Kommissia: le festival de la BD à Moscou

Du 28 avril au 15 mai 2011, le centre d'art contemporain Winzavod, à Moscou, accueille le festival international de la bande-dessinée Kommissia. Cette année, l’événement fête ses 10 ans.

Affiche du Festival Kommissia

«Hourra! s'ouvre le 10ème Kommissia» titre le site du festival. Le ton est donné pour tous les passionnés de bande-dessinée, qui pourront à cette occasion rencontrer des auteurs internationaux, afin de partager leurs savoir-faire. Kommissia, c'est aussi une fête où la BD rime avec bonne humeur, musique et humour.

Créé en 2001 par l'artiste Natacha Monastyreva, Kommissia est repris six ans plus tard par le plus célèbre des bédéistes russes en Russie, Pavel Soukhikh, alias Khikhous, également auteur de BD humoristiques.

Un programme international

Depuis ses débuts Kommissia, a toujours invité des dessinateurs étrangers, comme Moebius, Tommi Redolfi, ou Chantal Montellier.

Pour le dixième anniversaire, les organisateurs confirment ce statut international. Au programme, pour commencer cinq directeurs de festivals européens sont invités pour une table ronde, le 30 avril à 18h. Puis tous les jours, se succéderont jusqu'au 15 mai, des expositions et des master-class d'auteurs venant de France, d'Espagne, de Finlande, d'Allemagne, d'Argentine et d'Italie.
Parmi eux, les auteurs des célèbres «Cités obscures», Benoît Peeters et François Schuiten (le 30 avril et le 1ermai), ainsi que les auteurs de la série policière «Blacksad», Juan Diaz Canalez et Juanjo Guarnido (le 7 mai).

Chaque année, une journée est destinée aux enfants. Delphine Perret, auteur de livre pour la jeunesse, viendra présenter son album «Moi, le loup et les chocos», traduit en russe aux éditions Kommackid.

Kommissia est aussi la devanture de la BD russe: le festival permet à plus de 300 auteurs de soumettre leurs œuvres à l'avis des visiteurs, professionnels et amateurs.
La plupart des auteurs russes âgés de 35 à 50 ans ont été formés dans des écoles d'art et ont débuté en faisant des dessins-animés. Les plus jeunes sont généralement autodidactes et dessinent du manga, un style qui domine la création actuelle en Russie.

Un art méconnu en Russie

Les auteurs russes connus en Europe, comme Nikolaï Maslov, Iouri Jigounov ou Alexandre Eremine sont des anonymes dans leur pays. En effet, dans aucune librairie, hormis Pangloss, une librairie française à Moscou, il est possible de trouver des albums de bande-dessinée.

«La BD russe n'a pas la même notoriété qu’en France, mais elle grandit», explique Khikhous, organisateur du festival et dessinateur qui reste optimiste pour cet art méconnu, voire méprisé dans son pays.

Si «en Europe, un festival de BD sert à promouvoir les auteurs, il ne sert en Russie qu'à rappeler que la BD n'est pas encore morte» précise Mikhaïl Khatchatourov, traducteur de BD francophones.

Il faut remonter à l'époque soviétique pour comprendre l'origine de ce désintérêt. Selon Askold Akichine, considéré par beaucoup comme le père de la BD en Russie, «le gouvernement de l'époque affirmait que la bande-dessinée n'était pas un art mais un divertissement pour les enfants, un témoignage de la dégénérescence intellectuelle des Occidentaux

Aujourd’hui encore, pour la majorité des bédéistes russes, la seule façon de voir leur travail imprimé est de publier à compte d'auteur. Réussir à l'étranger s'apparente encore à un rêve, que peu ont eu l'audace et la possibilité de réaliser.

Kommissia
Du 28 avril au 15 mai 2011 à 19h
Centre d'art contemporain Winzavod
4ème Siromïatnicheski, per. 1
M° Chkalovskaïa

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