Isabelle Yacoubou, une championne française au Spartak

La basketteuse française, Isabelle Yacoubou, vient d’arriver à Moscou pour jouer les deux prochaines saisons au Spartak. Un nouveau défi pour la vice-championne olympique qui enfile dès demain son maillot aux couleurs du club russe pour son premier match disputé à Ivanovo.

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Isabelle Yacoubou © Colombe Prins

Elle connaissait déjà Moscou et la Place Rouge pour être venue jouer à plusieurs reprises dans la capitale russe. Elle connaissait aussi le Spartak qu’elle a battu l’an dernier lors de l’un des matchs de l’Euroligue (compétition de basket-ball féminin réunissant les meilleurs clubs d’Europe) avec ses anciennes co-équipières de Valence. Elle connaissait enfin quelques joueuses de son nouveau club qu’elle a affrontées cet été aux Jeux Olympiques de Londres.

Isabelle Yacoubou craignait donc quelques rancoeurs de la part de ces basketteuses russes en rejoignant fin septembre le Spartak, mais il n’en fut rien. Sans doute parce que la Française est l’une des meilleures joueuses mondiales, au poste de pivot.
« Depuis cinq ans, je suis habituée à gagner », explique la sportive de 26 ans, au palmarès prestigieux.

Championne d’Europe en 2009, de France en 2010, d’Italie en 2011, d’Espagne en 2012 et médaillée d’argent aux JO de 2012. La nouvelle recrue française du Spartak a donc pour mission de redonner au club de Vinoye (petite ville de l’oblast de Moscou, située à 6km du centre de la capitale, où s’entraîne l’équipe féminine) son panache d’autrefois.

De Cotounou à Moscou

Née au Bénin, près de Cotonou la capitale, la jeune basketteuse a lancé ses premiers paniers à l’âge de 11 ans. Après quelques années d’entrainement, elle envoie une vidéo de son jeu au club de Tarbes lui faisant part de sa volonté de devenir professionnelle.
« C’était un miracle qu’ils acceptent de me former ! Je l’ai fait au culot mais il faut oser dans la vie », raconte la jeune femme qui arrive donc en France à 17 ans. Trois ans après, Isabelle Yacoubou est naturalisée française et même si elle a conservé sa nationalité béninoise, elle dit se sentir française. « Mon grand-père a fait la guerre pour la France », ajoute-t-elle.

En 2010, la joueuse quitte Tarbes et la France pour rejoindre le club de Schio en Italie, puis celui de Valence en Espagne en 2011. Elle enchaîne les clubs et les succès. Des victoires qu’elle aime savourer avec ses co-équipières, parfois même en chantant Céline Dion comme le soir de la demi-finale contre la Russie aux JO de Londres. « Contrairement à un sport individuel, lorsque l’on gagne au basket, on le partage », explique t-elle. Le partage, l’entraide et la combativité, des valeurs qu’elle apprécie dans ce sport.

Les premiers pas

1 mètre 90, 100kg, la jeune athlète au visage rieur a une carrure impressionnante, et toujours féminine avec ses longs cheveux tressés. Pleine de vie, Isabelle Yacoubou positive et revendique sa jovialité africaine. On se rappelle ses larmes d’émotion, le 7 août dernier, après une qualification en demi-finale du tournoi olympique, lorsque son compagnon italien l’a demandée en mariage depuis la tribune à l’aide d’une affiche.

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Le fiancé a décidé de suivre sa future épouse en Russie. Un soutien essentiel pour cette nouvelle vie qui commence et que la sportive appréhende quelque peu. «Le climat me fait peur, moi je suis plus habituée à +30°C qu’à -30°C», explique la jeune femme qui s’est empressée d’acheter une chapka.

Isabelle Yacoubou dit aussi devoir « s’habituer » aux actes racistes auxquels elle a déjà été confrontée, à peine arrivée.
« En Europe, on me regarde dans la rue parce que je suis grande, ici les gens me dévisagent parce que je suis noire. Je le sais parce que je suis déjà sortie avec une joueuse plus grande que moi, que l’on ne regardait pas. Les enfants comme les grands me montrent du doigt et ça me met mal à l’aise », confie la basketteuse, qui pour éviter d’être observée dans les transports en commun, préfère encore la voiture et les célèbres embouteillages moscovites.

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