pour la 11ème fois au festival.

Ce mélange de styles musicaux, vestimentaires, sonores, de goûts et d’odeur donne l’impression d’une liberté incroyable : les organisateurs parviennent à créer un festival accueillant à la fois pour les familles venues pique-niquer avec leurs enfants et pour les jeunes branchés venus s’y sentir libres et sans contraintes.

Russie Info a rencontré Daniil Brod, Denis Agafonov et Dmitri Vinnikov, du groupe Pompeya.

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Le groupe Pompeya
Dimitri Aseev

Russie Info : Difficile de vous considérer comme un groupe de jazz. Comment vous êtes-vous sentis à ce festival ?

Daniil Brod : En fait, c’est une tendance mondiale, les festivals de jazz invitent de plus en plus des groupes différents. C’est vrais, nous ne sommes pas du tout un groupe de jazz…

Denis Agafonov : Des jazzmen autoproclamés… (rires)

Daniil Brod : On est plutôt du soft-pop, ou un genre de soft-rock. Peut-être même du new-wave soul punk soft-pop disco !

Denis Agafonov : Notre batteur vient du jazz, ça compte ? (rires)

Russie Info : Aujourd’hui, vous vivez et travaillez dans deux pays différents. Quelle différence y-t-il entre les publics russe et américain ?

Denis Agafonov : De l’autre côté de l’océan, nous sommes moins populaires qu’en Russie, mais c’est bien normal. Mais quand nous jouons dans des clubs, nous avons beaucoup de public, et dans les festivals aussi. En décembre dernier, nous avons joué dans un très bon festival en Floride.

Dmitri Vinnikov : Leur public est plus détendu.

Denis Agafonov : Oui, c’est très vrai. Pour un musicien, il n’y a rien de pire que de jouer devant un public assoupi. Ici, le public était très calme ; mais c’était super de les voir se réveiller avec chaque chanson, de commencer à s’agiter, à s’approcher de la scène, et de se mettre enfin à échanger de l’énergie avec nous.

Russie Info : Vous préparez en ce moment un nouvel album. Des informations exclusives à partager ?

Daniil Brod: Nous allons sortir un album de collaborations avec le producteur français Fred Falke. C’est une véritable célébrité dans le milieu de la musique électronique, un représentant de la vieille école des Daft Punk ou Justice. Nous lui avons donné deux pistes à remixer, pour voir ce qu’il allait en faire, ou il les emmènerait…

Denis Agafonov : Pour remixer, il a remixé !

Russie Info : Êtes-vous satisfaits du résultat ?

Daniil Brod : Oui, plutôt satisfaits, même si nous n’aurions pas fait comme ça.

Denis Agafonov : Disons que nous nous attendions à autre chose, mais que ça nous a plu.

Daniil Brod : Je m’attendais à une relecture originale, et c’est ce que j’ai eu.

Le groupe Pompeya est un groupe moscovite créant de la pop music à partir de la disco des années 1970, du New Wave des années 80 et de l’indie rock des années 90. Leur premier album, Tropical, et le suivant, Foursome, ont rencontré un grand succès en Russie avant de sortir aux Etats-Unis en novembre 2013 en partenariat avec des artistes comme Fred Falke, Jimmy Edgar, Psychemagik et Felix da Housecat.

Toutes les photos de cet article sont de Dimitri Aseev

Sur le festival :
Site officiel : usadba-jazz.ru
Réseaux sociaux :
facebook.com/UsadbaJazz
vk.com/usadba.jazz
instagram.com/usadbajazz
ok.ru/usadbajazz

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