Il y a 30 ans, survenait l’accident de Tchernobyl

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C'est la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle. Elle est classée au niveau 7 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), créée juste après l'accident. Depuis, seul l’accident de Fukushima, en 2011 au Japon, a dégagé un taux équivalent de radioactivité. Mais, ce 26 avril 1986, dans la centrale Lénine de Tchernobyl, c'est une série d'erreurs humaines -et non un séisme et un tsunami - qui fut à l'origine de l'explosion. De quoi chambouler à jamais les normes de sûreté nucléaire du monde entier.

"Ça a été un avertissement pour l'humanité", analyse aujourd'hui l'écrivaine franco-russe Galia Ackerman, tout juste rentrée de la «zone interdite», où vivent encore des centaines de personnes. Des protocoles d'urgence ont depuis été établis au niveau international, ainsi qu'un système d'échange d'informations beaucoup plus transparent. A l'époque, Moscou avait mis 3 jours pour communiquer. Une catastrophe pour l'Europe qui n'a pas pu se préparer à l'arrivée du panache radioactif.

Impossible aujourd'hui d'imaginer envoyer des pompiers sans protection éteindre un incendie dans une centrale nucléaire. C'est pourtant ce qui s'est passé en 1986, où des milliers de secouristes et techniciens ont été irradiés. Pendant plusieurs années, 600 000 «liquidateurs» ont tenté de nettoyer les déchets radioactifs sans tenue adaptée.. Trente ans après, en Ukraine et dans toute l'ex-URSS, des conséquences sanitaires continuent d'être observées : cancers de la thyroïde, leucémies, infertilité, malformations, et bien d’autres.

En France, ni l'Etat ni la justice ne reconnaissent un lien de causalité entre le passage du nuage et l'augmentation de certaines pathologies. Dans les régions de l'Est et du Sud-Est, particulièrement touchées, des victimes se battent toujours pour obtenir réparation et, surtout, des réponses à leurs questions. Si l'impact environnemental est admis, aucun malade n'a pu prouver l'origine radioactive de sa pathologie. Et la gestion de la crise par le gouvernement de l'époque n’a, pour l’heure, jamais été étudiée par la justice.

Source : Le Parisien

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